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Kirikou contre le roi Lion
25/09/2007
Kirikou est petit mais il est vaillant. Et le roi Lion, comédie musicale programmée également cet automne à Paris, pourrait souffrir de la comparaison. La première représentation de la comédie musicale Kirikou et Karaba a eu lieu le 11 septembre 2007 à la Maison de la danse à Lyon. Celle du Roi Lion aura lieu au Théâtre Mogador à Paris à partir du 5 octobre.


Deux comédies musicales catégorie poids lourds, enfin surtout une !

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Le Roi Lion qui se jouera au Théâtre Mogador [voir site officiel] est l’adaptation de la comédie musicale américaine, elle-même adaptée du  dessin animé de Walt Disney. Pour ce spectacle, les producteurs, World Company Disney et Stage Entertainement, ont acheté le Théâtre Mogador et l’ont entièrement modifié ! C’est l’excellente  Julie Taymor, qui s’est chargée de la réalisation du spectacle en 1997 et de ses différentes adaptations dans tous les pays du monde depuis cette date. Cette ancienne élève du mime  Jacques Lecoq, qui a créé une compagnie de masque et de danse en Indonésie et qui a travaillé pour le théâtre, l’opéra et le cinéma, envisage le spectacle comme un métissage des cultures, des genres et des traditions. Beau programme !

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A côté du Roi Lion, Kirikou fait figure de... Kirikou, c’est-à-dire de Petit poucet africain !

Le spectacle Kirikou et Karaba est inspiré des films d’animation du français  Michel Ocelot dont les différents épisodes ont enregistré chacun plus d’un million d’entrées au cinéma. A revoir donc absolument :  Kirikou et la sorcière (1998) ainsi que  Kirikou et les bêtes sauvages (2005). Fort de ces réussites, l’idée de la comédie musicale a germé dans l’esprit du producteur à succès Victor Bosch, déjà à l’origine du  Notre-Dame de Paris de Luc Plamondon et Richard Cocciante.

Et c’est le chorégraphe Wayne McGregor, proposé par Guy Darmet directeur de la Maison de la danse à Lyon [voir site officiel], qui a été choisi pour monter le spectacle. Wayne McGregor, très peu connu en France a créé, en 1992, sa propre compagnie Random Dance [voir site officiel]. Artiste-résident au Royal Ballet de Londres depuis septembre 2006, il est un chorégraphe exigeant et complexe, qui s’est aussi intéressé aux mises en scène d’opéras (Didon et Enée à la Scala de Milan en 2006) et au cinéma puisqu’il a travaillé à la réalisation de  Harry Potter et la Coupe de feu !

Michel Ocelot est quant à lui, sur ce projet, librettiste et auteur des chansons. Les musiques sont de  Rokia Traoré et Youssou N’Dour [voir site officiel], qui avaient déjà réalisé une partie des musiques des épisodes de Kirikou au cinéma. Youssou N’Dour, idole de tout un pays, le Sénégal, a propulsé depuis longtemps maintenant la musique africaine au rang de musique pop diffusée dans le monde entier.

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Faire les choses le plus simplement possible

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Dans sa jeunesse, le créateur de Kirikou s’est intéressé d’abord au cinéma d’animation en amateur, en réalisant pendant ses vacances, des courts-métrages en ombres chinoises avec du papier découpé [voir Points d"actu], technique qu’il réutilisa plus tard lors de la réalisation de la série Ciné Si et du film  Princes et Princesses. Il est très attaché à essayer de faire les choses le plus simplement possible. Dans les années 1970, ses dessins-animés sont produits par A.A.A., également producteur de Jacques Rouxel et ses  Shadoks. Il reçoit en 1983 le César du meilleur court-métrage d’animation pour  La Légende du pauvre bossu.

Pour ne pas passer en revue l’ensemble de ses nombreux travaux jusqu’à aujourd’hui, on notera seulement que Michel Ocelot vient de réaliser pour  Björk le clip de Earth Intruders [voir la vidéo]. Il y reprend les inspirations des thèmes traditionnels de l’Afrique de l’ouest, comme dans les deux films Kirikou. On y retrouve d’ailleurs le danseur Legrand Bemba-Debert qui interprète Kirikou dans la comédie musicale.

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Parmi les influences et les amitiés de Michel Ocelot, on peut remarquer la présence des réalisateurs japonais Takahata et Miyazaki.  Isao Takahata, qui a fait les versions japonaises de Kirikou, est le réalisateur du truculent  Pompoko, de l’émouvant  Tombeau des lucioles mais aussi de  Mes voisins les Yamada ou  Kie la petite peste. Désormais star internationale de l’animation et à la tête du fameux Studio Ghibli voir site officiel],  Hayao Miyazaki a quant à lui réalisé, notamment,  Mon voisin Totoro,  Princesse Mononoké ou  Le voyage de Chihiro.

Michel Ocelot est également très sensible aux œuvres du cinéma d’animation russe, chez lequel il a des amis, comme Nina Chorina. On peut citer aussi  Youri Norstein, considéré dans le monde entier comme le réalisateur le plus brillant parmi la génération actuelle des cinéastes d’animation russes. Bien que l’ensemble de son oeuvre achevée fasse moins de 80 minutes, son impact a été si profond qu’il est régulièrement classé comme l’un des réalisateurs les plus importants au monde.

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 Le cinéma d’animation est désormais plus que centenaire, depuis les premières images animées d’Emile Reynaud jusqu’à Hayao Miyazaki en passant par Walt Disney, Paul Grimault, Alexandre Alexeieff, Norman Mc Laren, Jan Svankmajer, Tim Burton ou le Studio Aardman avec Wallace et Gromit. Les techniques sont nombreuses et inventives, des ombres chinoises à la pâte à modeler, du dessin inscrit directement sur la pelliculle aux animations numériques en trois dimensions. Chaque année,  les Oscars du film d’animation décernent leur prix et la ville d’Annecy acceuille chaque année un festival international réputé [voir Points d’actu].

Et si vous voulez revoir les classiques français du genre, pensez à  La planète sauvage, réalisé par René Laloux, en collaboration avec Roland Topor ou au  Roi et l’oiseau, réalisé par Paul Grimault, d’après Andersen, racontant l’histoire unissant une bergère et un ramoneur dans le royaume imaginaire de Takicardie.

Pour les modernes, ce sera  Les triplettes de Belleville,  La prophétie des grenouilles ou bien encore Persepolis, de Marjane Satrapi [voir interview], récompensé au Festival de Cannes 2007, adapté de la bande-dessinée du même nom, et encore projeté dans les salles pour quelques semaines...

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"La Guinée, j’y ai passé une très jolie enfance"

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"Mon enfance en Guinée fut idyllique, sans aucune peur ni violence, dans un monde de paix et de beauté. Je veux célébrer la beauté africaine", explique Michel Ocelot.

La Guinée est un pays méconnu, et même si Michel Ocelot ne situe pas spécifiquement les aventures de Kirikou en Guinée, c’est tout de même l’occasion, de par l’influence que l’éducation guinéenne a pu jouer dans l’oeuvre de l’auteur, de s’intéresser à cette contrée. La Guinée, indépendante depuis 1958, située géographiquement au bord de l’Océan Atlantique, insérée entre le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire, avec pour capitale Conakry et comme ressource principale la bauxite, compte 10 millions d’habitants dont la langue officielle est le français. La situation politique et sociale est malheureusement conflictuelle depuis plusieurs années et le pays est l’un des plus pauvres du monde. Pour suivre toute l’actualitée de la Guinée, rendez-vous sur la page qui lui est consacrée dans Jeune Afrique [voir le site de la revue]. Pour connaître toute son histoire, consultez  "La Guinée : histoire, économie, civilisation".

Mais si la situation actuelle est compliquée, la Guinée reste un pays d’art et de culture. Ecoutez les  comptines, danses et berceuses des peuples Kabas, Malinkés, Peuls et Yorubas, ou bien encore  d’autres contes de Guinée et en particulier celui au titre mélancolique : La princesse qui voulait épouser un homme sans cicatrices sur le corps...

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Avez-vous jamais entendu un griot ? Ecoutez les  Feux mandingues : griot de Guinée ou explorez  Electric griot land, avec les griots modernes et électriques que sont Ba Cissoko, Tiken Jah Fakoly et les Nubians.

Vibrez au son de la  kora ou du  balafon mandingue. Apprenez les différents rythmes du  djembé : toro (malinke), dalah (malinke), fè (malinke), soli lent (malinke), gidamba (malinke), sunun (kasonke) et djolé (temne). Et admirez ensuite les  Ballets africains de la République de Guinée.

Quelle meilleure façon pour découvrir un pays qu’une petite virée entre artistes ? C’est ce que vous propose Laurent Chevallier dans un documentaire sur  Circus Baobab, le premier cirque acrobatique aérien d’Afrique noire. De Conakry à N’Zérékoré, de représentation en représentation, la troupe s’enfonce au coeur du pays et vous avec !

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Découvrir encore la Guinée avec un livre sur les  bleus et les ocres, présentant les techniques traditionnelles de tissage et de teinture végétales sur textiles : indigo, batik, ocre, pochoir, froissage, nouage et plissage. Ou bien alors  de façon plus mystique avec ce mythe bassari, celui de la porte par où sont venus tous les beliyan, "ceux qui viennent de l’ocre"... Je ne vous en dis pas plus...

Alors si toutefois cela ne vous suffit pas, une seule solution : réservez votre place pour aller voir Kirikou et Karaba sur scène ou bien... faîtes vos bagages pour la Guinée ! ! Sans omettre toutefois de prendre connaissance des recommandations du Ministère français des Affaires étrangères...

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