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L’Eldorado, ancien théâtre de Lyon situé au 33 cours Gambetta Voir



Sur les traces de la vie musicale à Lyon
11/03/2011

Du 1er mars au 2 juillet 2011, les Archives municipales de Lyon proposent une exposition intitulée Spectaculaire ! Décors d’opéras et d’opérettes à Lyon au 19e siècle, accompagnée de conférences, colloque... et de la projection du film La vie parisienne.

Si les décors sont des chefs d’oeuvre éphémères, les lieux qui ont porté la vie musicale à Lyon le sont malheureusement aussi, car plusieurs ont disparu. Partons sur leurs traces en pèlerinage virtuel.



Sommaire

1. Lieux disparus de la vie musicale du XIXe

-  L’Alcazar (1850-1877)
-  La maison Orgeret (1852-2004)
-  Les Folies Bergères (1870-1907)
-  L’Eldorado (1894-1994)

2. Music-hall du XXe : Le Palais d’Hiver (1920-1988)

-  Origines
-  Changement de décor
-  Le plus grand music-hall d’Europe
-  De difficultés en difficultés

1. Lieux disparus de la vie musicale du XIXe

L’Alcazar (1850-1877)

Rue Vendôme (6e arrondissement)

Bâti à la place de l’ancien Colysée en 1850, l’Alcazar est entièrement rénové par l’architecte Jules Jean Baptiste Exbrayat.

Gérard Corneloup décrit sa décoration dans le  Dictionnaire historique de Lyon : La piste de danse centrale est éclairée par un immense lustre suspendu sous la coupole. Elle est entourée d’un promenoir circulaire décoré d’arcs « mauresques » abritant des grottes ornées de plantes exotiques et de poufs moelleux pour se reposer ou consommer. Au niveau de la coupole court une galerie supérieure au 25 m de long, à laquelle on accède par un escalier en colimaçon et d’où la vue plonge sur les couples de danseurs.

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L’Alcazar de Lyon

(Collection BML, toute reproduction est interdite sans l’accord de la BML)

(JPEG, 109.6 ko)

L’Alcazar organise des bals, souvent travestis, plus ou moins boudés par la bourgeoisie lyonnaise. Le directeur Cormoz décide alors, en février 1854, d’organiser des bals de charité où la moitié des recettes est reversée aux pauvres. Le succès est immédiat et le lieu devient très vite à la mode.

Doc : Lyon - Alcazar, ancien, 675.3 ko, 150x97

Lyon - Alcazar, ancien cirque Rancy

(Vers 1911, collection des archives municipales)

(JPEG, 675.3 ko)

Certains connaissent une vraie réussite, comme celui "des petites filles soldats", le 29 mars 1856. A l’initiative de l’abbé Prosper Faivre, ce bal accueillit 3 000 personnes et généra plus de 7000 francs de dons.

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Alcazar

(collection des Archives municipales de Lyon)

(JPEG, 659.9 ko)

Hormis les concerts et les bals, l’Alcazar accueille des combats « lutte à outrance », des spectacles d’équilibristes et de gymnastes japonais (octobre 1867), des expériences scientifiques amusantes (avril 1872), des assemblées comme celle des libres penseurs (décembre 1869). Le cirque de Théodore Rancy s’y produit dès 1873 et jusqu’à sa démolition.

Doc : Alcazar, 454.5 ko, 150x106

Alcazar

(collection des Archives municipales de Lyon)

(JPEG, 454.5 ko)

La démolition de l’Alcazar est prévue depuis 1865, date d’échéance du bail du terrain qui appartient aux Hospices civils.On doit y construire l’église de la Rédemption.

Doc : Eglise de la Rédemptio, 151.8 ko, 150x114

Eglise de la Rédemption

(Turelio, 25 mars 2007, CC Creative Commons)

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Le propriétaire des lieux obte un délai de grâce et monte un dossier permettant de sauver la salle en n’abattant qu’une buvette annexe. Toutefois, les difficultés se succédèrent : la guerre de 1870 gèle le dossier ; l’Alcazar se délabre, s’ouvre à une nouvelle activité à la mode : le patin à roulette » mais sans grand succès...

En novembre 1877, les travaux de démolition commencent.

La maison Orgeret (1852-2004)

Passage de l’Argue (1er arrondissement), puis au 24 de la rue Palais-Grillet (2e arrondissement)

Installée pendant 70 ans au 24 rue Palais-Grillet, la maison Orgeret était le lieu de référence pour les amateurs de musiques populaires. Spécialisée dans la vente et l’édition de partitions de musique, elle a perduré sur cinq générations jusqu’au début du XXIe siècle.

C’est en 1852 que l’entreprise ouvre ses portes au public, pour la première fois, à la Guillotière et plus précisément au 10, rue Magnant. Il s’agit d’une librairie sous l’égide de Jean-Pierre Gonet (1812-1872). Celui-ci décide de stopper son activité pour la céder à son fils, et la librairie est déplacée passage de l’Argue.

La vente de partitions de musique ainsi que la fabrication d’instruments deviennent des parties intégrantes des Orgeret. Deux magasins sont créés, l’un au 75-77-79 du passage à l’Argue où sont vendus des instruments et l’autre au 72 qui est exclusivement consacré à la vente de partitions.

Doc : Vue intérieure du (...), 33.1 ko, 150x100

Vue intérieure du magasin

2004, collection BM Lyon, toute reproduction est interdite sans l’autorisation de la BML

(JPEG, 33.1 ko)

André Gonet exerce son activité avec ces deux filles. C’est à la première, Marie-Jeanne Gonet (1863-1941), que revient la gestion du magasin d’instrument de musique qu’elle transfère en 1935 au 35, rue Tupin. Ce magasin va alors se transmettre de fille en fille sous l’enseigne Gonet-musique et disparaît dans les années 1990.

Quant à la deuxième fille d’André Gonet, Marguerite (1867-1935), elle hérite du magasin consacré à la vente de partitions de musique. Elle épouse en 1897 un certain Jean-Marie Orgeret.

Ce mariage marque un réel tournant dans l’histoire de l’entreprise puisque c’est à ce moment là qu’elle développe ses activités d’édition musicale spécialisée dans la chanson populaire.

Doc : Partition issue du, 111.4 ko, 100x150

Partition issue du fonds Orgeret

(Collection BML ; toute reproduction est interdite sans l’autorisation de la BML)

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La maison Orgeret occupe une place de plus en plus importante en matière de chanson et musique populaire. Elle devient le lieu de référence pour les musiciens ou amateurs de musique de variété de la Belle Epoque : Aristide Bruant, Mistinguett, Yvette Guilbert, Théodore Botrel...

Doc : Partition issue du, 173.3 ko, 99x150

Partition issue du fonds Orgeret

(Collection BML, toute reproduction est interdite sans l’autorisation de la BML)

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Le magasin est repris en 1930 par Max Orgeret, le fils unique de Jean Marie et Marguerite Orgeret. En 1935, il décide de le transférer au 24 rue Palais-Grillet, lieu où il reste implanté pendant 70 ans. Max Orgeret développe les activités de la boutique : il entreprend la vente de monologues, sketchs, opérettes, poèmes et pièces de Guignol et celle des disques 78 tours.

Doc : fonds Orgeret vue (...), 87 ko, 100x150

fonds Orgeret vue intérieure du magasin

2004, collection BM Lyon, toute reproduction est interdite sans l’autorisation de la BML

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Max Orgeret disparaît brutalement en 1978. Son épouse et Jacques, son fils cadet, poursuivent la gestion de la librairie musicale. Faute de successeur et sous l’apparition de grands concurrents dans ce domaine (musique sur internet), la famille Orgeret ferme la boutique en 2004.

Le fonds est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon, et son inventaire est en cours.

-  Fonds Orgeret

Les Folies Bergères (1870-1907)

Avenue de Noailles, n°55 (aujourd’hui l’avenue Maréchal Foch, 6e arrondissement)

La démolition de l’Alcazar avait suscité une vague de nostalgie chez les amateurs de musique : il fallait à Lyon une nouvelle salle.

Un ancien manège d’équitation, situé dans le quartier des Brotteaux, héberge alors une piste de patinage à roulettes qui connait un grand succès. Bien plus petite que l’Alcazar, cette salle peut accueillir au maximum 2000 personnes. La soirée du vendredi est réservée aux galas et aux fêtes nocturnes. Ce succès ne dure cependant que jusqu’à l’été 1878 et le 21 décembre les Folies Bergères s’y installe.

Folies Bergères, succursale des Folies Bergères de Paris prétend une annonce publicitaire. Si la volonté est de copier les cabarets parisiens, les Folies Bergères lyonnaises se veulent plus gaies. La salle est transformée, des girandoles de lumière électrique et des décorations de fleurs se hissent dans le décor. Elles attirent très vite les foules. Pour satisfaire les patineurs nostalgiques, les folies Bergères seront ouvertes exclusivement pour eux tous les jeudis et dimanches, sans nuire en rien à l’organisation des bals et attractions diverses.

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L’Avenue de Noailles, actuellement avenue Maréchal-Foch, vers 1870

(1870, collection BML, Creative Commons - Pas d’utilisation commerciale, pas de modification)

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Lors du carnaval de 1879, la salle est désignée pour recevoir les splendides bals Lamotte qui étaient l’un des grands triomphes de l’Alcazar. Immense succès en ce 11 mars 1879. Le chef d’orchestre et ses 150 musiciens jouent la Marseillaise à trois reprises sous un tonnerre d’applaudissements. Les Folies Bergères accueillent toutes sortes de manifestations : conférences, combats de lutteuses, concerts, tombolas, danses, matchs entre coureurs à pieds et patineurs, galas de bienfaisance, réunions politiques (conférence de Jean Jaurès sur l’affaire Dreyfus)... C’est également dans la salle des Folies Bergères que la Schola Cantorum sous la direction de G. Witkowski , donne son premier concert le 20 avril 1903. M. Viviani, ministre du Travail, connaît les tous derniers applaudissements du public lors de sa conférence « L’hygiène sociale » présidée par le préfet M. Lutaud. Le 20 mars 1907, alors que la vogue pour le patinage s’essouffle, on apprend que les Folies Bergères sont amenés à disparaître, pour être remplacées par un garage.

L’Eldorado (1894-1994)

33 cours Gambetta (3e arrondissement)

Situé au 33 cours Gambetta dans le quartier de la Guillotière, l’Eldorado ouvre ses portes en 1894. Dès le premier jour de son ouverture, il connait un grand succès : le jour de la première, quelques pensionnaires du Moulin rouge ont même fait le déplacement depuis la capitale, histoire de placer le lieu sous les meilleurs hospices à coups de cancan effréné (Le Progrès du 14/02/2000). L’Eldorado attire les foules dans un café où il fait bon vivre et où l’on peut boire et fumer en écoutant de la musique populaire. Il accueille les débuts de grands artistes tels que Mistinguette, Fernandel, Madeleine Renaud, Colette, Pierre Brasseur, Mayol... et devient très vite le café concert le plus fréquenté de la ville.

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Eldorado

(collection des Archives municipales de Lyon)

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Fort de son succès, il obtient en 1871 la permission municipale de représenter des opérettes et comédies. Plus qu’un café de quartier, il attire tous les habitants de la ville y compris ceux issus de la presqu’île qui n’ont plus peur de traverser le Rhône.

En 1905, l’Eldorado devient cinéma et présente le premier film parlant La route est belle. Les 50 ans de production cinématographique permettent aux artistes de se faire connaître pendant les entractes, comme un certain Tino Rossi.

Changeant de propriétaire, l’Eldorado redevient théâtre en 1977 et ce pendant 7 ans. Le metteur en scène Bruno Boëglin s’y installe avec sa troupe et tente, malgré les délabrements (conduites d’eau gelées, gravats qui tombent, balcons devenus dangereux) de redonner vie à ce lieu.

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Le nouveau théâtre, ancien théâtre de l’Eldorado, cours Gambetta, au début du XXe siècle.

(Popineau Charles, Creative commons, pas d’utilisation commerciale, pas de modification)

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En 1982, le bâtiment est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Toutefois sa pérennité est remise en question dès le mois de janvier 1993, date à laquelle le ministre de la culture signe une dérogation remettant en cause la loi de protection du bâtiment, au grand dam du collectif Eldorado, association de défense du site. L’Eldorado est alors démoli à la veille de son 100ème anniversaire en 1994. Des éléments du décor de l’Eldorado avaient été gardés mais étaient, semble-t-il en très mauvais état.

-  Bibliographie

-    Cinquante ans de vie musicale à Lyon

-    Le café-concert à Lyon

-    Rive gauche : revue de la Société d’étude d’histoire de Lyon rive gauche : n°40 (l’Alcazar), n°41 (les Folies Bergères lyonnaises), n°50 (le palais d’hiver), n°59 et 60 (L’Eldorado et son histoire).

-  Fonds Orgeret

-  Base de presse : articles du Progrès du 27/05/2000 et du 14/02/2000

2. Music-hall du XXe : Le Palais d’Hiver (1920-1988)

Boulevard de Stalingrad-Commune de Villeurbanne

Origines

Tout commence le 3 février 1908 lors de l’inauguration de la piscine Lyonnaise située à Villeurbanne entre l’actuelle rue Stalingrad, la rue Charpenay, la rue Guérin et la rue des Chanées. Vaste hall recouvert d’un toit vitré, la piscine devient très vite fréquentée par les Lyonnais.

Doc : Ancien bains Delange, 137.5 ko, 150x90

Ancien bains Delange

(Jules Sylvestre, 1900, Creative Commons)

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Face à ce succès, le directeur Delange installe un nouveau plancher pour réaliser une patinoire ainsi qu’un plateau en bois d’érable pour les patins à roulettes. Immense succès dès le premier janvier 1914, jour de l’inauguration. Les réjouissances sont de courte durée : le 2 août 1914, la France entre en guerre et la piscine-patinoire est transformée en dépôt de vivres et en hôpital de fortune.

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Palais d’hiver, une attraction sur la piste

(Popineau Charles, photo issue des archives du Rize Creative Commons pas d’utilisation commerciale-pas de modification)

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En 1920, les frères Lamour, acquirent ce lieu pour le transformer en salle de bal qui, pour garder le souvenir de cet ancien lieu fut baptisé Le Palais d’Hiver. C’est à partir de cette date que débute l’histoire du plus grand music-hall d’Europe.

Changement de décor

Le 19 octobre 1920, le Palais d’Hiver ouvre ses portes pour accueillir 3 000 personnes. Bar américain, scènes et piste de danse, tenues élégantes... on est bien loin de l’ambiance sport et loisir qui régnait dans l’ancienne patinoire. Outre l’organisation de bals, les frères Lamour mettent leur établissement à disposition des sociétés culturelles. Ainsi des associations et œuvres de charité y organisent bal après bal. Selon les témoignages de Pierre Peyroche - ancien salarié au Palais d’Hiver - dans son ouvrage  le palais d’hiver, l’envers du décor « Les années 30 ont ainsi vu défiler, au palais d’hiver, les plus grandes vedettes du moment comme Fernandel, Joséphine Baker, Tino Rossi, Mistinguette... »

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Un bal au palais d’hiver

(Popineau Charles, photo issue des archives du Rize Creative Commons : pas d’utilisation commerciale, pas de modification)

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Après avoir fermé ces portes au public lors de la Seconde Guerre mondiale, le Palais d’Hiver accueille les plus grandes stars : Georges Brassens (record d’affluence avec 4500 personnes en une soirée), Edith Piaf, Georges Guetary, Gilbert Bécaud ou encore Charles Aznavour. Ce dernier se produit une fois par an au Palais d’Hiver pour des soirées prestigieuses appelées « galas exceptionnels » où les tables sont en ligne nappées de blanc avec sur chacune d’elles une bouteille de champagne.

Le plus grand music-hall d’Europe

Tout bascule la nuit du 7 octobre 1962 où un incendie anéantit le Palais d’Hiver. Les dégâts sont estimés à 300 millions d’anciens francs (458 000 euros). Toutefois Roger Lamour ne baisse pas les bras Où ? Comment ? ... Je ne sais pas encore mais, je l’affirme, je ferai tout pour continuer . Chose dite, chose faite, c’est en 1963, un an et un mois après l’incendie que le nouveau Palais d’Hiver ouvre ses portes. De nouveaux aménagements ont été conçus : un plateau de scène rouge mobile que l’on peut agrandir ou réduire, de grands rideaux, de nouveaux bars à la française et à l’américaine et les dernières technologies : 92 hauts parleurs et 12 écrans vidéo. Il est là, le plus grand music-hall d’Europe !

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Palais d’hiver-Lyon : ses orchestres

(Photo issue des archives du Rize, Creative Commons : pas d’utilisation commerciale, pas de modification)

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Des soirées à thèmes sont organisées : la soirée de l’armée, la soirée des fleuristes, la soirée spéciale Saint-Valentin, la soirée Italienne ou encore le bal des animaux. De jeunes artistes émergent : les Beatles, Johnny Hallyday ou encore Antoine viennent faire leur show et attirent une clientèle plus jeune.

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Palais d’hiver : son buffet-bar

(Popineau Charles, photo issue des archives du Rize Creative Commons : pas d’utilisation commerciale, pas de modification)

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De difficultés en difficultés

Une petite salle attenante au palais « le Lido », construite après l’incendie en 1963 est rebaptisée « le West-Side-Club ». Des petits groupes tels que Chico, Téléphone et Jean-Louis-Aubert y font leur début. Un nuage plane sur le Palais d’Hiver dès lors qu’une nouvelle taxe fait son apparition : la T.V.A, si bien renommée par le peuple entier : Tout Va Augmenter .

Face à cette situation, le Palais d’Hiver est déserté par les sociétés, associations et œuvres de charité. Une catastrophe financière s’annonce et Roger Lamour s’épuise à faire vivre sa salle. Il disparait le 5 octobre 1974, passant le flambeau à son fils Pierre Yves Lamour aidé de son épouse Irène. Malgré une gestion difficile, le Palais d’Hiver ne perd pas sa notoriété, des artistes tels que Dave, Nicoletta, Gérard Lenormand s’y produisent. Toutefois les soirées à thèmes deviennent de plus en plus rares, les jeunes font fuir une clientèle plus mûre et plus rentable, certaines soirées sont déficitaires.

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Groupe de personnes devant le Palais d’hiver

(1950, Creative Commons - Pas d’utilisation commerciale, pas de modification)

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Tout bascule en ce 9 juin 1981, quand Pierre Yves Lamour décède tragiquement lors d’un accident de voiture. Suite aux problèmes financiers et faute de successeur, le Palais d’Hiver ferme ses portes le 9 décembre 1985. N’ayant pas été classé, il est entièrement détruit à la fin de l’été 1988. Reste au 149 boulevard Stalingrad une plaque "Palais d’Hiver" qui est le nom donné à un immeuble neuf.

Bien que disparu, le Palais d’Hiver est encore dans la mémoire des Lyonnais et des artistes qui s’y sont produits en ce lieu. Enrico Macias lui dédie même un hommage lors de l’émission de télévision « tenue de soirée » animé par Michel Drucker à Lyon le samedi 16 septembre 2006. Celui-ci évoque le Palais d’Hiver en affirmant que ce lieu était important pour lui car c’est dans ce music-hall qu’il a fait ses premiers pas d’artiste en France. Il ajoute : Si tu étais accepté par le public Lyonnais ton succès était assuré .

-  Bibliographie

Cette description est inspirée du témoignage de Pierre Peyroche, salarié durant 26 ans au palais d’hiver :

 Le Palais d’hiver, l’envers du décor

 Le Palais d’hiver : histoire du plus grand music-hall d’Europe



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