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Grands magasins
Le Grand Bazar est mort, vive le Grand Bazar !
12/12/2006

Institution lyonnaise par excellence, doyen des grands magasins de Lyon, le Grand Bazar qui animait le coeur de la ville depuis l’automne 1886, a été régulièrement rénové, modernisé au fil des décennies, et s’est résolument adapté aux nouvelles techniques de vente, défiant ainsi le temps avec succès : il semblait éternel.
Sa destruction, puis la reconstruction, à sa place, d’un immeuble moderne, restera longtemps dans les mémoires : mémoire des riverains, pour qui le Grand Bazar était un élément de la vie locale, mémoire des investisseurs et des locataires, le prix des bureaux prévus atteignant les 240 euros au mètre carré de location, mémoire des constructeurs enfin, pour qui le chantier est un véritable défi.


 L'essentiel pour comprendre :

Doc : Futur Grand Bazar (...), 930 ko, 150x94

Futur Grand Bazar de Lyon

Site officiel

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LE PROJET : L’OPERATION, LE COUT, LE BATIMENT

C’est sous la forme d’un bâtiment futuriste de verre et de métal, se dressant sur 5 niveaux, que va renaître le Grand Bazar - devenu sur sa fin, Grand Bazar - Monoprix - et qui occupait alors 2713 m2 sur 3 niveaux.
Le nouvel immeuble offrira 4382 m2 de surface commerciale, répartis sur les 3 premiers niveaux :
* 3332 m2 pour le Monoprix - Grand Bazar, qui reste dans les murs,
* 1050 m2, pour H & M, déjà présent à Lyon, dans le Centre commercial de la Part-Dieu,
* 2600 m2 de bureaux, occupant les derniers niveaux,
* 262 places de parking, sur 5 niveaux en sous-sol, font également partie du projet, qui seront réparties entre clients et résidents du quartier.

Cette opération immobilière menée par le promoteur VIRGIL, a été autorisée par la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC), en mai 2004, entraînant nombre remous et péripéties dans la population, ainsi qu’en témoigne ce forum sur le site du Grand Lyon. Une visite de ce chantier assez exceptionnel a été organisée, début novembre, pour une délégation de magistrats, par M. André Hours, président fondateur de la Commission nationale des architectes experts.

Doc : Le Grand Bazar encore, 75.5 ko, 150x113

Le Grand Bazar encore debout

P. Rassaert

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Voir :

-  Lyon fait renaître son Grand Bazar, in Journal du textile, 25 août 2004, p.28
-  Le Grand Bazar va être démoli et reconstruit, in Les Echos, 15 juillet 2004, p.4
-  C’est décidé : le Grand Bazar va être démoli et reconstruit, in Le Progrès, 8 mai 2004, p.8
-  Projet Grand Bazar de Lyon : Décision numéro B-2004-2349
-  Projet Grand Bazar de Lyon : Décision numéro B-2004-2468

Le coût total de l’opération s’élève à 40 millions d’euros, pour une surface totale de 8878 m2 :
* 23 millions consacrés au gros œuvre par VIRGIL
* 15 millions investis par Monoprix et
* 2 millions par H&M, pour le fonctionnement et l’architecture intérieure des magasins.

Conçu par les architectes Jean-Pierre Buffi, ancien architecte-conseil de la Ville de Lyon, et Philippe de Fouchier, le futur bâtiment se veut homogène et de hauteur constante sur ses 4 façades. Deux volumes le composent : le socle, constituant les 3 premiers niveaux, recherche un maximum de transparence, accentuée par un inclinaison des façades vers l’extérieur, et le volume suspendu, plus opaque, couvre les 2 niveaux supérieurs de commerces jusqu’aux étages de bureaux, souligné par des lames horizontales métalliques. Les façades du socle seront en verre agrafé soutenu par une structure intérieure métallique et légère. La toiture sera revêtue de cuivre d’une couleur identique aux lames horizontales dans le haut du bâtiment. Le choix du verre et du métal participe à l’homogénéité et au caractère contemporain du bâti.

Voir :
-  Verre et métal pour le futur Grand Bazar, in Le Progrès, 2 juillet 2004, p.8
-  Un objet léger qui fasse vibrer la lumière, in Le Progrès, 7 juillet 2004, p.7
-  Une respectueuse transparence, in Le Moniteur des TP et du bâtiment, 13 août 2004, p.24
-  Une vraie transparence, in Lyon citoyen, novembre 2006, p.18

UN PEU D’HISTOIRE : CREATION, GRANDEUR, DECADENCE

Alors que sous le Second Empire, la percée de la rue Impériale venait d’être réalisée, un commerçant audacieux, Jean Dabonneau, prit l’initiative, en 1856, d’occuper le vaste quadrilatère entre la rue Tupin et la place des Cordeliers. Le magasin " A la Ville de Lyon " était né, "plus vaste que les plus grands magasins de Paris".
C’est sous le Second Empire, en effet, que s’est produite la première, sinon la plus importante, des révolutions dans le domaine du commerce de distribution, avec l’ouverture du Bon Marché , à Paris, en 1852.
Lyon, première métropole régionale, se doit de réagir en ouvrant le même type d’établissement. Très vite, le magasin applique tous les principes de vente de la nouvelle formule : importance de la surface offerte à la clientèle, très large gamme d’articles, politique de bas prix, prix fixes, entrée libre des clients, recours à la "réclame", par la presse ou l’affichage, tous éléments qui nous paraissent banals aujourd’hui, mais qui sont autant de nouveautés, alors.
Trente ans plus tard, en 1885, à la suite d’erreurs de gestion, Jean Dabonneau est contraint de vendre son magasin (il se réinstallera plus modestement, place des Terreaux), rapidement repris par Henri Perrot, qui fonde alors la Société anonyme "Le Grand Bazar". Henri Perrot est à ce moment-là une personnalité qui compte à Lyon, puisqu’il avait fondé, à l’entrée du Passage de l’Argue, le Grand Magasin " Aux Deux Passages ", visant une clientèle plus bourgeoise que son concurrent Dabonneau, au même moment. Au Grand Bazar, la formule restera celle des origines, en subissant des aménagements : la gamme des articles est élargie, la spécialisation vers la clientèle modeste est accentuée - les Deux Passages restant dédiée à la clientèle bourgeoise - et le recours à la publicité est systématique.

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Le Grand Bazar de Lyon

Fonds Sylvestre BML

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Le premier Grand Bazar

Fonds Sylvestre BML

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En 1886, la marquise est ajoutée en façade. En 1914, un étage est rajouté à l’édifice. Un troisième étage partiel est ajouté entre les deux guerres.

Pendant trois quarts de siècles, le Grand Bazar tiendra le devant de la scène commerciale lyonnaise, atteignant son apogée vers 1933, où les techniques de vente poussées, une politique du personnel exigeante, une ouverture croissante sur le monde, les livraisons à domicile, enfin l’ajout d’une dimension conviviale et festive, avec les restaurant, bar, salon de thé, spectacles...lui assureront le succès.

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Le Grand Bazar , surrélévation

Fonds Sylvestre BML

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Le Grand Bazar, surrélévation

Fonds Sylvestre BML

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Puis, c’est l’amorce du déclin, dûe pour partie à la crise mondiale, mais aussi à des erreurs de gestion : trop d’extension des locaux, de personnel, des vols...l’esprit "maison" s’est relâché. C’est alors la traversée du désert, jusqu’aux années 50, où une reprise se fait, mais le temps du monopole est révolu et un changement, nécessaire.
En 2000, un projet de restauration échoue, car il est impossible de mettre aux normes les éléments métalliques qui constituent la structure du bâtiment.
La démolition, suivie de reconstruction, est incontournable.

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Le Grand Bazar

Fonds Sylvestre BML

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Voir :
-    Le Grand Bazar de Lyon : de 1886 à nos jours : par Françoise Loisel et Christophe Matrat

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Le Grand Bazar


-    Les employés du Grand Bazar de Lyon : 1886-1950
-  Rideau sur le Grand Bazar, in La Renaissance du Vieux-Lyon, juin 2004
-  Cent cinquante ans de bons et loyaux services, in Lyon-Figaro, 3 mai 2005

LE CHANTIER : DEMOLITION, FOUILLES, RECONSTRUCTION

Après la fermeture du Grand Bazar, péripéties et avatars commencent avec le désamiantage, en mai 2005, puis, jusqu’en septembre, la destruction du bâtiment.

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Début des travaux

P. Rassaert

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Les équipes de la Cardem démolition SA qui devaient boucler la démolition en 4 semaines, ont été ralenties par la nécessité de détacher avec précaution les cardages métalliques découverts, cerclant le bâtiment, et par l’hétérogénéité de la structure, compliquant le tri des matériaux.
Des piliers métalliques doivent alors être installés pour soutenir la rue Tupin qui se trouve maintenant dans le vide (les sous-sols de l’ancien Grand Bazar continuaient sous l’église Saint Bonaventure et la "rue de la Ré").
Après quoi sont intervenues les fouilles archéologiques... La fouille préventive prescrite et contrôlée par le Service régional de l’archéologie, qui avait fait procéder à des sondages le printemps précédent, peut alors commencer, en septembre 2005 : elle a été confiée à l’INRAP, par la Sarl Lyon République (filiale du groupe VIRGIL-Monoprix) qui finance l’opération, et elle fera d’intéressantes découvertes.

Voir :
-  Fouilles archéologiques sur le site du Grand Bazar à Lyon (Rhône), 22 novembre 2005
-  Grand Bazar place aux fouilles, in Le Progrès, 28 sept. 2005
-  L’INRAP en charge du chantier, in Le Progrès, 25 octobre 2005
-  Les secrets de Lugdunum, in Le Progrès, 2 août 2006

La déconstruction brutale, pour les badauds, des façades de la "rue de la Ré", puis des Cordeliers, laisse voir, à travers les palissades, bordant le futur grand trou, les immeubles de la rue Tupin - du jamais vu depuis 120 ans !

Voir :
-  Grand Bazar, gros chantier, in Le Progrès, 31 juillet 2005
-  Le Grand Bazar : la fin est proche, in Le Progrès, 25 août 2005
-  Le Grand Bazar a vécu, in Le Progrès, 26 août 2005
-  Nouvelles perspectives aux Cordeliers, in Le Progrès, 14 septembre 2005
-  La rue Tupin sur pilotis, in Le Progrès, 28 septembre 2005

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Doc : Le Palais de la Bourse, 174.8 ko, 150x113

Le Palais de la Bourse est visible

P. Rassaert

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Les lyonnais prennent goût à la perspective nouvelle, à la soudaine révélation de la belle Chambre de commerce et de l’église Saint-Bonaventure, en pleine lumière et se mobilisent pour demander un jardin ou un square.

Voir :
-  Un jardin à la place du Grand Bazar ?, in Le Progrès, 22 septembre 2005
-  Des militants pour le "jardin du Grand Bazar", in Le Progrès 31 octobre 2005
-  "Faites de cet espace un square" in Le Progrès, 4 novembre 2005

Des fondations spéciales ont dûes être entreprises, afin de prévenir tout risque d’éboulement. Une technique particulière a dûe également être mise en place pour pouvoir travailler à la fois en sous-sol et en surface, qui permet d’éviter les tirants d’ancrage sur le voisinage, très encombré avec le métro, les égouts, la nappe phréatique, les fondations de l’église et des immeubles. Outre ces difficultés techniques, il a fallu organiser pompage et rejet de l’eau rencontrée. Enfin, parallèlement à la finalisation du sous-sol, en même temps que les infrastructures, la superstructure, c’est-à-dire l’immeuble par lui-même, va pouvoir commencer, dont on attend avec impatience et curiosité, la livraison, en août 2007.

Voir :
-  Le Grand Bazar, à un an de sa livraison, in Le Progrès, 19 août 2006
-  Grand Bazar : un chantier rare, in Le tout Lyon en Rhône-Alpes, 4 novembre 2006


 D'autres perspectives :

Voir :
-    Nouvelle architecture commerciale / par Raul Barreneche
-    Les boîtes : les grandes surfaces dans la ville / par René Péron,

-    Bienvenue au grand magasin / par la réalisatrice Julie Bertuccelli

-    Fin de siglo / par les réalisateurs Marilyn Watelet et Szimon Zaleski

et aussi :
-    Au bonheur des dames / par Emile Zola,

-    Le grand magasin, son origine, son évolution, son avenir / par H. Pasdermadjian (la vision des choses en 1949...)

pour la nostalgie du passé...



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