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Foot et basket , têtes de pont du sport-business en Rhône-Alpes

3/04/2009
Que vous soyez un adepte invétéré du « no foot » ou simplement indifférent aux soubresauts sportifs des équipes professionnelles de la région, cela n’a pas d’importance : vous n’avez pas pu échapper aux « unes » footballistiques du Progrès, aux dossiers spéciaux des magazines locaux, aux chroniques télévisuelles et radiophoniques quotidiennes, sans compter le « buzz » sur Internet, consacrés aux investissements économiques dans les clubs professionnels de Rhône-Alpes. Car en ces temps de crise économique, le sport entend se présenter comme une valeur refuge : avec ses lieux où la communauté est soudée -les stades-, avec ses héros dramatiques -les joueurs-, avec ses capitaines d’industrie qui viennent investir des fortunes colossales et entendent redonner de l’emploi à ceux qui en manquent cruellement. Ouvrons le dossier et allons voir ce qui se trame dans les arrières-cours de la société du spectacle...


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Sommaire

1.Les données économiques et financières des clubs professionnels régionaux

1.1 Le football, roi des sports

1.2 Le basket : nouvel eldorado ?

2.Des clubs sportifs aux entreprises de spectacles sportifs

2.1 Tony Parker débarque à l’ASVEL

2.2 Le cas de l’OL

1.Quelques données économiques et financières des principaux clubs professionnels régionaux

1.1 Le football, roi des sports La région Rhône-Alpes compte trois clubs professionnels de football, qui évoluent en championnat de France de Ligue 1, le niveau le plus élevé de la hiérarchie footballistique hexagonale : l’AS Saint-Etienne, Grenoble Foot 38 et l’Olympique Lyonnais.

Les bases économiques et financières des clubs de football s’articulent autour de 5 pôles, plus ou moins importants selon les entités considérées : billetterie (achats à l’unité, abonnements, achats de places et locations de loges par les collectivités publiques et les entreprises privées), droits de retransmission télévisuels, partenaires et publicité, produits dérivés, subventions diverses des collectivités locales.

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1.1.1 Le cas lyonnais

L’Olympique lyonnais fait partie d’OL Group, qui entend s’imposer comme « [...] un acteur leader des medias et du divertissement en France ». OL Group rassemble différentes activités et génère des recettes à partir de la billetterie, des droits de télévision, des partenariats et de la publicité, des produits de la marque (produits dérivés et OL images,...), du « trading de joueurs », c’est-à-dire de la vente et de l’achat des footballeurs.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des chiffres dans le rapport financier annuel 2007-2008, sur le site d’OL Group : http://www.actusnews.com/documents_...

L’Olympique lyonnais a été le premier club français à être coté en bourse, le 8 février 2007. Le titre a été lancé à 24 €, mais au 26 mars 2009, l’action de l’OL ne vaut plus que 6,3 €, une dégringolade qui a débuté bien avant la crise économique.

Les résultats nets du groupe sont dans le rouge pour les 6 premiers mois de la saison 2008/2009, comme l’analysent Les Petites affiches lyonnaises du 6 mars 2009. L’article fait état des différentes baisses de recettes des produits dérivés (-16,7%) et, au total, d’un résultat net qui affiche une perte de 2,4 millions d’Euros. L’article revient également sur le désengagement du groupe Accor pour le sponsoring du club, l’OL perdant du coup son principal sponsor. Quant à Apicil, le journaliste nous apprend que la société a commandité une étude d’impact concernant ses relations de sponsoring avec l’OL, car Apicil craint pour son image d’entreprise citoyenne et solidaire qu’elle a su développer depuis plusieurs années.

1.1.2 Les comptes de l’AS Saint-Etienne : du passé faisons table rase...

Les années 1980 ont été marquées dans la Forez par les suites judiciaires de l’affaire de la caisse noire, associée au président Roger Rocher. Aujourd’hui, le club qui lutte pour ne pas redescendre en Ligue 2, espère un développement important. Vous pouvez consulter les éléments financiers à l’adresse suivante : Site de l’ASSE

1.1.3 Grenoble et son club de football

En 2008, le Grenoble Foot 38 retrouvait l’élite du football français. Cette même année, un nouveau stade, le stade des Alpes, d’une capacité de 20 000 places pouvant monter jusqu’à 28 000, était inauguré. Cet investissement est la pierre angulaire d’un développement souhaoté par le président du club, M. Kazutoshi Watanabee.

Le GF 38, issu de la fusion sur plusieurs décennies de différents clubs grenoblois, appartient à un groupe japonais, Index Corporation, qui détient 98% du capital. Les réactions, suite à l’accession en Ligue 1, ont mis en valeur l’impact positif pour l’image de l’agglomération grenobloise et de ses entreprises.

Grenoble a également fait l’actualité, en raison de son dossier de financement pour lequel la DNCG a demandé des garanties supplémentaires à l’actionnaire en juillet 2008. Finalement, Grenoble a pu intégrer la Ligue 1.

Sur tous ces sujets, vous pouvez consulter les archives du Dauphiné Libéré

1.2 Le Basket, nouvel eldorado ?

Deux clubs de la région sont dans le championnat professionnel de Pro A : la Chorale de Roanne et L’ASVEL. Mais tous les deux n’ont pas les mêmes ambitions, ni les mêmes moyens d’ailleurs.

Clubs de football et clubs de basket partagent les mêmes sources de recettes. Néanmoins, les montants sont nettement inférieurs tant en recettes-dépenses, qu’en investissement. Les droits de retransmission télévisuels du basket hexagonal sont sans commune mesure avec ceux perçus par les clubs de football, surtout quand ils jouent les coupes européennes.

Pour tout savoir sur ces clubs de baskets, leurs sponsors et leurs budgets, voyez leurs sites internet : -ASVEL

-Chorale de Roanne

2. Des clubs sportifs aux entreprises de spectacles sportifs

2.1 Tony Parker débarque à l’ASVEL

Le club de basket de Villeurbanne, qui a connu ses heures de gloire dans les années 1970 et 1980, bénéficie actuellement d’une salle de 5 600 places, inaugurée en 1995, l’Astroballe. Le club a décidé de lancer un plan de développement 2009-2014, qui prévoit la construction d’une nouvelle salle de 15 000 places implantée à Villeurbanne.

Parallèlement, l’ASVEL a enregistré en février l’arrivée d’un nouvel investisseur, Tony Parker, le joueur français le plus célèbre en NBA. Celui-ci devient vice-président en charge des opérations basket en échange de ses investissements financiers, qui se font par une augmentation de capital. A ce jour, Tony Parker détient 30 % du capital du club, avant, s’il le souhaite, de prendre possession de la majorité du capital avant 2013.

Cet investissement, qui se traduit par une augmentation du budget du club de 2 millions d’Euros par an, comprend également un volet immobilier. En effet, Tony Parker souhaite mettre en place une Tony Parker Academy, centre de formation de haut niveau. Le projet devrait être complété par une crèche et un centre de fitness à destination du grand public villeurbannais.

Enfin, le plan de développement prévoit également d’entrer dans une future compétition franchisée par la NBA à l’horizon 2015-2018. En attendant, l’ASVEL vient d’obtenir une « wild card » pour le tour qualificatif de l’Euroligue, championnat de 24 équipes européennes franchisées.

Voir le billet dans l’Equipedu 26 mars 2009.

Les détails du projet dans l’article des Petites Affiches lyonnaises 16-22 février 2009.

Lyon Capitale consacre également plusieurs pages à l’ASVEL dans son numéro de mars 2009.

Mais le sport business dans la région, ce sont surtout les projets pharaoniques de Jean-Michel Aulas et de son Olympique Lyonnais.

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2.2 L’OL n’est plus un club de football

Depuis 2007, la presse locale et nationale se font régulièrement l’écho du projet d’OL land de Jean-Michel Aulas. Pendant la campagne des municipales 2008, le projet a suscité des prises de positions de la part des principaux candidats : le maire de Lyon, Gérard Collomb (PS) soutenant le projet, Dominique Perben (UMP) souhaitant que les études se poursuivent, Eric Lafond, pour le MoDem, désirant laisser sa chance à Gerland.

Le projet d’OL land est d’abord un projet immobilier, qui prévoit la création d’un stade de plus de 60 000 places, un centre de formation, des terrains d’entraînement, mais aussi une boutique des produits OL, un musée de l’OL, des restaurants, un espace de bien-être, un parc de loisir, des pistes de karting, un bowling, des hôtels, bureaux et salons pour des séminaires.

Bien évidemment, compte-tenu de l’investissement, le stade sera loué pour des concerts ou des événements divers et variés. Le club de football, cher aux Lyonnais, se transformerait alors définitivement en entreprise de spectacles sportifs.

C’est d’ailleurs le souhait du gouvernement, qui par la voix d’Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la prospective, a fait savoir que, pour rendre les clubs français de football compétitifs, il fallait encourager les investissements et la création de complexes commerciaux associés à des stades privés.

C’est tout le sens du rapport, daté de novembre 2008, sur la Compétitivité des clubs de football professionnels français

Le fil rouge du rapport, qui est aussi celui du projet d’OL Land, est la réduction des aléas financiers liés à la nature des activités sportives. En effet, les recettes de billetterie, les droits TV fluctuent en fonction des résultats sportifs de l’équipe, de même que le merchandising des produits dérivés. Plus encore, les actions cotées en bourse sont sujettes à l’irrationalité des variations des cours. En investissant dans un stade, qui ne sera plus simplement consacré au football, le patron de l’OL entend s’assurer des recettes diversifiées et moins aléatoires.

Vous retrouverez les détails du projet OL land sur le site de l’OL.

Dans Lyon Capitale de janvier 2009, un bon dossier contradictoire, qui donne la parole aux opposants et aux partisans d’OL Land et qui pose la question des équipements sportifs comme outils de développement territorial.

Sur le site de Libération, une critique du projet.

Les opposants au projet se sont organisés en collectif et ont fait valoir l’impact négatif sur l’environnement, mais aussi le coût prohibitif des infrastructures que la collectivité prendrait en charge : Carton rouge, le site du collectif des opposants.

Le projet de Jean-Michel Aulas ne peut se comprendre sans un détour par sa biographie.

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L’ouvrage de Thomas Nardone, Aulas, l’enquête interdite met en lumière la face cachée du président de l’Olympique lyonnais, et ses recettes pour devenir l’un des pionniers du foot-business à la suite de Bernard Tapie.

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Pour la version officielle de l’histoire du club, vous pouvez lire le Dictionnaire officiel de l’Olympique lyonnais

Bibliographie complémentaire :

Une première synthèse qui permet de poser la problématique Economie du sport, Jean-François BOURG, La Découverte

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Idéologie sportive et service public en France, Pierre CHIFFLET, Presses universitaires de Grenoble propose une analyse des enjeux idéologiques et économiques de la pratique sportive.

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L’argent dans le sport, Philippe VERNEAUX, Flammarion développe un point de vue univoque : celui de la dénonciation de la nocivité de l’argent dans la vie sportive.

Epilogue

En guise de conclusion, laissons la parole à Michel Platini, président de l’UEFA :

« Dans tout ce que nous faisons, le football doit toujours être le premier et plus important élément à prendre en considération, il est un jeu avant d’être un produit, un sport avant d’être un marché, un spectacle avant d’être un business ».

Ironie, naïveté ou simplement à contre-courant ?



Le Guichet du Savoir

Les questions posées au Guichet du Savoir sur le sujet :


-  J’aimerais connaître la masse salariale de l’équipe professionnelle et si possible les salaires des joueurs : Voir

-  A quelle date est apparue l’expression "Allez les Verts" ? Voir

-  Quelles études sur la violence dans les stades ? Voir

-  Quels sont les 25 footballeurs les mieux payés ? Voir

-  Quels sont les budgets des clubs de Ligue1 ? Voir

-  D’où vient le nom du "chaudron" ? Voir




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