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En 1998 Martin Winckler publie un livre sur son parcours de médecin de campagne, l’ouvrage obtient le Prix Livre Inter 1998.
L’année suivante, Michel Deville l’adapte au cinéma.
A travers une multitude de voix, et de morceaux de vie, le réalisateur dresse le portrait juste et sensible de Bruno Sachs, médecin malade de la souffrance de ses patients, qui œuvre et fulmine contre la pratique médicale, plus technicienne qu’humaine.
Oeuvre militante, qui part du constat connu que ce sont les médecins qui donnent leur nom aux maladies et non les malades. Le film évite l’aspect documentaire, pour nous livrer une très belle fable humaniste et poétique. Des instants, des regards, des maux et des mots, s’entrecroisent, ceux des patients, qui épient leur drôle de docteur, ceux de sa secrétaire qui veille jalousement sur lui, et ceux très lucides de Sachs sur l’humanité. Des hommes et des femmes qui s’agitent, qui se heurtent, qui cherchent et se trouvent : des humains perdus dans cette vie, mais que peut faire un docteur trop sensible, sinon se révolter.
C’est Albert Dupontel, magnifique et touchant, sobre à la limite de l’austère, qui incarne ce médecin torturé, plus humain que mandarin, plus philosophe que technicien.