points d'actu !

Existe-t-il des livres pour enfants traitant de sexisme ou d’homophobie ? Voir

Mariage des homosexuels, aspects juridiques, politiques, sociaux Voir

Pourquoi appelait on auparavant un homosexuel une "tante" ou "tente" ? Voir

Pourquoi dit-on "être pd comme un phoque" ? Voir

Ce que pense Allah de l’homosexualité ? Voir



Homophobie : une violence commune
17/05/2007
Le 17 mai 1990, l’Organisation Mondiale de la Santé retirait l’homosexualité de la liste des pathologies mentales. Cette date fut retenue pour célébrer, chaque année depuis 2005, la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, dont le sigle international est IDAHO (International Day Against Homophobia).
Cette année, la journée devrait avoir une résonance d’autant plus importante qu’elle s’inscrit dans le cadre de la résolution de la Commission Européenne de faire de 2007, « l’Année européenne de l’égalité des chances pour tous », pour soutenir la lutte contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient liées à l’origine, aux croyances, au genre, à l’âge, au handicap ou encore à l’orientation sexuelle.

"Follement gay !" : une exposition en ligne Voir



 L'essentiel pour comprendre :

De quoi parle-t-on ?
"Tapette ! Enc... ! Pédé ! Gouine !"
Il suffit de baisser un instant le volume de son lecteur MP3 pour constater que certaines invectives ponctuent le fond sonore de la cité, des cours d’école aux allées commerçantes. Si votre casque diffuse du gangsta rap, inutile de modifier les réglages pour obtenir le même effet.

Si l’homophobie désigne désormais couramment les manifestations d’hostilité à l’égard des homosexuel-le-s et de l’homosexualité, elle stigmatise plus généralement le manque de virilité chez les hommes et le manque de féminité chez les femmes. La rétrogradation au féminin est perçue comme particulièrement infâmante, tandis que la prétention à des prérogatives dites masculines par des femmes est perçue au mieux comme ridicule, au pire comme un crime de lèse-majesté. D’autres barrières sociales sont par ailleurs efficaces pour freiner l’accès des femmes, dans leur ensemble, aux mêmes statuts que les hommes. En d’autres termes, les lesbiennes sont à la fois victimes du sexisme et du rejet de l’homosexualité en tant que telle. Parmi les hommes homosexuels, ce sont ceux désignés comme efféminés ou supposés sexuellement « passifs » qui sont le plus violemment pris à partie. Les transgenres et transsexuel-le-s en cours de transition le sont à plus forte raison. Quant à la figure de la "folle", elle est fréquemment

Illust : La peur de l’aut, 7.1 ko, 95x144
marginalisée y compris par les homosexuels eux-mêmes. Homophobie et sexisme sont donc liés.

Un ouvrage pionnier en France, paru en 1994, a posé les jalons de cette approche compréhensive :
 La peur de l’autre en soi, par Michel DORAIS, Pierre DUTEY , Daniel WELZER-LANG, VLB

Plus récemment, en 2000, un Que sais-je a été consacré à l’homophobie.
 L’homophobie, par Daniel BORILLO., PUF
-  Le juriste D. Borillo a le mérite de mettre l’homophobie en perspective avec d’autres formes de discrimination : « De même que la xénophobie, le racisme, ou l’antisémitisme, l’homophobie est une manifestation arbitraire qui consiste à désigner l’autre comme contraire, inférieur ou anormal [...] Et le mal venant toujours d’ailleurs, en France on a qualifié l’homosexualité de ’vice italien’, de ’mœurs arabes’, de ’vice grec’, ou encore de ’coutumes coloniales’. L’homosexuel comme le Noir, le juif ou l’étranger est toujours l’autre, le différent, celui avec qui toute identification est impensable. » Après un survol historique retraçant les origines des formes d’hostilité actuelles, D. Borillo passe en revue les doctrines (morales, scientifiques, politiques) dans lesquelles s’enracine intellectuellement et institutionnellement l’homophobie. S’il prend d’emblée acte d’une évolution positive - des préoccupations sur la « question homosexuelle » à la problématisation de l’homophobie -, il constate que l’orientation sexuelle continue d’être un obstacle dans la pleine réalisation de la citoyenneté. L’hétérosexualité se confond avec la société : cette dernière a ses sujets « naturels » et ses « minorités » auxquelles sont accordés secondairement des droits spécifiques.

L’homophobie au quotidien
Depuis 1994, l’association SOS Homophobie recueille des témoignages sur une ligne d’écoute anonyme. L’actualité et la presse sont également suivies. Ces témoignages et analyses font l’objet de rapports annuels qui, s’ils ne fournissent pas une évaluation scientifique de l’homophobie en France, soulignent néanmoins certaines grandes tendances.

 Rapport sur l’homophobie, par SOS Homophobie, KTM
-  En 2004 (rapport 2005), les témoignages les plus fréquents concernaient l’homophobie en milieu professionnel, les brimades émanant principalement des employeurs : du licenciement motivé par la « vie personnelle » de l’employé au refus d’appliquer les droits ouverts par le PaCS. Second motif de témoignage : les agressions physiques, dont les 9 dixièmes sur des hommes, principalement dans

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l’espace public, mais aussi au sein de la famille et au contact des forces de l’ordre. A noter que le nombre d’actes de violence physique signalés ne cesse d’augmenter depuis 2000. Les agresseurs sont souvent jeunes, agissant de manière préméditée. Quelques affaires tragiques ont marqué les esprits : l’assassinat de François Chenu par trois skinheads le 13 septembre 2002 à Reims, l’immolation de Sébastien Nouchet à Noeux-les-Mines le 16 janvier 2004, le « passage à tabac » de David Gros par une bande d’adolescents le 13 août 2004 à Marseille.
Les insultes et menaces, bien que très répandues, ne motivent pas systématiquement un appel à SOS Homophobie. Les bénévoles de l’association déplorent cependant des témoignages de violence « dans à peu près toutes les circonstances de la vie quotidienne : la rue, les commerces, les transports, à l’occasion de manifestations culturelles, etc. [...] Une agression verbale est toujours effrayante, crée un climat d’insécurité, car les personnes insultées ne sont jamais sûres que les choses vont en rester au niveau de l’insulte et ne pas dégénérer à un niveau de violence supérieur. »
Dans le domaine des services, des démarches banales telles que l’ouverture d’un compte bancaire commun, la location immobilière, le tourisme, entre autres, ne sont pas choses aisées pour un couple homosexuel.
Et que dire de l’impossibilité de flâner avec insouciance, la main au creux de celle de sa compagne ou de son compagnon ?

L’isolement accru en banlieue
Si les grandes agglomérations ont vu se développer au cours des années 90, à petite échelle, des réseaux de sociabilité associatifs et commerciaux, il n’en va pas de même en banlieue où les espaces refuges sont souvent inexistants. S’ajoute à cela le racisme ou l’occultation dont peut faire preuve une partie des réseaux homos à l’égard de certains gays et lesbiennes. Loin des images médiatiques, il y a bel et bien des homosexuel-le-s à Vaux-en-Velin, au Val Fourré, au Mirail, ou dans le Quartier Nord... Un article sur l’homophobie en banlieue est paru dans l’édition du 7 mai 2007 du quotidien Libération : « J’ai cru que t’étais pédé, j’ai eu trop peur »

Homophobie et suicide
Le suicide est l’une des deux premières causes de mortalité chez les jeunes de 15 à 34 ans. Les jeunes homosexuels ou bisexuels masculins présentent 4 à 7 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels. Pour les jeunes filles, ce risque est accru de 40 %.

 Homosexualités et suicide : études, témoignages et analyse, par Eric VERDIER et Jean Marie FIRDION, H&O
-  La majoration du risque de suicide chez ces jeunes amène les deux auteurs, respectivement psychologue et sociologue, à relativiser le caractère strictement subjectif de ces passages à l’acte pour en souligner l’origine sociale et sensibiliser les professionnels de l’éducation, thérapeutes, parents et tout un chacun à cette question de santé publique. Les auteurs font une revue critique de différentes études sur la question, reviennent sur les prescriptions identitaires du masculin et du féminin, et analysent l’interaction entre dynamiques sociales et psychiques au cœur des mécanismes de la honte et du secret. En préface, le psychiatre S. Hefez souligne ainsi : « Ce qui est dissimulé ne se résume pas à la seule fantasmatique sexuelle ; c’est tout un champ de sensations, d’émotions, de désirs qui, parce qu’on ne peut les partager donc leur donner une validité, ne pourront même plus être reconnus ; c’est la capacité amoureuse qui est ainsi amputée [...] Beaucoup peuvent alors acquérir l’habitude de se couper en deux, de tordre leur ressenti, de se sentir en porte-à-faux dans tous les champs de la vie psychique. » Il semble, de surcroît, qu’un fossé générationnel empêche les plus jeunes de bénéficier de la relative reconnaissance sociale permise par des mesures telles que le PaCS. Loin d’un simple traité méthodologique ou d’une aride typologie d’experts, cet ouvrage de 2003 abonde en témoignages faisant la part belle à la multitude et à la richesse des expériences singulières.

Signalons également, sur le même thème, un ouvrage québécois :
 Mort ou Fif : La face cachée du suicide chez les garçons, par Michel DORAIS, VLB

Bègles 2004
Le 5 juin 2004, le député maire Vert Noël Mamère célébrait dans sa mairie de Bègles le mariage de Bertrand Charpentier et Stéphane Chapin. Le 27 juillet, le mariage était annulé par le TGI de Bordeaux, annulation confirmée par la cour d’appel le 19 avril 2005. La médiatisation de cet événement avait pour but de créer un précédent et de mettre en lumière les restrictions du droit français.

 Homophobie France 2004 , par Serge SIMON, Bord de l’eau
-  L’initiative de N. Mamère aura également eu le mérite de désinhiber, mieux qu’en quelques années de psychanalyse, les fantasmes nourris par les homophobes assumés : zoophilie, scatologie, mutilation, nostalgie nazie... En attestent les quelques 200 lettres, courriels, dessins, photos réunis par S. Simon, ancien international de rugby et médecin soucieux de témoigner de la haine ordinaire, à partir des 4000 reçus par le maire de Bègles. Saluons l’éloquence et l’acuité des propos, parfois illustrés à l’aide de procédés extrêmement créatifs. Bref, un ouvrage fort instructif sur la libido des défenseurs les plus virulents de l’exclusivité hétérosexuelle : on sait enfin ce qui se passe dans un esprit sain à l’évocation du mot « mariage ». Ames sensibles s’abstenir.

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Gay Couple Kiss under Water

(Tony O from Atlanta
Creative Commons Attribution 2.0)


 Sur cet instant fragile... (Carnets janvier-août 2004), par Didier ERIBON, Fayard - Sensibles, les carnets du philosophe D. Eribon le sont assurément. C’est une chronologie particulière du mariage de Bègles qui s’y dessine. Les événements publics s’inscrivent sur la toile de fond de son journal personnel. L’auteur y relate le cheminement interrompu de son écriture, les rencontres avec M. Lucey, J. Butler, Jeanne Favret Saada, les discussions en marge de son séminaire à l’EHESS, ses déambulations dans Paris avec son compagnon. Il se remémore ses échanges avec P. Bourdieu, offre des fragments de critique littéraire et de biographies... C’est sur cette trame riche que se tisse le motif du mariage homosexuel, avec ses moments clés : l’assemblée générale appelée par Act Up dont le président demande la pénalisation des propos homophobes, suite à l’agression de S. Nouchet ; l’autorisation du mariage homosexuel à San Francisco ; la rédaction du Manifeste pour l’égalité des droits et les premiers signataires, dont J. Derrida ; la rencontre avec N. Mamère ; le colloque Union en tous genres... D. Eribon s’impatiente devant les arguments élevés dans la presse, tant par les conservateurs que par les anti-conformistes, contre le mariage homosexuel ; il analyse les limites des critiques queer et féministe.
Enfin, il célèbre l’amitié... face à l’injure et au crachat.

 Dictionnaire de l’homophobie, par Louis Georges TIN (dir.), PUF
-  A l’instar de D. Eribon, L. G. Tin, agrégé de littérature et instigateur de l’IDAHO,

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rappelle le caractère à la fois archaïque et récurrent de la rhétorique homophobe dans toutes ses expressions : « En réalité, l’homophobie n’est ni une fatalité transhistorique, impossible à combattre, ni un résidu de l’histoire destiné à disparaître de lui-même, avec le temps ». Il ajoute que l’hétérosexualité, vécue comme une évidence, tend à s’occulter comme posture particulière. D’une certaine manière, cet imposant ouvrage restitue aux discours normatifs sur l’homosexualité leur caractère situé. La collection et l’analyse de ces discours (et pratiques) composent une œuvre érudite. Soixante-seize auteurs - anthropologues, historiens, sociologues, juristes, philosophes, psychiatres, journalistes... - s’attèlent à la tâche à travers 168 entrées, au nombre desquelles : altérité, communisme, discrétion, endocrinologie, Hirschfeld, péché, publicité, universalisme/différentialisme...

Sociobiologie et différentialisme : les homos sont biologiquement différents
Le recours à la biologie pour expliquer le social et le subjectif s’enracine dans le triomphe du modèle explicatif médical, au cours du XIXe siècle. Il accompagne les progrès des technologies exploratoires du corps, pour finalement inscrire des comportements complexes au cœur des plus infimes cellules... Il y a deux siècles, il s’agissait de justifier la complémentarité des sexes et leurs places sociales respectives, de lutter contre la dégénérescence afin de garantir la force de la Nation. Dans le contexte actuel de tolérance institutionnelle à l’égard de l’homosexualité, on peut se demander à quoi sert de naturaliser des différences, sinon à délimiter très nettement des contours identitaires. Le résultat : deux types sexuels incommensurables prévenant toute réflexion sur la labilité des affects et des désirs. Si le discours le plus politiquement correct tend à symétriser les positions en parlant de déterminismes dans les deux cas, force est de constater que l’homosexualité est le plus souvent désignée comme différente face à un référent neutre. Rien d’étonnant à cela si l’on considère que cette approche découle directement de la recherche des « causes » de l’homosexualité. D’une manière générale, le retour à l’inné pour expliquer l’aptitude ou l’échec des individus à se conformer aux attentes d’une société représente un formidable bond en arrière.

 Cerveau, sexe et pouvoir, par Catherine VIDAL, Dorothée BENOIT-BROWAEYS, Belin
-  La neurobiologiste C. Vidal et la journaliste scientifique D. Benoit-Browaeys ont

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mené un travail d’enquête minutieux sur les parutions en ce domaine. Si elles s’attachent essentiellement à critiquer les études sur la différence cérébrale entre hommes et femmes, elles abordent également les recherches sur l’orientation sexuelle (ou plutôt sur l’homosexualité). Au delà des problèmes méthodologiques que l’on peut reprocher à la plupart de ces travaux, on peut affirmer qu’au vu de la plasticité du cerveau (de son évolution sous l’effet de l’expérience vécue), le postulat d’un déterminisme biologique relève finalement d’un acte de foi irréductible.

« Sois différent et tais-toi »
Cruelle ironie, gays et lesbiennes se voient souvent reprocher une idéologie identitaire. Or les individus auxquels les institutions (ou les normes diffuses) réservent des statuts particuliers ont-ils d’autre alternative à l’effacement que de faire de ces positionnements le point de départ pour l’amélioration de leur condition ? Comme le remarque D. Halperin (Saint Foucault, EPEL), seule l’hétérosexualité est à la fois « un fait d’évidence qui peut être universellement connu sans être accusé de ’s’afficher’ et [...] une forme de vie personnelle qui peut se vivre dans le cadre protégé d’une vie privée sans avoir à se constituer comme vérité cachée. »

 Pour en finir avec l’homophobie, par Julien PICQUART, Leo Scheer
-  Les préjugés homophobes, assumés ou inconscients, sont par nature opportunistes et potentiellement contradictoires. Ce qui pousse J. Picquart à ce résumé lapidaire : « Quoiqu’ils fassent, les homosexuels se retrouvent en position d’accusés... Qu’ils se retrouvent entre homos, et ils sont repliés sur eux-mêmes ; qu’ils fassent leur coming-out, et les voilà envahissants. Qu’ils soient in ou out, dans ou hors de la société, leur position dérange, parce qu’au fond, ce qu’on leur reproche, c’est bien d’être homosexuels. D’où cette question : ne faudrait-il pas, pour en finir avec l’homophobie, ’supprimer’ l’homosexualité ? ». On aurait tort, cependant, de réduire cet essai à un pamphlet. L’auteur, journaliste indépendant, réalise dans un style simple et dynamique une bonne synthèse des enjeux personnels et sociaux actuellement débattus. Loin de renvoyer dos à dos homosexuels et hétérosexuels, J. Picquart propose un éclairage des ressorts invisibles de nos mœurs potentiellement porteur d’émancipation pour tous.

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La déportation des homosexuel-le-s
Une démarche d’éradication de l’homosexualité a bel et bien été entreprise au XXe siècle, avant même le début de la seconde guerre mondiale. Dès l’avènement d’Hitler au pouvoir, la législation homophobe (paragraphe 175 du code pénal) est aggravée. Le centre d’archives et de recherches homosexuelles créé par le docteur M. Hirschfeld est mis à sac le 6 juin 1933 par les S.A. Les S.S. récupèrent les fichiers de justice et de police. La délation fait son œuvre également. Les homosexuels d’Allemagne sont raflés, torturés, expulsés ou déportés vers des camps d’internement ou d’extermination. Ils entrent ainsi, précise J. Le Bitoux « dans l’engrenage de la ségrégation, de l’arbitraire et de l’horreur. Sur une échelle plus large, attisée par les pouvoirs en cours, la haine sociale charrie les opposants politiques comme les juifs, les filles de mauvaise vie comme les francs-maçons, les amoureux du jazz comme les fous de l’abstrait, les chercheurs de l’atome comme les inventeurs du dodécaphonisme, les braconniers comme les paresseux, les homosexuels comme les Tsiganes ». Selon le United States Holocaust Memorial de Washington, 90000 à 100000 homosexuels sont arrêtés entre 1933 et 1945. 10000 à 15000 d’entre eux périssent dans les camps nazis.
Des castrations et des expériences d’implantation de glandes synthétiques sont effectuées sur les détenus homosexuels dans le but de les ramener à la normalité. Ils portent un triangle rose et sont placés au plus bas de la hiérarchie concentrationnaire. Dans les trois départements annexés du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle, les homosexuels sont incarcérés ou déportés à partir de 1940. La liste des 210 hommes arrêtés en France au titre de l’article 175 établit que 206 d’entre eux ont transité ou ont été détenus dans les camps de Schirmeck (seul camp de concentration placé sur le territoire français) et Natzweiler-Struthof (camps voisins).

 Les oubliés de la mémoire, par Jean LE BITOUX, Hachette

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- A partir de nombreuses sources, témoignages, archives historiques, entretiens... J. Le Bitoux exhume cette histoire refoulée. Son travail ne s’arrête pas à la Libération mais interroge longuement le déni de mémoire de la part des intellectuels et des associations de déportés, et notamment le rejet des délégations homosexuelles lors de la journée nationale du souvenir.

J. Le Bitoux est également co-auteur du témoignage de Pierre Seel, seul déporté homosexuel français à s’être fait connaître.
 Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, par Pierre SEEL et Jean LE BITOUX, Calmann-Levy

Signalons un autre ouvrage important, celui de L. Van Dijk réunissant les témoignages d’homosexuels allemands avant, pendant et après leur déportation.

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 La déportation des homosexuels, onze témoignages, Allemagne 1933-1945, par Lutz VAN DIJK, H&O
-  « Après la guerre, c’est encore la honte d’avoir été enfermés pour ‘ça’ qui a empêché les ‘hommes au triangle rose’ de témoigner, du fait que l’article discriminatoire restait en vigueur, mais aussi à cause du silence complice des gouvernements alliés dont les propres arsenaux législatifs réprimaient, voire criminalisaient, l’homosexualité. » (extrait du résumé de l’éditeur)

Les 24 et 26 mars 2005, les quatrièmes Assises de la mémoire gay et lesbienne organisées par la Bibliothèque Municipale de Lyon étaient consacrées à la déportation des homosexuels avec les contributions d’Isabelle Doré-Rivé, directrice du CHRD de Lyon ; Marc Boninchi, maître de conférences, université Jean Moulin Lyon-3 ; Magali Boumaza, docteure en sciences politiques, IEP de Stasbourg ; Andreas Pretzel, historien, membre du Centre Magnus Hirschfeld, Berlin.
 La déportation des homosexuels : actes des quatrièmes Assises internationales de la mémoire gay et lesbienne, Collectif, Bibliothèque Municipale de Lyon

 Vichy et l’ordre moral, par Marc BONINCHY, PUF
-  On peut consulter l’ouvrage de Marc Boninchi, historien du droit et des institutions, pour une approche globale de la politique menée par le Maréchal Pétain en matière de natalité et de protection de la famille. A l’aide d’archives inédites de la direction des Affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice, l’auteur apporte un nouvel éclairage sur les réformes législatives concernant l’adultère, l’abandon, l’homosexualité, la prostitution, l’avortement et l’alcoolisme.

Si dans les camps les homosexuels masculins portent un triangle rose, les lesbiennes portent un triangle noir, au même titre que les chômeurs, les vagabonds, les toxicomanes, les alcooliques, certains malades mentaux, les prostituées et les femmes ayant eu recours à la contraception ou à l’avortement. De nombreuses femmes sont victimes de viols ou contraintes à la prostitution. Aucune loi allemande ne réprime spécifiquement l’homosexualité féminine, mais les lesbiennes sont intégrées au vaste groupe des individus « socialement inadaptés ». Ceci explique la difficulté à chiffrer le nombre de femmes déportées du fait de leur orientation sexuelle. Toutefois, la question de l’invisibilité des lesbiennes dépasse largement cette période ; elle a récemment suscité l’usage du terme « lesbophobie ».

LGBT phobies
Les marques d’affection et la proximité corporelle sont mieux tolérées entre femmes qu’entre hommes, chez qui elles sont d’emblée suspectes. D’autre part, les représentations de lesbiennes féminines semblent véhiculer un fort potentiel érotique pour une partie des hommes hétérosexuels, comme en témoigne la production pornographique. Les ébats lesbiens y sont toujours mis en scène de telle sorte que l’homme occupe une place de voyeur (position de pouvoir). Puis son entrée en scène remplit deux fonctions : la confirmation qu’il n’existe pas de véritable sexualité sans phallus, et la satisfaction du fantasme de disposer de plusieurs femmes offertes. Le problème surgit lorsque les lesbiennes ne se conforment pas aux canons tant esthétiques que psychologiques de la féminité. La lesbophobie tend soit à nier les femmes comme sujets de leur désir, soit à réprimer leur libre arbitre lorsqu’elles s’affranchissent de la complémentarité hommes / femmes traditionnelle.

Les 16 et 17 mars 2007, les sixièmes Assises de la mémoire gay et lesbienne organisées par la Bibliothèque municipale de Lyon étaient consacrées aux lesbiennes. Les interventions de Patricia Curzi (ILGA) et Sabreen Al’Rassace s’attachaient directement aux enjeux de la visibilité dans deux domaines précis : la santé et le droit d’asile.

Voir également ci-dessous, à la rubrique « situation dans le monde », le rapport d’Amnesty International sur les persécutions liées à l’identité sexuelle qui revient sur le sort réservé aux lesbiennes dans certains pays.

Pour des raisons différentes, le vécu des bisexuel-le-s est, lui aussi, souvent occulté. L’émergence d’un discours culturel et politique homosexuel tend à confirmer l’idée d’une distribution strictement bipolaire de la sexualité : homo et hétéro. De plus, de nombreux gays et lesbiennes ont, au cours de leur vie, vécu la bisexualité comme étape dans l’acceptation ou la révélation de leur homosexualité. Dès lors, ils pensent que les femmes et les hommes bisexuels sont des homos en devenir. Toutefois, cet idéal d’affectation exclusive révèle également un enjeu de pureté identitaire qui conduit bien souvent à percevoir les personnes bisexuelles comme de potentielles traîtres. Enfin, face au désordre social engendré par le sida, l’invisibilisation des bisexuel-le-s pourrait également s’expliquer par la volonté de mobiliser les communautés en resserrant les rangs autour de catégories de sexualité facilement intelligibles et identifiables. Ce parti pris a justement des conséquences déplorables en matière de prévention des IST.

Quant aux transgenres et transsexuel-le-s, elles et ils représentent sans doute la transgression la plus impensable, et une marge mal assumée y compris par une partie des homosexuel-le-s. Rappelons en effet, qu’en dépit des prescriptions psychiatriques pour l’admission à la chirurgie de réassignation sexuelle, nombre de transsexuel-le-s sont homosexuel-le-s.

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(ParaDox
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 D'autres perspectives :

Lutter contre l’homophobie

La situation juridique des homosexuel-le-s en France
Quelques repères historiques postérieurs à la seconde guerre mondiale :
En 1960, L’amendement Mirguet, adopté par l’Assemblée nationale, classe l’homosexualité dans les fléaux sociaux et « maladies », au même titre que l’alcoolisme et la prostitution. Elle est passible de peines d’amende et de prison.
En 1968, l’homosexualité est ajoutée à la liste des maladies mentales, selon les recommandations de l’OMS.
En 1981, elle est retirée des listes des maladies mentales.
En 1982, sur une proposition du ministre de la Justice Robert Badinter, l’Assemblée Nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. Avec l’abrogation de l’article 332-1 du code pénal, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit. La majorité sexuelle est ramenée à 15 ans, comme pour les hétérosexuels.
En 1985, toute discrimination professionnelle ou commerciale fondée sur les mœurs est interdite.
En 1990, l’OMS retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales.
En 1999, la loi sur le PaCS est adoptée.
En 2001, les discrimination homophobes sont pénalisées.
En 2003, les peines prévues pour crimes homophobes sont alourdies.
En 2004, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité est créée et les propos homophobes sont pénalisés.

La conquête de nouveaux droits : mariage, adoption et PMA
Concernant le mariage et l’adoption, le droit français applique officiellement une distinction entre couple homosexuel et couple hétérosexuel. Les associations LGBT se sont efforcées, au cours des mois qui viennent de s’écouler, d’en faire un enjeu de la campagne électorale. Rappel des positions défendues par les différents courants politiques :

-  Favorable au mariage homosexuel : O. Besancenot (LCR), J. Bovet (candidat libre), M.-G. Buffet (PCF), S. Royale (PS), D. Voynet (Verts).

-  Opposé au mariage homosexuel mais favorable à une union civile ouvrant les mêmes droits qu’aux mariés : F. Bayrou (UDF), N. Sarkozy (UMP).

-  Opposé au mariage homosexuel : P. De Villiers (MPF), J.-M. Le Pen (FN)

-  Pour l’abolition du PaCS : J.-M. Le Pen

-  Favorable à l’adoption par les couples homosexuels : O. Besancenot, J. Bovet, M.-G. Buffet, S. Royale, D. Voynet.

-  Favorable à l’adoption simple, c’est-à-dire à l’adoption de l’enfant du conjoint par le second membre du couple : F. Bayrou.

-  Opposé à l’adoption par des couples homosexuels : Philippe DeVilliers, J.-M. Le Pen, Nicolas Sarkosy.

-  Ne se sont pas prononcés : A. Laguiller (LO), F. Nihous (CPNT), G. Schivardi (Parti des Travailleurs)

En ce qui concerne la Procréation Médicalement Assistée, les conditions sont très restrictives puisqu’elle n’est autorisée en France que pour les personnes souffrant de stérilité ou de maladies graves transmissibles. Ce sont donc vers des pays voisins acceptant l’insémination artificielle avec donneur, de femme seule ou en couple, que se dirigent les parents qui en ont les moyens financiers.

En 1994, le Parlement Européen commandait un rapport de la Commission des libertés publiques et des affaires intérieures sur l’égalité des droits des homosexuels et des lesbiennes dans la Communauté européenne. Au delà de la lutte contre toutes les formes de discrimination subies du fait de l’orientation sexuelle, le Parlement invitait la Commission à présenter un projet de recommandation garantissant aux couples de même sexe l’ensemble des droits et avantages du mariage ainsi que le droit d’être parent, d’adopter ou d’élever des enfants. L’article 13 du Traité Européen stipule que : « Sans préjudice des autres dispositions du présent traité et dans les limites des compétences que celui-ci confère à la Communauté, le Conseil statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission et après consultation du Parlement Européen, peut prendre les mesures nécessaires en vue de combattre toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle. » Il fut signé par les Etats membres le 2 octobre 1997, à Amsterdam. Il entra en vigueur le 1er mai 1999.

On trouve de longs extraits concernant l’interprétation du droit européen par le TGI de Bordeaux lors de l’annulation du mariage de Bègles, sur le blog de l’avocat Maître Eolas.

Pour un historique détaillé des débats concernant la reconnaissance des unions homosexuelles à travers le monde, se reporter à l’article de wikipedia

Pour un point sur les évolutions et les parutions concernant l’homoparentalité, on peut se reporter à notre Point d’actu intitulé « Quand la famille s’égaye »

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Diversité

(Hyakinthos.eu)


L’engagement du Parlement Européen
Extrait de la résolution datée du 26 avril 2007 : « Suite à un débat sur le développement de manifestations homophobes en Europe, les députés ont adopté une résolution exprimant leur inquiétude quant au développement de l’homophobie en Europe, et visant particulièrement les propos du Ministre polonais de l’Education qui envisage de proposer une loi permettant d’exclure les enseignants ouvertement homosexuels de l’enseignement. [...] Le Parlement appelle à une ‘dépénalisation mondiale de l’homosexualité’ et réitère l’invitation faite à tous les Etats membres de ‘proposer des dispositions visant à mettre fin aux discriminations auxquelles sont confrontés les couples de même sexe’. Il est également demandé à la Commission de s’assurer que le ‘principe de reconnaissance mutuelle’ des lois nationales soit appliqué dans ce domaine, ‘afin de garantir la libre circulation de toutes les personnes au sein de l’Union européenne, sans discrimination aucune’, et de proposer de nouvelles directives européennes pour s’assurer de l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle dans tous les domaines, puisque seules les discriminations au travail sont couvertes par le Droit communautaires. Enfin, la Commission est chargée ‘de traduire en justice les États membres en cas de violation de leurs obligations européennes’. »

Une ONG fédératrice
Créée en 1978, l’ILGA, International Lesbian and Gay Association, est une fédération mondiale d’associations nationales et de groupes régionaux qui s’emploient à obtenir où que ce soit des droits égaux pour les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres. Elle regroupe désormais plus de quatre cents organisations. Tous les continents et environ quatre-vingt-dix pays sont ainsi représentés. Les membres de l’ILGA vont de petits groupes à des collectifs nationaux et des municipalités.
Le site de l’ILGA, fournit l’actualité des démarches entreprises à travers le monde pour lutter contre l’homophobie. Il propose en outre de nombreuses ressources en ligne : magazine, rapports...

Une initiative publique : le Centre de ressources sur le Genre de la Bibliothèque municipale de Lyon
La Bibliothèque municipale de Lyon vient de créer un Centre de ressources sur le genre, les identités, les sexualités et la mémoire gay et lesbienne. Son objet est tout à la fois de proposer une documentation répondant à des attentes intellectuelles ou pragmatiques, mais aussi de restituer la parole et l’expérience des individus et communautés stigmatisés, voire privés du droit à l’existence. Un inventaire ciblé du catalogue général de la BmL est en cours. L’enjeu de ce centre, inscrit au coeur des missions d’information de la Bibliothèque, est une médiation sociale sur des questionnements communs.
Le texte intégral de présentation du Centre se trouve en page 25 du TOPO de mars-avril 2007 (p. 13 du pdf)

Illust : La Lista lesbica (...), 125.6 ko, 800x451

La Lista lesbica italiana al Bari Pride

(Giovanni Dall’Orto
Creative Commons Attribution ShareAlike 2.5)


La marche des fiertés LGBT (Gay Pride)
Cette manifestation se déroule dans la plupart des grandes villes du monde au cours des mois de mai ou de juin, par référence aux émeutes du Stonewall Inn qui se déroulèrent à New York en 1969. Il s’agit d’un événement festif au cours duquel les participants affichent leurs modes de vie, orientations sexuelles et / ou de genre. Pour une description et un historique des « prides » à travers le monde, depuis leurs premiers soubresauts jusqu’à leurs formes actuelles, on peut se reporter à l’article de wikipedia.

Toutes les dates des marches françaises en 2007 sont ici

D’autres ressources

La situation dans le monde
Selon différentes sources reprises par Amnesty International, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans huit pays : Pakistan, Arabie Saoudite, Yémen, Iran, Nigeria, Afghanistan, Soudan, Mauritanie.

Pour connaître l’actualité française et internationale, pays par pays, on peut consulter le site de l’IDAHO

Un rapport détaillé d’Amnesty International sur les persécutions liées à l’identité sexuelles à travers le monde précise, concernant les lesbiennes : « La prévalence, dans la société en général, d’attitudes sexistes et homophobes engendre un climat de violence qui met particulièrement en danger les lesbiennes, aussi bien sur leur lieu de vie ou de travail qu’au domicile. Les jeunes lesbiennes qui révèlent leurs préférences sexuelles sont parfois contraintes par leur famille au mariage ou à d’autres relations sexuelles avec des hommes. Ces relations ou mariages forcés, qui impliquent des rapports sexuels fréquents sans consentement (viols), sont non seulement discriminatoires mais peuvent être assimilés à de la torture ou à de l’esclavage sexuel. Par des tests de virginité ou des grossesses forcées, les lesbiennes sont parfois exposées à des mauvais traitements autres que ceux que subissent les gays et les hommes bisexuels. Étant donné qu’il est plus facile pour la famille et l’entourage de surveiller la sexualité des femmes, les lesbiennes doivent faire face à toute une série d’obstacles pour éviter d’être victimes de mauvais traitements ou obtenir réparation. Dans les sociétés où on les accuse de jeter l’opprobre sur la famille ou la communauté, les femmes qui sont attirées par d’autres femmes, qu’elles se définissent elles-mêmes comme lesbiennes ou non, risquent tout particulièrement d’être maltraitées. » (Amnesty International, Torture. Identité sexuelle et persécutions, Londres, juin 2001)

Quelques références historiques
 Mauvais genre ? Une histoire des représentations de l’homosexualité, par Florence TAMAGNE, EDLM

Un article de cette auteure, issu du numéro 75 de la revue Vingtième Siècle, Revue d’histoire, (juillet septembre 2002), téléchargeable en ligne : Genre et homosexualité, de l’influence des stéréotypes homophobes sur les représentations de l’homosexualité

 Les bûchers de Sodome, histoire des infâmes, par Maurice LEVER, 10/18

Retour sur un choc des cultures :
mars 1971, Ménie Grégoire et le FHAR

Le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) créé en 1971, est issu d’un rapprochement entre des féministes lesbiennes et des activistes gays. Il est connu pour avoir donné une visibilité radicale aux homosexuel-le-s en rupture d’autres groupes homos plus discrets. Partie prenante des soulèvements étudiants et prolétaires de 68, les membres du FHAR revendiquent « la subversion de l’État bourgeois et hétéropatriarcal, ainsi que le renversement des valeurs machistes et homophobes des milieux de gauche et d’extrême gauche. »
Le 10 mars 1971, le FHAR se fait connaître en interrompant une émission de Ménie Grégoire diffusée sur Radio Luxembourg et intitulée : « L’homosexualité, ce douloureux problème ». Le groupe s’exprime également à travers quelques numéros du journal gauchiste Tout !, dans lequel il revendique la liberté sexuelle de tout individu et appuie, à sa manière, le Manifeste des 343 salopes. Un numéro est saisi par la police et le directeur de publication, Jean-Paul Sartre, poursuivi en justice. En juillet 1971, les poursuites sont abandonnées.

Retranscription de l’émission de Ménie Grégoire

Tout ! n° 12 (avril 71)

Le point G - Centre de ressources sur le Genre



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