points d'actu !


Nuits de Fourvière 2012
Chemins de traverse
7/06/2012
Certes, les festival des Nuits de Fourvière est un festival estival pluri-disciplinaire. Néanmoins, chaque année, sa partie musicale propose la venue de têtes d’affiches, la découverte de nouvelles têtes, de ceux qui ont fait l’actualité de l’année écoulée mais aussi de prestations inédites ou en exclusivité. Mais, plutôt que d’en faire une présentation exhaustive et trop promotionnelle, penchons nous sur quelque-uns des concerts proposés pour en découvrir leurs a-côtés, leurs contextes, les traditions ou esthétiques musicales qu’ils peuvent documenter... leurs backstages...


Illust : Nuits de Fourvière, 10.4 ko, 271x186

NUIT PEPLUM (17 juin)

Le péplum a attiré les plus grands réalisateurs, de Méliès à Fellini, d’Oliver Stone à Pasolini. Genre bâtard ou total, selon les points de vue, un des premiers héritiers du théâtre classique et de l’opéra ou un sous-genre du cinéma. Et que serait un péplum sans sa musique, Aïda sans ses trompettes ?

-  Troie (Troy) - Film de Wolfgang Petersen - Musique de James Horner

-  300 - Film de Zack Snyder - Musique de Tyler Bates

-  Spartacus - série TV - Musique de Joseph Loduca

-  Gladiator - Film de Ridley Scott - Musique de Hans Zimmer

-  Ben Hur - Film de William Wyler (1959) - Musique de Rosza Miklos

-  The Eagle (L’Aigle de la neuvième Légion) - Film de Kevin McDonald - Musique d’Atli Örvasson

-  Clash of the Titans (Le choc des Titans) - Film de Louis Leterrier - Musique de Hans Zimmer

-  La Passion du Christ - Film de Mel Gibson - Musique de John Debney

-  Alexandre - Film d’Oliver Stone - Musique de Vangelis

-  Coriolan : Une des ouvertures les plus célèbres de Beethoven, couplée ici avec la 3ème symphonie, « héroïque »

peplum by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

DOMINIQUE A (18 juin)

Considéré à ses débuts comme l’inventeur de la chanson minimaliste à travers son 1er album La fossette, Dominique A ne vient pourtant pas de nulle part : à travers ses reprises, il est possible d’établir un arbre généalogique de ses influences

Chiqué chiqué (Christophe)

Présent sur le 2ème album de Dominique A, Si je connais Harry, Chiqué chiqué est un titre que le chanteur semble réticent à jouer aujourd’hui sur scène. Pourtant, le parallèle avec Christophe semble aujourd’hui évident : même univers mélancolique, une exigence et un besoin d’expérimentation indéniables.

And the (s)he kissed me (Gary Glitter)

Une reprise de Gary Glitter, figure emblématique du glam (et de tout ce qui va avec : paillettes, tenues exubérantes...) par Dominique A, cela peut surprendre. Pourtant, en regardant les crédits de cette chanson, on peut supposer qu’il s’agit ici plutôt d’un hommage à l’un des compositeurs de ce titre : le producteur fou Phil Spector, inventeur du « wall of sound ».

Je t’ai toujours aimé (Polyphonic Size)

Groupe belge du début des années 80, aujourd’hui oublié, Polyphonic Size produisait une musique synth-wave assez minimaliste, produite par J.J. Burnel des Stranglers, pas si éloignée du disque inaugural de Dominique A.

J’ai tué l’amour (Barbara) / Les enfants du Pirée (Dalida)

Au début des années 2000, Dominique A sort Auguri, disque plus classique après les expériences de Remué. Il en profite aussi pour assumer un héritage jusqu’ici caché : la chanson française à travers ces deux reprises de deux grandes dames, Barbara et Dalida.

Teenage kicks (Undertones)

Peut-être la reprise la plus jouée par Dominique A lors des concerts, elle constitue sans doute le tribut du chanteur au punk.

West terne (Sapho)

Une reprise dépouillée, quasiment folk, de Ouest terne de Sapho que Dominique A rebaptise pour la faire apparaître sur la K7 Une femme chante sur le quai offerte aux spectateurs de sa tournée solo de 2001.

Je t’aime tant (Jacno) / Mon camarade (Léo Ferré)

Dominique A n’hésite pas à participer à des disques hommages à des artistes qu’il admire que ce soit Jacno ou Léo Ferré (par l’intermédiaire d’une chanson écrite par Jean-René Caussimon).

Le bal des Laze (Michel Polnareff)

Reprise difficile à trouver, Le bal des Laze est probablement l’un des meilleurs titres écrits par Michel Polnareff à une époque où ambition, expérimentation et popularité pouvaient naturellement se combiner. Un parallèle peut ainsi facilement être fait avec la démarche du natif de Provins, qui même s’il n’a jamais fait de concession ne fuit (plus) le succès.

Dominique A (reprises) by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

THE STONE ROSES (25 juin)

MADCHESTER : phénomène anglo-anglais qui correspond à la découverte du rap, de la house et de l’ectasy par les lads anglais jusqu’ici versés dans la pop ou le rock. Plus qu’un mouvement purement musical, Madchester remit la ville du nord sur le devant de la scène en créant une nouvelle tribu avec son code vestimentaire, sa coupe de cheveu (la coupe au bol) et son style de vie (on travaille la semaine et on fait la fête tout le week end). Les Stone Roses et leur premier album éponyme en furent une des figures les plus importantes.

Des groupes :

-  Happy Mondays : Le nom de Madchester vient directement du groupe de Shaun Ryder et de leur disque Madchester rave on. Signé sur le mythique label Factory (Joy Division, New Order...), les Happy Mondays en causeront la faillite avec l’enregistrement catastrophique de leur ultime album à la Barbade, prétexte à un séjour fait d’excès en tout genre.

-  The Charlatans : Les débuts du groupe mancunien (les 3 premiers albums) se font sous la bannière du baggy sound (en hommage au pantalon popularisé par le mouvement) avec notamment un clavier hammond au son très psyché. Les Charlatans seront le seul groupe du mouvement à atteindre la première place des charts.

...mais aussi : The Farm, Flowered Up, Inspiral Carpets, James, New Fast Automatic Daffodils, Northside, The Soup Dragons...

Des livres :

-  John Robb Manchester music city : 1976-1996 : Basé sur des entretiens menés avec les acteurs de l’époque, John Robb retrace l’histoire des différentes scènes qui ont émergé dans la ville mancunienne. Ce livre documente donc également le mouvement Madchester et nous apprend que l’uniforme officiel de cette scène, la pantalon baggy, n’a été adopté qu’à la suite d’une erreur de commande d’un des magasins fournisseur des jeunes de Manchester.

-  James Nice La factory : grandeur et décadence de Factory records : Le label de Tony Wilson hébergea un certain nombre des artistes de Madchester (Happy Mondays, James, Northside...). Son histoire est retracée ici notamment à travers l’épopée de du club l’Hacienda, à la fois QG et lieu qui a inspiré les acteurs du baggy sound ou le rocambolesque enregistrement du dernier album des Happy Mondays qui ruinera le label.

Un film :

-  Michael Winterbottom 24 Hour Party People : Biographie (fidèle ?) de Tony Wilson qui montre bien l’effervescence qui a gagné la cité mancunienne à la fin des années 80 et au début des années 90.

Madchester by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

NUIT TANGO (26 juin) : DANIEL MELINGO

Après un détour par le rock argentin (avec le groupe Los Abuelos De La Nada) et le punk espagnol (avec les groupes Los Toreros Muertos et Lions in Love), Daniel Melingo a retrouvé ses racines musicales. Il rénove tout un genre en demeurant fidèle à la tradition et nous offre un tango contrasté, sombre et profond. Melingo écrit ses coplas en lunfardo, l’argot des voyous et on y côtoie la population des bas-fonds porteños qu’il fait vivre à travers sa voix grave et rocailleuse.

Le tango, en plus d’être une danse et une musique vivante, diffusée par des labels qui lui sont propres, est un art de vivre qui marque tous les genres de création en argentine et lui permet de traverser les frontières sous de multiples formes.

Le label Manana

Créé par l’argentin Eduardo Makaroff, un des fondateurs du trio Gotan Project, le label Manana est « dédié à la création dans le tango et au développement de la musique argentine dans le monde ». Maldito Tango (2007) et Santa Milonga (2004), deux albums de Melingo ont été signés chez Manana.

Murga Argentina de Juan Carlos Caceres (2005)

Cáceres est l’un des premiers artistes à avoir signé chez Mañana. Dans cet album, il retrouve les origines africaines du tango et reprend des rythmes traditionnels d’Amérique du Sud : murga, milonga et candombe. Melingo dans son dernier album Corazon & hueso, ouvre son tango à d’autres horizons : l’Espagne avec le fado, la Grèce avec le rebetiko, l’Italie avec le bandonéon...

Evaristo Carriego de Jorge Luis Borgès (1970) (roman)

Ce roman s’attache à la figure d’Evaristo Carriego, auteur populaire et poète argentin. En situant son action à Palermo, banlieue de Buenos Aires, Borges se remémore le quartier de son enfance au début du siècle dernier, le monde du tango, ses petits malfrats... Melingo a beaucoup collaboré avec le poète Luis Alposta et a composé avec lui de nombreux tangos renouant avec la tradition carnavalesque des tangos des années 20 et 30.

Carlos Gardel, la voix de l’Argentine de Carlos Sampayo & José Muños vol 1 & 2 (2008-2009) (Bande dessinée)

José Muñoz et Carlos Sampayo, auteurs argentins et exilés politiques s’approprient la vie de celui qui rendit populaire le tango : Carlos Gardel, pour y raconter l’histoire de leur pays, les révoltes et les frustrations de son peuple. Melingo a également connu l’exil pour fuir la dictature militaire, et il revisite à sa façon le tango-cancion, genre associé à Carlos Gardel.

Nosotros de Diego Martinez Vignatti (2002) (DVD)

Nosostros est un film documentaire sur les héritiers de l’immigration à Buenos Aires, sur le tango héritage tout à la fois musique, danse et façon d’être dans l’Argentine d’aujourd‘hui, et Melingo l’affirme : « Chez moi, on avait le tango dans le sang. Mes oncles maternels étaient des personnages de Parque Patricios, le quartier ouvrier où j’ai grandi. Ils marchaient et s’habillaient tango, ils s’exprimaient en lunfardo, la langue des voyous. »

Daniel Melingo by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

METRONOMY (5 juillet)

C’est en 1999 que démarre l’aventure Metronomy, à Totnes, Devon (Angleterre). Il s’agit au départ du projet solo de Joseph Mount, armé de son ordinateur. Nourri tant à Björk qu’à Aphex Twin, il compose un mix efficace d’électro et de pop. Et lorsque ses créations sortent de sa chambre d’étudiant, elle prennent forme en public grâce à son cousin Oscar Cash et Gabriel Stebbing dans un premier temps. Le groupe est désormais un quatuor, composé de Mount (chant, claviers, guitare), Cash (saxophone, claviers, quitare, choeurs), Anna Prior (batterie et chant) et Gbenga Adelakan (basse et choeurs), même si Mount continue à écrire et à composer seul. C’est d’ailleurs en partie son activité de remixeur qui a fait connaître le nom de Metronomy, ajoutant sa patte électro pop à des artistes aussi éloignés que Franz Ferdinand, Lady Gaga ou Charlotte Gainsbourg...

Les trois albums de Metronomy :
-  Pip Paine (Pay The £5000 You Owe) (2006)
-  Nights Out (2008)
-  The English Riviera (2011)

Et quelques mots de Joe Mount (recueillis en 2006 par Vice.com) sur 4 de ses nombreux remixes :

Ladytron “Sugar” (originale sur l’album “Witching hour”, 2005)

C’est le premier que j’ai fait et ça a pris quelques heures seulement. C’est parce qu’une fois lancé j’étais tellement dedans que je n’ai même pas pris la peine de souffler.

Sebastien Tellier “La Ritournelle” (originale sur l’album “Politics”, 2004)

Etrange celui-ci. J’ai fini par en faire une sorte de morceau techno. J’ai dû beaucoup parlementer avec le gars du label. Je lui envoyais le morceau, et il disait “Oui, oui c’est vraiment bien”, puis il ajoutait toujours “Pourrais-tu rendre le son plus crunk (sous-genre du dirty south, rap sudiste avec un son minimal, répétitif, et des basses puissantes) ?”, et je finissais par accepter. En fait je préfère vraiment qu’on me laisse seul face à mes machines, plutôt que supporter quelqu’un qui veut que ça sonne plus ‘crunk’.

U2 “City Of Blinding Lights” (originale sur l’album “How to dismantle an atomic bomb”, 2004)

J’avais entendu quelques productions de DFA dans un club et j’ai un peu fait ce remix façon DFA. J’ai trouvé ça plutôt bon et j’imaginais Bono l’écoutant en remuant la tête, et se disant “c’est gonflé ce qu’a fait ce gamin avec notre musique. Rendons le riche et célèbre. ». Mais apparemment ce n’est pas parvenu plus loin que le département marketing, et un type a dû se dire “Oh, non, sûrement pas. On ne va même pas leur faire écouter.”

Roots Manuva “Awfully Deep” (originale sur l’album “Awfully deep”, 2005)

Je l’ai fait sonner comme Hall & Oates, un truc funk des années 80. Mais Rodney (Roots Manuva) a enlevé tous les effets que j’avais appliqués aux vocaux. J’ai quand même été payé....

Metronomy a aussi remixé entre autres Klaxons, Gorillaz, Britney Spears, Lykke Li, Joakim, Air, Lady Gaga, Scissor Sisters, etc... Avec toujours en point de mire la boule à facettes et les dalles colorées du dancefloor. Ce virus disco lui vaut d’être souvent comparé au très hype New Yorkais James Murphy (LCD Soundsystem, DFA) et à toute une génération de groupe pratiquant ce mélange tels Hot Chip, Breton, Klaxons.. Dont voici quelques albums significatifs :

-  LCD Soundsystem : Sound of silver (2007)
-  Klaxons : Myths of the near future (2007)
-  Breton : Other people’s problems (2012)
-  Hot Chip : One life stand (2010)
-   ! ! ! (Chk Chk Chk) : Strange weather, isn’t it ? (2010)

Metronomy (remixes) by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark


NUIT FOLK (12 juillet) : Jonathan Wilson

Illust : Jonathan Wilson - (...), 572 ko, 1600x1600

Jonathan Wilson est un jeune artiste américain de même pas 40 ans. Trop jeune pour avoir connu l’époque des pionniers du folk-rock américain qui dans les années 60 ont contribué à forger le son que l’on retrouve aujourd’hui dans le second album de J. Wilson : Gentle spirit. Voici donc un tour d’horizon des influences reconnues ou supposées du chanteur et compositeur nord-carolinien.

Disques :

-  Mr. Tambourine man : Ce sont les Byrds qui sont à l’origine du folk-rock. Fans absolus de Bob Dylan, ils ont l’idée géniale de reprendre sa chanson en l’électrifiant et d’en faire le nom de leur premier album en 1964.

-  Déjà vu : Il s’agit du premier disque studio du quatuor Crosby, Stills, Nash & Young qui paraît en mars 70 et se classe très vite numéro 1 des ventes aux Etats-Unis. C’est en fait en 1969 que Neil Young, un "père" pour J. Wilson, rejoint Crosby et ses acolytes pour un festival historique : Woodstock.

-  Highway 61 revisited : 1965, le tournant : après que les Byrds aient repris sa chanson Mr. Tambourine man en l’électrifiant, c’est au tour de Bob Dylan de se lancer pour de bon dans le son folk-rock avec l’aide du "Clapton américain", Mike Bloomfield. Résultat, ce disque est aujourd’hui un des albums essentiels du rock américain avec notamment la chanson Like a rolling stone.

-  American beauty (3 versions possibles) : Ce coup-ci, nous sortons de la sphère purement folk-rock pour aborder une autre influence de Jonathan Wilson. Il y a dans son album un côté "psychédélique" comme sur le titre Natural rhapsody par exemple. Cette parenté guitaristique entre Jonathan Wilson et le Grateful Dead pourrait être élargie aux groupes Jefferson Airplane, Pink Floyd ou bien encore à Jimi Hendrix.

Autres supports :

-  Films documentaires sur Woodstock : Pourla plupart des artistes cités plus haut le festival de Woodstock, qui se déroula à la mi-août 1969, fut l’évènement musical le plus mémorable auquel ils aient participé. Grâce notamment à la captation vidéo de Michael Wadleigh vous pouvez, en quelque sorte, revivre ce moment historique.

-  La guitare dans tous ses états : Quel est l’instrument emblématique de la musique électrifiée ? Bien sûr, il s’agit de la guitare. Que ce soit chez Jonathan Wilson ou bien sur la musique de ses devanciers, fondateurs du folk-rock, cet instrument s’est avéré incontournable et a évolué en même temps que le genre.

Jonathan Wilson by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

NUIT INDIENNE (13 juillet)

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Trois familles de l’Inde du Nord en Occident

-  La famille Shankar a joué un rôle essentiel dans la rencontre de la musique traditionnelle savante indienne avec les musiques occidentales. Un des premiers musiciens indiens à se produire en Occident, Allaudin Khan (qu’on ne peut entendre que sur un disque de la Bibliothèque de Lyon qui ne lui est pas directement consacré, Gulistan) le fit avec la troupe de danse d’Uday Shankar en 1935. Allaudin enseigna la musique à son fils Ali Akbar Khan, grand passeur de musique indienne en Occident, créateur d’une école toujours ouverte en Californie et, pendant 7 ans, au petit frère d’Uday, Ravi, le père d’Anoushka. Pandit Ravi Shankar a sans doute été le plus influent en Occident. Ses collaborations avec Philip Glass (Passages en 1965), Yehudi Menuhin (West meets East reprend 3 albums sortis en 1967, 68 et 76), son amitié avec George Harrison (il a participé au Concert for George en hommage au second beatle décédé) sont célèbres, de même que ses participations à trois grands évènements musicaux de la fin des sixties et du début des seventies, le Monterey pop festival de 1967, Woodstock (il apparait sur le D.V.D. Woodstock diaries) et bien sûr le Concert for Bangladesh qu’il co-organisa avec George Harrison. Ananda, fils d’Uday et donc neveu de Ravi, joue une musique beaucoup plus occidentalisée qu’on peut écouter dans A life in Music. A découvrir, même si la démarche de sa cousine Anoushka nous semble plus rigoureuse et donc plus fascinante...

-  Avec la famille de Zakir Hussain, on passe du sitar au tabla (percussions formées de deux tambours très particuliers). C’est Zakir lui-même qui a joué le plus grand rôle dans le développement de la musique occidentale, en accompagnant John Mc Laughlin dans Shakti avec notamment le violoniste L. Shankar (sans rapport avec la famille d’Anoushka), mais aussi comme membre du collectif de "fusion" Ancient Future. Nous vous invitons à ne pas manquer Tabla duet, le disque qu’il a enregistré avec son père Alla Rakha Khan, grand maître de tabla lui-même et... accompagnateur de Ravi Shankar dans ses grandes aventures au pays du rock et de la pop music des années 60. On retrouvera également les pères des deux musiciens ce 13 juillet dans un Hommage au Mahatma Gandhi de la fin des années 70.

-  Le monde est petit : deux familles se retrouvent une fois de plus, à Fourvière ce 13 juillet. Deux grands musiciens aussi, héritiers des savoirs musicaux de l’Inde du Nord et d’une tradition familiale de disséminer cette musique, de la mélanger en gardant une rigueur qui fait de la World (ou Fusion comme on veut) une musique planétaire et non commerciale.

Zakir Hussain dans les collections de la Bibliothèque municipale de Lyon

Anoushka Shankar dans les collections de la Bibliothèque municipale de Lyon

Nuit Inde by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

RODRIGO Y GABRIELA and C.U.B.A. (14 juillet)

Rodrigo y Gabriela, c’est ce duo brésilien de guitaristes, l’une plutôt rythmique et percussionniste, l’autre plutôt soliste et mélodique, qui mêle deux composantes : le flamenco et le métal. Logique donc que l’on retrouve dans leurs précédents albums des reprises instrumentales de Metallica, Led Zeppelin et de fortes influences de Paco De Lucia et Carlos Santana.

Pour leur nouveau disque, Area 52, ils nous proposent une compilation de standards brésiliens, certains déjà présents sur d’anciens albums, réarrangés et accompagnés par une formation cubaine, C.U.B.A., formation de 13 musiciens (cuivres, percussions et piano), et enrichis par l’intervention d’un certain nombre d’invités :

Anoushka Shankar sur Ixtapa

Fille et élève du célèbre Ravi Shankar, joueuse de sitar, officie plutôt dans un style de world fusion : elle associe musique indienne et flamenco.

John Tempesta sur Hanuman et Tamacun

Batteur rock métal, membre ou ancien membre, d’Exodus, Testament, a collaboré sur l’album Astro-Creep : 2000 des White Zombie et a été le batteur de Rob Zombie de 1998 à 2006, d’Helmet sur Size Matter en 2004, et est le nouveau batteur de The Cult depuis 2005.

Carles Benavent sur 11:11 et Juan loco

Bassiste espagnol de musique flamenco et jazz. Il a notamment joué et participé à des albums de Paco de Lucía, Camarón de la Isla, Chick Corea et Miles Davis.

Le Trio Joubran sur Master maqui

Groupe de musique traditionnelle de Palestine composé de 3 frères (Samir, Wissam et Adnan Joubran) jouant de l’oud.

Rodrigo y Gabriela (featurings) by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark


UN AMERICAIN A LYON (19 juillet) : La musique classique américaine du Xxème siècle

Le début du XXème siècle inaugure l’ère de la musique moderne : jazz, blues, musiques populaires, mais aussi machines, moteurs et bruits de la ville font la bande son des années 1920 et colorent un peu partout la musique savante .... La musique américaine de cette époque déborde de créativité et nombre de compositeurs français viennent puiser à cette modernité : le temps des pionniers est de retour...

-  A tout seigneur tout honneur, l’aventure commence avec la 9ème symphonie « du nouveau monde » (1893) d’Anton Dvorak, inspirée notamment par la musique des Indiens d’Amérique : vertige de la découverte, ardeur de la conquête font de cette pièce un tube du répertoire.

-  Revenu de son séjour aux Etats-Unis au cours duquel il rencontre George Gershwin, Maurice Ravel compose -outre son concerto en Sol- la Sonate pour violon (1927), avec son fameux mouvement « Blues »...

-  Edgar Varèse compose en 1921 son monumental Amériques, pièce fracassante qui joue de l’orchestre comme une machine et intègre des sons inédits comme la sirène de chantier...

-  Dans cette veine motorique, Arthur Honegger écrit en 1923 Pacific 231, du nom d’une locomotive, pièce qui traduit en musique le mouvement et les bruits d’une machine à vapeur.

-  Parmi ses compositions tardives, Bostoniana et Louisville Concerto, Jacques Ibert se frotte au paysage industriel des villes américaines : rythmes machiniques, échos de musique foraine et mélodies épiques (Ibert écrivit beaucoup de musiques de film) brossent un paysage dense et animé.

-  Côté américain, un des plus grands musiciens de cette modernité est sans doute Charles Ives : sa musique écrit le journal des sons d’un parc en ville tout au long de la journée (Central Park in the dark, 1907), ou fait se télescoper les mélodies jouées par des sociétés musicales de plein air (Symphonies 2 et 3, 1901-1904)

-  Plus abstrait et résolument avant-gardiste, Henry Cowell (1897-1965) revisite radicalement le piano : polytonalité, polyrythmie, clusters, minimalisme, piano préparé, utilisation de l’aléatoire, emprunts au jazz... la musique de Cowell est une véritable musique de pionnier.

-  Enfin, Aaron Copland renoue avec les racines populaires de la musique américaine, par exemple dans son ballet Appalachian Spring où se mêlent thèmes de danse country et airs folkloriques.

... Et pour aller plus loin, quelques livres

La musique classique américaine du XXème siècle by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

TINARIWEN (23 juillet)

Tinariwen est un groupe de musiciens touaregs, originaire de Tessalit au nord-est du Mali. Leur trajectoire est intimement liée à celle de leur peuple. A la fin des années 1970, après une grande sécheresse, alors en exil, nostalgiques de leur pays, les membres de Tinariwen découvrent la guitare électrique et transposent sur leurs guitares les rythmes traditionnels, avec des paroles révolutionnaires, créant le style « al guitara ». Ce style sera repris par d’autres musiciens et fera école jusqu’au Niger.

The Radio Tilda Sessions, leur premier album, enregistré en deux jours à Kidal, sort en 2000. Avec Amassakoul (2004), leur renommée atteint une dimension internationale. Ils sont les ambassadeurs des Touaregs à travers le monde. Et tout récemment l’album Tassili (2011) reçoit le Prix du meilleur album dans la catégorie « Musiques du monde » aux Grammy Awards 2012.

Quelques albums d’autres groupes d’artistes de ce grand mouvement des musiques touarègues :

-  TOUMAST (le peuple, la nation), est un groupe nigérien de blues touareg fondé dans les années 1990 par Moussa Ag Keyna. Ils enregistrent leur premier album : Ishumar en 2006.

-  TERAKAFT (la caravane), groupe de guitaristes chanteurs, formé en 2001 par Sanou Ag Ahmed, avec Kedou Ag Ossad. Kedou, qui fut membre de Tinariwen. Ces deux groupes entretiennent des liens étroits et jouent parfois ensemble. Les albums Aratan N Azawad (Tapsit 2011) et Bismilla, the bko sessions (Tapsit 2007).

-  INERANE, ensemble de guitares très actif, depuis quelques temps, au Sahara et dans une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest. Il revisite des chansons écrites en tamasheq par la génération précédente : Guitars from Agadez, music of Niger (Sublime Frequencies 2008).

-  BOMBINO, autre ensemble du grand mouvement des musiques touarègues dirigé par Omara Mochtar. Messages d’espoir, de rébellion et d’appel à la reconnaissance de la culture tamasheq. Agadez au Nord-Niger était en 2009 coupée du reste du pays : Guitars from Agadez. 02 (Sublime Frequencies 2010)

-  DOUEH, groupe sahraoui qui joue de la musique du Sahara occidental à la guitare avec les influences de Jimi Hendrix et de James Brown : Treeg salaam (Sublime Frequencies 2009)

-  TAMIKREST, groupe originaire du Mali formé en 2006, les nouveaux ambassadeurs de la culture touarègue. Leur deuxième album : Toumastin (Glitterhouse 2011)

-  KEL ASSOUF, groupe multiculturel formé à Bruxelles, dont le leader est le nigérien Aboubacar « Anana » Harouna : Tin Hinane (Igloomondo 2010).

A signaler aussi :
-  Ishumar, musique touarègue de résistance (2008) : Une compilation qui regroupe pour la première fois les principaux protagonistes de la musique et de la poésie tishumaren. Le disque dresse un état des lieux de cette musique à l’heure actuelle, en proposant une sélection d’enregistrements, inédits pour la grande majorité, réalisés ces dix dernières années. Editée par le label Tamasheq, un label fondé en 1996 by Sedryk.

-  Teshumara : les guitares de la rébellion touareg : Un DVD réalisé par Jérémie Reichenbach

Musiques touarègues by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark

BON IVER (30 juillet)

Découvert avec un premier album For Emma, forever ago écrit dans un contexte particulier (malade et isolé dans une cabane au fonds des bois à la suite d’une rupture amoureuse), l’univers de Justin vernon (son vrai nom) est pourtant bien plus riche et varié que le folk orchestré qu’il propose sous le nom de Bon Iver. Quelques-unes de ses collaborations l’attestent.

Monster, Lost in the world, Dark fantasy, Who will survive in America

Ces 4 titres figurant sur l’album My beautiful dark twisted fantasy du rappeur américain (et mégalo) Kanye West. Bon Iver, loin de son univers musical initial, y assure les voix et les chœurs.

Down in the willow garden

Reprise d’un classique country, ce titre est réarrangé à la sauce folk celtique et interprété aux côtés des Chieftains

Fall creek boys choir

Co-écrit et co-produit avec James Blake, ce titre voit Bon Iver investir le champ des musiques électroniques et plus particulièrement du dubstep mélancolique

Ashes in the air

Ce duo voit Bon Iver accompagner les très psychédéliques Flaming Lips sur un album de collaborations sorti exclusivement en vinyle pour le Record Day Store 2012

Gayngs

Bon Iver fait partie de ce collectif de 25 musiciens qui compte aussi des membres de Megafaun, Har Mar Superstar... et qui se veut un mélange de soft rock des années 70 (10cc et Cie), de rap et R’n’B (par l’utilisation quasi systématique de l’autotune), de new wave 80s tout en adoptant un rythme alangui (jamais plus de 65bpm)

Volcano Choir : Unmap

Associé au quintette Collections of Colonies of Bees, Justin Vernon fonde Volcano Choir et propose une longue pièce évolutive en 9 mouvements au spectre musical très large allant de la musique contemporaine au post-rock en passant par l’ambient ou le blues

Megafaun

Il y avait une groupe, DeYarmond Edison, qui, au moment de la séparation, donna naissance à deux nouvelles entités. D’un côté, Megafaun, formation de folk rock progressif et expérimental et de l’autre... Bon Iver


Bon Iver (collaborations) by Bibliothèque municipale de lyon on Grooveshark



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