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Mutilations Génitales Féminines
CNLPE

INED bulletin n°438
Mieux vaut parler de Mutilations Génitales Féminines (MGF) ; l’excision n’est qu’un type de ces multiples opérations.

Colloque MSF 2006
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Logo OMS
Type I - excision du prépuce, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris (ou clitoridectomie).
Type II - excision du clitoris, avec excision partielle ou totale des petites lèvres (excision).
Type III - excision partielle ou totale des organes génitaux externes et suture/rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation).
Type IV - piqûre, perforation ou incision du clitoris et/ou des petites et des grandes lèvres ; étirement du clitoris et/ou des lèvres, cautérisation par brûlure du clitoris et du tissu avoisinant.

Croyances et Laïcité
Pour une description plus complète des 3 types principaux de MGF, vous pouvez vous reporter à l’article intitulé « L’enfant face aux rites d’initiation » dans Croyances et Laïcité, guide pratique des cultures et des religions, leur impact sur la société française, ses institutions sociales et hospitalières
Dans les sociétés où les mutilations sexuelles féminines sont une norme acceptée, elles sont pratiquées par des personnes de toutes croyances religieuses de même que par des animistes et des non-croyants. L’intervention proprement dite est généralement effectuée par un tradipraticien [2] à l’aide d’instruments rudimentaires et sans anesthésie. Chez les gens plus riches, elle peut être pratiquée dans un établissement de santé par du personnel qualifié. L’OMS est opposée à la médicalisation de toutes les formes de mutilation sexuelle féminine. L’âge auquel sont pratiquées les mutilations sexuelles varie selon la région. Elles sont pratiquées sur des nouveau-nés, des fillettes et des adolescentes et, parfois, sur des femmes adultes.
Les douleurs infligées aux femmes sont très vives notamment lors de l’infibulation. Mannequin des années 80 et « ambassadrice de bonne volonté » de l’ONU contre les mutilations génitales féminines, Waris Dirie décrit cette souffrance dans Fleur du désert :

Fleur du désert

Atlas des femmes dans le monde
Brigitte Polonovski relate, dans Santé et droits de l’homme, les multiples raisons invoquées par les familles pour justifier ces interventions :

Santé et Droits de l’Homme
des raisons psycho-sexuelles : atténuer le désir sexuel chez la femme, préserver la virginité avant et la fidélité durant le mariage, accroître le plaisir sexuel de l’homme.
des raisons sociologiques : identification avec l’héritage culturel, initiation des fillettes à la condition de femme, intégration sociale.
des motifs d’hygiène ou d’esthétique : les organes génitaux externes de la femme passent pour être sales et inesthétiques et il faut les enlever pour favoriser l’hygiène et rendre la femme attrayante.
des mythes : accroître la fécondation et promouvoir la survie de l’enfant.
des raisons religieuses : certaines communautés musulmanes pratiquent les mutilations sexuelles féminines parce qu’elles croient en toute bonne foi que cette pratique fait partie de l’Islam. Or, elle est antérieure à l’avènement de la religion musulmane.
Tout ceci ne justifie que fort mal ces mutilations puisqu’elles nuisent bien souvent au bon déroulement de la sexualité d’une femme dans son couple et à sa fertilité. De plus, une étude de l’OMS a démontré de nombreux risques encourus lors de l’accouchement.
Si elles ne sont pas mortelles, les MGF ont de graves conséquences sur la santé physique et psychologique des femmes. Le bulletin de l’INED présente leur classification :
Les conséquences médicales à court terme : la douleur violente, l’état de choc ; les hémorragies les évanouissements ou même la mort ; la rétention urinaire, les infections dues aux ustensiles comme le tétanos, la septicémie et le virus du sida (VIH). [4]

Comité Interafricain
Les conséquences médicales à long terme : les complications chroniques dues aux coupures et cicatrices dans la zone clitoridienne, les hémorragies lors de l’accouchement très difficiles à arrêter, la coagulation complète des lèvres en cas d’infibulation provoque une grande difficulté d’écoulement du sang menstruel et donc des infections pelviennes. Les fistules vésico-vaginales ou recto-vaginales entraînant des problèmes d’incontinence, les femmes touchées sont alors souvent stigmatisées par leur communauté.
Les conséquences psychologiques, mentales et sociales : l’altération de la sensibilité sexuelle ou les complications psychiatriques. Les mutilations sexuelles peuvent marquer à vie la mémoire de celles qui les ont subies. Les troubles du comportement sont plus ou moins importants. Des études sont encore à mener pour évaluer la fréquence et l’ampleur de ces dommages.
La violence est une cause importante des traumatismes aigüs et des troubles chroniques des femmes. Aussi, en 1997, l’OMS lance un plan d’action joint à une étude scientifique « multipays » pour faire des mutilations sexuelles une priorité de santé publique et prévenir les violences à l’égard des femmes.

Hommes femmes
Outre le problème de santé publique, ce n’est que lorsque des propositions de médicaliser la pratique des MGF ont été faites (opération sous anesthésie avec de bonnes conditions d’asepsie) que la question du droit à l’intégrité physique et à la dignité des femmes s’est posée. La France a été un précurseur en matière de pénalisation de l’excision [5]. Mais en Afrique peu de pays ont adopté des mesures officielles.

Violences
Le droit français définit ainsi l’agression sexuelle : « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace, surprise » (article 222-22 du code pénal). Et, depuis le 1er mars 1994, l’Article 312 du code Pénal qualifie l’excision « de violence sur mineur ayant entraîné mutilation ».
Si la pratique de l’excision est interdite sur l’ensemble du territoire français elle a tout de même lieu. C’est le cas lors de retours saisonniers au pays ou après l’âge de 6 ans, moment où les contrôles des pédiatres ou des médecins scolaires ne vérifient plus le développement des organes génitaux. Vous pouvez lire à ce sujet les MGF dans Les violences faites aux femmes en France.
L’interdiction des mutilations génitales féminines n’est pas encore valable dans tous les pays européens. Néanmoins on peut se référer à la Convention internationale des Droits de l’Enfant du 20 Novembre 1989, article 24 : « Les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et prennent toutes les mesures efficaces appropriées en vue d’abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants ».

Femme au Burkina
Tout ne réside pas dans la répression de ces actes mais bel et bien dans la prévention de tous les types d’excision. C’est avec cet objectif que luttent de nombreuses associations et Organisations Non Gouvernementales. Nous avons déjà cité l’UNICEF, l’ONU, l’OMS. Au Burkina il existe un Comité National de Lutte contre la Pratique de l’Excision. En effet les traumatismes vécus lors d’une MGF ont une forte portée psychologique même si, aujourd’hui, une réparation physique est possible pour les femmes sexuellement mutilées grâce à une technique chirurgicale inventée par un urologue français.

Victoire sur l’excision
Une prise en charge adaptée de ces femmes mutilées par des soignants bien formés est donc nécessaire. Depuis décembre 2006, deux circulaires de la Direction générale de la santé demandent aux instituts de formation en soins infirmiers, aux écoles de sages-femmes et aux facultés de médecine d’intégrer les thématiques de la prévention, du dépistage et de la prise en charge des mutilations sexuelles féminines dans leurs programmes de formation [8].

GSF
Ces avancées en matière de soin constituent un réél espoir pour des millions de femmes de recouvrer leur intégrité corporelle et un épanouissement possible de leur vie sexuelle.