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L’exploration de Mars
Si Mars est connue depuis l’Antiquité, l’observation de sa surface n’a pu débuter qu’au XVIIe siècle, avec l’invention de la lunette astronomique. De nombreux astronomes visent la planète rouge avec leurs instruments. Retenons Christian Huygens et Giovanni Cassini, les premiers à découvrir les calottes polaires de Mars en 1659 et à déterminer le jour martien (24 heures 40 minutes), William Herschel mesurant l’inclinaison de la planète et concluant à l’existence de saisons analogues aux saisons terrestres.
Retenons surtout Giovanni Schiaparelli. En 1877, il dresse une cartographie précise de Mars et note d’étranges lignes droites sur la surface qu’il nomme « canale » en latin. Trop vite traduits en français voici donc apparaître les « canaux » de Mars, forcément creusés par une intelligence extra-terrestre !
D’autant que Schiaparelli observe que ces canaux relient des zones sombres qu’il nomme en latin « mare ». Des océans et des canaux striant les terres émergées de Mars, comme le confirment les observations de l’Américain Percival Lowell à partir de 1894.
Malgré quelques observations dissonantes (Eugène Antoniadi démontre en 1920 que les canaux sont une illusion d’optique), la chose est entendue pour beaucoup. Les martiens existent. Il ne reste plus qu’à leur rendre visite.

Mars et ses canaux

PlaneteRouge
1957 : le satellite soviétique Spoutnik lance la course à l’espace entre l’URSS et les Etats-Unis. Mars est, après la Lune, est un des premiers objectifs convoités par les deux puissances spatiales. Les Russes tirent les premiers et envoient cinq sondes entre 1960 et 1962. Cinq échecs, hélas. Les premières images de Mars en gros plan seront l’œuvre de Mariner 4, sonde américaine qui survole Mars en juillet 1965 et envoie 22 photos historiques à la Terre. D’autres sondes américaines rééditeront l’exploit (Mariner 6, 7 et 9) et deux sondes russes parviendront enfin à photographier Mars en 1971 (Mars 2 et 3). Mais nous jetterons un voile pudique sur les nombreuses missions soviétiques et américaines avortées entre 1965 et 1971. Les Russes d’ailleurs se concentreront alors sur Vénus (sondes Venera) avec bien plus de succès.

Histoire des sondes
Philippe Séguéla / Histoire visuelle des sondes spatiales : 50 ans d’exploration, 2009. L’ouvrage ne porte pas uniquement sur Mars, mais le chapitre sur l’exploration de la planète rouge est particulièrement fourni. 80 pages pour être incollable sur les sondes et robots « martiens », de Mariner 4 (1964) à Phoenix (2008).
L’étape suivante dans l’exploration de Mars est l’atterrissage en douceur d’un engin. Le premier à réaliser cet exploit est soviétique : Mars 3 se pose le 2 décembre 1971 en douceur, bardé d’instruments de mesure... et tombe définitivement en panne au bout de vingt secondes. вот так штука !
La vraie première mission scientifique réussie est l’œuvre des sondes américaine Viking 1 et Viking 2 qui se posent sans problème en juillet et septembre 1976. Le programme inaugure aussi un nouveau concept : un Orbiter reste autour de la planète et la mitraille de photos tandis qu’un Lander se pose sur le sol. Les deux robots VL1 et VL2 (VL = Viking Lander) fonctionnent plusieurs années, VL1 s’arrêtant en dernier en novembre 1982.
Si la mission est un succès par la quantité de données fournies (photographies, films, analyse de l’atmosphère, des échantillons récoltés), il reste qu’il n’a pas été trouvé de preuve d’une vie ou trace de vie sur Mars, du moins dans les abords immédiats des sites d’atterrissage.
Olivier de Goursac / A la conquête de Mars, 2000. Toute la conquête de Mars et de la recherche de la vie sur cette planète. Le propos est intéressant, mais l’ancienneté de l’ouvrage (2000) le pénalise

Conquete de Mars
Curiosity sera-t-il le premier à découvrir la vie sur Mars ? Il a environ deux ans d’autonomie devant lui pour tenter d’y parvenir. Sa mission doit l’amener du fond du cratère Gale jusqu’au sommet du pic situé en son centre, l’Aeolis Mons, 5000 mètres plus haut.
Les plus mordus peuvent télécharger une application pour suivre Curiosity à la trace depuis leur canapé.
Et se rendre directement sur place en lisant l’ouvrage de Pierre Lagrange :
Sur Mars, 2003.
Encore un ouvrage sur Mars, ses canaux, son exploration, nous direz-vous ? Oui.

SurMars
Près de quarante sondes, orbiteurs et atterrisseurs, ont été envoyées vers Mars depuis le début des années 1960. Si la connaissance de l’histoire géologique de la planète a progressé, pour l’instant aucune trace de vie en vue.
Ironie du sort, on a pensé un moment avoir trouvé des bactéries fossiles dans une roche martienne... échouée sur Terre, une météorite trouvée en Antarctique en 1984, ALH84001. On peut se poser légitimement la question des dépenses astronomiques engagées dans cette recherche de la vie sur notre voisine rouge si un simple caillou trouvé sur Terre peut plus nous en apprendre que les sondes grattant le sol martien.
Dans son ouvrage Mars planète bleue ?, Jean-Pierre Bibring répond à ce questionnement.
Il replace l’aventure de l’exploration de Mars dans la quête de la présence de l’eau en grande quantité par le passé. Sa présence est désormais attestée et on a découvert des traces de son action sur les argiles martiennes (argiles hydratés). Or les argiles ont une structure en feuillets qui catalyse la polymérisation des molécules organiques

MarsPlaneteBleue
En 1910, Percival Lowell affirmait en conclusion de son ouvrage :
« Ce que Mars nous aura appris nous servira à mieux connaître notre Terre mais aussi cet Univers dont nous ne sommes qu’une parcelle. »
Si la vie est découverte sur Mars par Curiosity ou un de ses successeurs, on ne pourra que donner raison à l’astronome américain.