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Les questions posées sur le Guichet du Savoir

Qu’est ce que la lomographie ? Comment fonctionnent les appareils photo instantanés POLAROID ?



Informatique et photographie
La photo : nostalgie de l’instant.
2/06/2012
Chaque jour, des millions de photos sont publiées sur internet, retouchées, commentées. Sur les réseaux sociaux, chacun peut faire partager sa vie quotidienne, ses goûts, ses passions en image. La photographie prend la place des mots pour passer les frontières. Des photos prises en 2012 semblent sortir tout droit des années 80. Les défauts physiques sont gommés mais l’on peut rajouter des imperfections aux photos numériques pour leur donner plus d’authenticité.


Illust : appareil photo vintage, 10.8 ko, 141x141

Plan
1. Le Polaroid est mort, vive le Polaroid !
2. Un téléphone, ça sert à photographier : la « smartphotographie »
3. Dans la photo, tout est faux : la retouche photo généralisée
4. La photo fait son effet vintage
5. Partager ses pensées, partager ses photos


1. Le Polaroid est mort, vive le Polaroid !

Le Polaroid a marqué les années 70 et 80. Précurseur, il permettait déjà de garder ou d’offrir un souvenir instantané. Les couleurs et le grain si caractéristiques, dus au développement chimique inventé par Edwin H. Land, transformaient les paysages et les portraits. Mais, dépassé par la vague du numérique,la société Polaroid a du cesser la production d’appareils à développement instantané en 2007. Le 8 février 2008, elle annonce la fermeture des dernières usines fabricant les films instantanés pour la fin de l’année. Onze salariés de l’ancienne usine d’Enschede au Pays-Bas, motivés par Florian Kaps, entrepreneur autrichien qui a aussi travaillé pour la société Lomography, et André Bosman, directeur de l’ingénierie de l’usine, ont décidé de relancer la production de films Polaroid.


En effet, 300 millions d’appareils Polaroid sont encore en circulation, certains utilisés par des passionnés. Ou redécouverts sur les sites de vente d’occasion par toute une génération, fascinée par cette icône de la nostalgie. Ces films produits par The impossible project sont disponibles chez une centaine de revendeurs en Europe, dont l’inévitable boutique Colette à Paris.

Ces deux livres, disponibles dans le réseau des bibliothèques de Lyon, vous permettront de découvrir les techniques et les potentialités de cet appareil :

Illust : Le polaroïd technique, 8.2 ko, 142x205

Le polaroïd technique et artistique, de Philippe Garcia, Pearson, 2010.

Cet ouvrage regroupe toutes les informations utiles au photographe souhaitant utiliser le système Polaroid. Il présente les appareils et les films disponibles sur le marché et explique les divers bricolages et manipulations artistiques, pour vous fournir techniques et idées créatives dont vous vous inspirerez pour réaliser vos clichés.

Illust : The Polaroid book, 8.5 ko, 141x170

The Polaroid book : selections from the Polaroid collections of photography, de Steve Crist et Barbara Hitchcock, 2011.

Présente des photographies de la Polaroid Corporation prises à l’aide d’appareils photographiques à développement instantané. La photographie traditionnelle a évolué avec l’apparition des technologies numériques, pourtant de nombreux photographes restent fidèles au Polaroid.


2. Un téléphone, ça sert à photographier : la « smartphotographie »

L’arrivée de l’Iphone d’Apple en 2007, malgré son prix élevé, a accéléré la diffusion des smartphones sur le marché. En 2011, presque 30 % des possesseurs de téléphone utilisaient un smartphone. Ils permettent d’avoir des écrans plus larges, une connexion internet performante et un appareil photo qui est vite passé de 2 à 5, voire 10 Mégapixels. Un appareil que l’on a toujours sur soi et que l’on n’hésite plus à dégainer à la moindre occasion. 16 % des possesseurs de téléphones les utilisent quotidiennement pour prendre des photos.

Illust : la photo créative (...), 7.9 ko, 140x205

La photo créative avec l’iPhone d’Eric Marais, Pearson, 2010

Il existe maintenant de multiple accessoires, inspirés de la photo traditionnelle, pour transformer son portable en appareil de pro : adaptateurs pour objectifs, trépieds, bridge... Les passionnés d’oiseaux ou d’astronomie peuvent même l’adapter sur une lunette d’observation. C’est la phonescopie. Malgré la réticence des puristes, cela permet aux revenus modestes de s’affranchir, dans un premier temps, de l’achat d’un numérique perfectionné en profitant d’une photo de bonne définition.

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Travaux pratiques : retouche photo et montage vidéo sur iPhone et iPad de Karine Warbesson, Dunod, 2012.

Recueil d’exercices pour apprendre à utiliser les différents outils de retouches d’images et de photos. L’ouvrage explique comment importer des images, retoucher et éditer des photos, appliquer des filtres et des effets spéciaux, créer un album ou faire un scrapbooking numérique, réaliser des montages vidéo et diffuser ses oeuvres sur le Web.

Ateliers des espaces numériques

Utiliser un appareil photo numérique avec son PC
@ Initiation individuelle à la BM 2E

Organiser, retoucher et partager ses photos avec Picasa
Les inscrits s’engagent à suivre l’ensemble du parcours.
@ Initiation en groupe (6-8 personnes - durée 2h)
jeudis 7 & 14 juin à 17h à la MÉDIATHÈQUE VAISE

Retoucher ses photos avec Gimp
Découverte des techniques de retouche photos élémentaires avec Gimp : recadrage, luminosité, contraste...
@ Initiation individuelle à la BM 2E et BM 9E LA DUCHÈRE


3. Dans la photo, tout est faux : la retouche photo généralisée

La retouche photo existe depuis l’invention de la photographie. Vers 1860, le portrait officiel censé représenter Abraham Lincoln, est en fait un montage, la tête du 16ème Président des Etats-Unis ayant été astucieusement rajoutée sur le corps d’un politicien sudiste.

Les dictateurs et les politiciens l’ont ensuite utilisé à des fins de propagande, pour effacer les victimes des purges ou agrandir les foules d’admirateurs. L’apparition des premiers logiciels de retouche professionnels, à la fin des années 80, permet de passer du simple montage photo aux corrections de luminosité, changements de textures... Cela dérive très vite vers la retouche esthétique dans les publicités, la presse people et enfin la presse d’information. Les blanchiments excessifs, le rajeunissement improbable ou l’amincissement miracle sont le lot commun désormais des magazines féminins. Certaines photos d’actualité ou des reportages de guerre créent la polémique, souvent modifiés pour paraitre plus sensationnels ou plus choquants. Le site Photoshopdisaster recense les retouches d’images les plus variées et les plus aberrantes perpétrées dans les médias.

Illust : science & vie, 7.4 ko, 98x129

Science & vie consacre dans son numéro de mai 2012, un article au logiciel Tungstène, inventé par la société eXo maKina, pour analyser les images et identifier les modifications.

Un beau maquillage, un éclairage astucieux ou encore un effet flou ne suffisent plus. Certains n’hésitent pas à retoucher à outrance leurs photos personnelles, mises en ligne sur des sites de rencontre ou les réseaux sociaux.

Illust : courrier international, 7.7 ko, 128x169

Le Courrier International du 2 mars 2012 évoque ce sujet. D’après le magazine Glamour, "près de 60 % des lectrices trouvent acceptable qu’une femme retouche ses photos personnelles". Et, de fait, "23 % des femmes entre 25 et 29 ans et 41 % des 18-24 ans le font". Comment se passe alors la rencontre dans la vraie vie, quand les deux tourtereaux virtuels se retrouvent autour d’un verre ? Désenchantement...

En Asie ou aux Etats-Unis, certains jeunes ont poussé l’art du maquillage et de la retouche à son paroxysme. Ils s’inventent des identités virtuelles idéalisées, clairement inspirées du manga et postent très régulièrement sur leur blog des photos les mettant en scène dans des costumes et des postures équivoques. En Corée du Sud, ce sont les Ulzzang, les « plus beaux », des adolescents à la peau blanchie à l’extrême et aux yeux démesurément agrandis par des lentilles et des faux cils. Aux Etats-Unis, deux sœurs, Dakota Rose et Kirsten Ostrenga (plus connue sous le nom de Kiki Kannibal) fascinent et provoquent la polémique en diffusant des photos largement photoshopées. Les tutoriels beauté de ces « attention whore » (traduction non fournie...) sont suivis par des millions de personnes. Mais la retouche photo, cela peut aussi être artistique et parfois époustouflant.

Illust : L’intention (...), 49.6 ko, 407x500

L’Intention du photographe,Pearson, 2011, n’est pas un simple guide consacré à l’utilisation d’un logiciel de postproduction. Dans cet ouvrage, David duChemin défend un point de vue personnel engagé : la photographie telle qu’il l’envisage ne doit pas témoigner d’une réalité mais traduire la vision du photographe. Dans toute une première partie de l’ouvrage, l’auteur expose cette idée : une photographie peut mentir. Elle doit avant tout transmettre un message, un certain regard. La photographie doit être subjective et il faut que le photographe affirme un point de vue. Bien souvent, cette subjectivité nécessite une étape en postproduction pour s’exprimer.

À rebours de l’opinion commune selon laquelle l’image " mentirait " davantage encore depuis l’arrivée du numérique, les auteurs montrent combien les nouveaux usages renforcent, au lieu de les affaiblir, la vigilance citoyenne et le lien organique qui unit l’image au réel. Il en va de même de l’évolution des techniques qui permet de développer une nouvelle échelle du regard (comme dans Google Earth).

Illust : la fabrique, 39.2 ko, 373x500

La Fabrique des images contemporaines de Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert révèle en outre comment, dans le monde entier, la mobilisation militante, politique, écologique ou syndicale met en place de véritables canaux d’information parallèle, capables de parasiter jusqu’aux plates-formes commerciales et institutionnelles de partage d’images ou de vidéos.



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Au-delà de la photographie : Le nouvel âge de Fred Ritchin, Victoires, 2010

Dans cet ouvrage, paru aux Etats-Unis en 2009, Fred Ritchin apporte des réponses à ceux qui se demandent où va la photographie. Il décrit l’influence de la révolution numérique sur notre vision du monde et son rendu photographique tant par les amateurs que par les professionnels et revient sur l’évolution des pratiques de manipulation des images dans les médias qui révèle une confusion entre monde réel et "réalité" virtuelle. L’auteur ouvre également une multitude de pistes de nature à transformer en richesse ce qui risquerait sinon de nous appauvrir.

Voici quelques liens vers les sites d’information owni, la fabrique de l’info et culture visuelle pour approfondir la question.


4. La photo fait son effet vintage

Allier le look vintage d’un Polaroid et la puissance du numérique, c’est maintenant possible en installant des programmes de filtres sur ordinateur ou des applications pour smartphone qui émulent les appareils argentiques. Ces applis reproduisent leurs objectifs, leurs habillages et même les bruits si caractéristiques du déclencheur et du flash. On peut ensuite appliquer des filtres, des bordures pour vieillir et maltraiter la définition trop nette du numérique. La photo est le plus souvent en format carré. Hipstamatic fait partie de la mode rétro en photographie, qui a vue une augmentation de l’usage des appareils photos bon marché et dépassés technologiquement (comme la Lomography, le Holga, le Polaroid).

Des applications de même catégorie : CameraBag, Instagram et CrossProcess. Ces applications incluent le plus souvent une interface avec les réseaux sociaux, afin de faciliter la diffusion et le partage des photos sur Internet.

Illust : Instagram collage (...), 11.7 ko, 142x142

A voir, l’article clairvoyant de Nathan Jurgenson sur Owni, qui s’intéresse aux photos vintages devenues soudainement très "trendy".

Illust : Les pratiques pauvres, 116.7 ko, 300x337

Les pratiques pauvres : du sténopé au téléphone mobile de Jean-Marie Baldner et Yannick Vigouroux, CRDP, 2005

Etude des pratiques photographiques utilisées dans les années 1980 qui faisaient appel à la simplicité technique en employant des appareils photo jetables ou amateurs. Aborde ainsi les techniques d’avant-garde qui donnèrent naissance à des photographies grattées, brûlées, floues, tremblées et imparfaites, prônant la fonction communicationnelle de la photographie au détriment de la technique.


5. Partager ses pensées, partager ses photos

Après avoir choisi la pose « duck face », le bon filtre « retro/jauni » et la bordure « effet pellicule » qui rendront votre photo unique et mémorable, vous pouvez maintenant la partager avec tous vos amis. En 2006, Google lançait déjà la version sociale de son logiciel photo, Picasa Web album. Il existe des dizaines de plateformes d’hébergement, en voici quelques unes :

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7 milliards de photos ont été téléchargées chaque mois sur Facebook en 2011 et 35 % des pratiquants de photos numériques ont partagé leurs images sur les réseaux sociaux. Un marché en plein boom. Ainsi, le PDG du site de réseau social Facebook, Mark Zuckerberg, a annoncé le 10 avril 2012, le rachat d’Instagram par sa compagnie, pour la somme de un milliard de dollars. Cette application, gratuite, est un réseau social mobile centré sur le partage de photos (et depuis peu également de vidéos). Elle permet de prendre des photos avec différents filtres, de les poster sur le réseau, pour que les internautes puissent les « liker » ou les commenter.

Flickr est un site Web de partage de photos et de vidéos gratuit, avec certaines fonctionnalités payantes. En plus d’être un site Web populaire auprès des utilisateurs pour partager leurs photos personnelles, il est aussi souvent utilisé par des photographes professionnels. Fin 2011, le site a franchi la barre des 8 milliards de photos hébergées.

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Pinterest c’est quoi ? Créé en 2010 mais véritablement populaire depuis mai 2011, Pinterest est une version virtuelle du tableau de liège où l’on punaise des photos. On peut donc épingler ("pin") sur son tableau ("board") des photos, des vidéos, les classer dans différentes catégories, suggérées : décoration, préparation de mariage, mode ou personnalisées. Comme dans tout réseau social, on peut marquer son intérêt pour une photo ou une vidéo ("like"), voire la reposter ("repin") pour en faire profiter sa propre communauté. Pinterest existe également en version mobile par le biais d’une application iPhone et Androïd. Sur le même principe que Twitter, un utilisateur du service peut ainsi en suivre un autre, ou suivre une catégorie particulière parmi toutes celles proposées. Comme c’est désormais l’usage, Pinterest s’appuie sur Twitter et Facebook pour retrouver facilement ses amis et importer ses contacts sur le service, qui n’est disponible que sur invitation.

Sur le même modèle, d’autres sites se sont développés, vite exploités par les marques adeptes du social marketing.

Tous les chiffres et statistiques de ce Point d’actu sont tirés de l’Observatoire des Professions de l’Image 2012



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