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 The devil ain’t got no music
Lurrie Bell
(Aria B.G.)

29/06/2012 Illustration du document présenté

Il fut un temps où un musicien noir devait choisir entre une carrière dévolue à la musique de Dieu ou à celle du diable. Ce fut sûrement le cas à l’époque de Carey Bell, père de Lurrie et immense harmoniciste du Chicago blues. C’est d’ailleurs derrière son père que Lurrie, jeune adolescent commence sa carrière de chanteur et guitariste, sur les traces de Buddy Guy, son mentor. Après plusieurs albums "familiaux" dont les très remarqués "Son of a gun" (1984) et "Second nature" (2004), Lurrie produira lui aussi en leader de très bons albums de Chicago blues tels que "Mercurial son" (1995), "700 blues" (1997) ou encore "Blues had a baby" (1999).

Alors pourquoi un album de gospel à plus de 50 ans ? Parce qu’avant de suivre son père sur les routes du blues, c’est bien le gospel qui berça le jeune Lurrie, notamment chez son grand père pasteur dans l’Alabama (encore une histoire de famille). Mais surtout Lurrie Bell est convaincu d’une chose c’est que le gospel et le blues sont bien la même chose, le même feeling, la même passion, c’est juste le sujet qui change. Et on s’en rend bien compte sur ce disque où Lurrie produit un gospel de chambre, aux ambiances feutrées, très loin des grandes incantations syncopées des églises : le blues et le gospel fusionne à merveille.

La richesse de cet album vient autant du changement continu de distribution tout au long des 12 morceaux, qu’à l’expression intense que chacun dégage de ses instruments.

Sur certains titres il invite par petites touches une contrebasse (Josef Ben Israel), un harmonica feutré (Billy Branch et Matthew Skoller), des hand claps soutenus (Bill Sims Jr.), des percussions intimes (Kenny Smith) ou des vocaux légers. Sur d’autres c’est l’excellent chanteur et guitariste Joe Louis Walker qui le soutient à la slide (formidable "it’s a blessing").

Deux titres évoquent particulièrement une trinité en parfaite symbiose : "I’ll get to heaven on my own", composition de Joe Louis Walker, où le trio chant-guitare-hand-clapping distille une énergie particulière et sur "Way down in the hole", transcendante reprise de Tom Waits (chant-percussion-chant) où le scat de Cynthia Butts répond au prêche de Lurrie sur fond d’envoûtantes percussions.

Jusqu’au dernier morceau "Death don’t have no mercy", titre de Reverend Gary Davis où se retrouvant seul avec sa guitare, Lurrie Bell exécute un magnifique "call & respons" entre son chant très expressif et sa guitare acoustique : à Dieu de décider.





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