![]() |
Les « années de plomb », 20 ans après.
L'essentiel pour comprendre :
Brigades Rouges
Les Brigades rouges, organisation terroriste d’extrême gauche fondée en 1973, ont semé la terreur sur l’Italie au cours des années 70-80. De "Nouvelles Brigades Rouges" s’étaient déjà manifesté par les assassinats de deux consultants du gouvernement en droit du travail, Massimo D’Antona (1999 à Rome) et Marco Biagi (2002 à Bologne). La récente arrestation de 19 personnes soupçonnées de préparer des attentats fait ressurgir le spectre des « années de plomb ».

Brigades rouges
Ed. Panama
Brigades rouges : l’histoire secrète des BR racontée par leur fondateur : entretien avec Giovanni Fasanella, par Alberto FRANCESCHINI, éd. Panama
Histoire du mouvement brigadiste, croisant documents, analyses et témoignages des protagonistes, y compris celui de l’auteur, cofondateur des BR, arrêté en 1974, "dissocié" en 1982, aujourd’hui journaliste après avoir purgé dix-huit ans de prison.
L’action des BR qui a le plus marqué les esprits est probablement l’enlèvement du président du conseil, par l’effet sur les institutions et la politique intérieure du pays. La captivité de 55 jours d’Aldo Moro se terminera par son exécution le 9 mai 1978.
Mon sang retombera sur vous : lettres retrouvées d’un otage sacrifié, par Aldo Moro, Tallandier
Cet ouvrage réunit les lettres que l’ancien président du conseil italien, Aldo Moro (1916-1978), écrit à ses proches lors de sa captivité. A la suite d’un attentat, A. Moro est retenu prisonnier pendant cinquante-cinq jours par des membres des Brigades rouges qui organisent un simulacre de procès. Sa captivité prend fin avec son exécution le 9 mai 1978.
Buongiorno notte, un film de Marco BELLOCHIO, DVD, Océan Films
Rome, 1978. Chiara, jeune terroriste engagée dans la lutte armée, est impliquée dans l’enlèvement et la séquestration d’Aldo Moro. A travers ses yeux nous voyons se dessiner l’univers complexe des "années de plomb". Sa foi absolue dans la révolution l’emprisonne dans les rituels de la clandestinité. En contrepoint, elle mène une vie au grand jour, un quotidien ordinaire : le boulot, le bureau, les collègues et un petit ami qui semble la connaître mieux qu’elle ne se connaît elle-même. En conflit avec les autres membres du groupe, elle se sent de plus en plus mal à l’aise dans son rôle de combattante tandis que le passé et le présent ébranlent ses certitudes. (Site du film)
Toni Negri : des années de plomb à l’Empire, DVD, ed. Montparnasse
Pour beaucoup d’Italiens, il est le "cattivo maestro" (le mauvais maître), un révolutionnaire marxiste, longtemps chef présumé des Brigades Rouges et soupçonné d’être le commanditaire de l’enlèvement et du meurtre du démocrate chrétien Aldo Moro en 1979. Figure emblématique de l’extrême-gauche et des "années de plomb", cette guerre civile qui mit l’Italie à feu et à sang dans les années 70 et 80, Toni Negri a connu la fièvre révolutionnaire, la prison puis l’exil.
D'autres perspectives :
Fraction Armée Rouge
Une des figures du mouvement terroriste d’extrême gauche allemand Fraction Armée Rouge, Brigitte Mohnaupt doit être libérée le 27 mars 2007. La décision du tribunal de Stuttgart, estimant que « l’accusée ne présente plus de dangerosité » relance le débat opposant les victimes d’attentats et les partisans de la réinsertion.

RAF
Ed. L’échappée
RAF, guérilla urbaine en Europe occidentale, par Anne STEINER et Loïc DEBRAY, éd. L’échappée
Les auteurs reviennent sur l’histoire du groupe de lutte armée allemand Fraction armée rouge et montrent comment il a pu se constituer dans les années 1970 dans un pays économiquement développé et doté d’institutions démocratiques. Ils s’appuient sur un examen exhaustif de la presse allemande de 1968 à 1977, sur le dossier d’accusation du procès des chefs du groupe et sur les écrits des militants.
Ulrike Marie Meinhof, un film de Timon Koulmasis
Voyage à travers l’Allemagne moderne pour tenter de recomposer l’image d’Ulrike Meinhof qui fut le cerveau de la Fraction Armée Rouge dite « Bande à Baader ».
Pourquoi nous arrêtons : déclaration de la Fraction Armée Rouge de 1998 annonçant sa dissolution après 28 ans de lutte armée.
Action Directe
En France, l’arrestation de
Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Georges Cipriani et Joëlle Aubron en février 1987, marquait la fin du groupe Action Directe. Seule la dernière a pu sortir de prison pour raisons de santé en 2004. Les autres ont passé vingt ans en prison et sont juridiquement libérables depuis deux ans. Leurs demandes de libération conditionnelle n’aboutissent pas.
Action directe : du terrorisme français à l’euroterrorisme, par Alain HAMON, Seuil
Comment quelques jeunes d’après 68 sont devenus en 10 ans un redoutable noyau terroriste. Comment la France set de point de rencontre et de passage à ce nouveau terrorisme. Pourquoi la Belgique, l’Allemagne et la France n’ont pu encore stopper le progression de l’euroterrorisme. Une enquête menée par deux reporters en 1986.
La longue traque d’Action directe, par Roland JACQUARD, A. Michel
L’auteur, spécialisé dans les grandes enqûêtes sur le terrorisme, nous aide à comprendre comment des jeunes français et françaises devenus anarchistes ont pu verser dans le terrorisme et devenir les assassins du général Audran, de Georges Besse et de plusieurs policiers. (paru en 1987).
Voir aussi les articles de Wikipédia, Années de Plomb, Brigades rouges, Action Directe et Fraction Armée Rouge.
Des romans aussi reviennent sur ces "années de plomb" en Italie
Alonso et les visionnaires, par Anna-Maria ORTESE, Gallimard
Ce roman débute comme un roman policier où s’emmêlent surnaturel et réalité. Stella Winter, la narratrice, se lance dans une sorte d’enquête qui la conduit à découvrir, grâce aux échanges épistolaires entre son vieil ami américain Jimmy Op et le professeur Decimo, que ces derniers ont joué un rôle majeur dans les évènements sanglants de l’Italie des "années de plomb".

Acide, arc-en-ciel, par Erri DE LUCA, Rivages
Dans ce recueil de nouvelles Erri de Luca trace trois portraits d’amis d’enfance. L’un des trois est un ouvrier émigré du Sud de l’Italie à Paris, revenu dans son pays pour s’engager dans le terrorisme. L’auteur, Erri de Luca a milité également, jusqu’en 1976, au sein du mouvement gauchiste "Lotta continua".

Romanzo criminale, par Giancarlo DE CATALDO, Métailié
Entre 1977 et 1992 la Bande de la Magliana réussit à imposer à Rome une organisation contrôlant l’essentiel des activités illégales. En devenant les rois de la pègre de la capitale les membres de la bande vont se retrouver mêlés aux complots d’Etat et d’extrème-droite, aux affaires de terrorisme (enlèvement de Moro), aux activités des différentes mafias, bref à toute l’histoire secrète de l’Italie du dernier tiers du XXe siècle. Giancarlo De Cataldo, magistrat romain, réécrit cette histoire en s’appuyant sur une documentation précise.

Très autobiographique ce roman relate les "années de plomb" de l’extrême gauche italienne entre 1975 et 1982. Claudio, délinquant de droit commun et Stefano, intellectuel universitaire, se rencontrent et leur itinéraire est celui qu’emprunte l’ensemble de la lutte armée, avec, au bout du chemin, une fin inéluctable qui se résume en un choix : la mort ou la fuite à l’étranger. On peut compléter la lecture de ce roman avec les textes et documents rassemblés par Fred VARGAS dans :
La vérité sur Cesare Battisti
Un roman plus ancien dont le contexte historique est celui de la vague terroriste en Allemagne dans les années 1970
L’honneur perdu de Katharina Blum, par Heinrich BOLL, Seuil
Dans ce roman, Heinrich Böll, prix Nobel de littérature, décrit la révolte d’une jeune femme mêlée à un fait divers politique, contre une presse qui la traîne injustement dans la boue. L’action se situe à Cologne en 1974. Katharina Blum fait la connaissance d’un homme recherché pour ses activités terroristes. Elle l’héberge pour la nuit et se trouve dès lors prise dans un terrible engrenage.
