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Informations sur un ancien monastère de la Visitation à Thorens Voir
Renseignements sur un tableau représentant François de Sales et Jeanne de Chantal Voir
Les Subsistances de Lyon (ancien couvent de visitandines) Voir
Montée du Télégraphe à Lyon, quels sont ces anciens bâtiments ? Voir
L’ordre de la Visitation dans la lumière
Sommaire
1. Une année festive à la Visitation
Saint François de Sales
Sainte Jeanne de Chantal
3. Naissance et débuts de l’ordre
Au cœur de la Visitation : trésors de la vie monastique en Europe. La communauté de Tarascon (en partenariat avec la Ville) et celle de Voiron, entre autres, célèbrent aussi cet anniversaire destiné à faire mieux connaître cet ordre contemplatif.
Traité de l’amour de Dieu et surtout
Introduction à la vie dévote sont des succès. Ce dernier livre reste l’un des plus lus dans l’Eglise. Cette fondation s’inscrit dans un contexte de grande ferveur religieuse, de renouveau de la foi après la période troublée et sanglante des guerres de religion. On assiste alors à une floraison d’ordres religieux. L’originalité de la future institution est qu’elle accueille des femmes de toutes origines sociales et de toutes conditions d’âge et de santé. Plutôt que d’exiger une grande austérité, l’accent est mis sur l’humilité, la charité, la patience et la douceur. De plus, autre spécificité, les sœurs ajoutent à leur vie contemplative, la visite et le soin aux malades. D’où le nom choisi de Visitation Sainte-Marie, en référence aussi à la visite de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth, après l’Annonciation.
C’est à Annecy que Jeanne de Chantal et deux compagnes arrivent le 6 juin 1610, à la petite maison dite de la Galerie mise à leur disposition par le duc de Savoie. François de Sales les escorte ainsi qu’une foule importante. Il leur remet un abrégé des futures constitutions (la règle) qu’il a lui-même rédigées. Ce jour marque la naissance officielle de l’ordre. La petite communauté s’organise peu à peu avec un costume, un blason, des chants. Une formation spirituelle est assurée. D’autres aspirantes rejoignent bientôt le groupe et, en 1612, la maison de la Galerie est délaissée pour une autre plus vaste qui devient le premier monastère de la Visitation.
Pour en savoir plus, parmi les dernières publications :
A la source de la Visitation, par Françoise Bouchard, Salvator
François de Sales et Jeanne de Chantal : l’ordre de la Visitation fête ses 400 ans, Cerf

Le voile et la plume
Le voile et la plume : Jeanne de Chantal, François de Sales, par Marie-Claire Bussat-Enevoldsen, Bayard
En choisissant de s’adresser directement à Jeanne de Chantal, l’auteur la fait revivre d’une façon très vivante. Elle s’attache aux 38 premières années de sa vie et à sa rencontre extraordinaire avec François de Sales
Saint François de Sales : l’amour au coeur, par Hyacinthe Vulliez, Le Vieil Annecy
Ouvrage accessible à tous, avec des illustrations, des extraits de textes dévoilant une personnalité marquante et attachante.
Et aussi :
Le site de la Visitation à Moulins bien documenté
Le site du château de Thorens, propriété de la famille de Sales
Très vite, cette nouvelle congrégation qui répond à un besoin spirituel de l’époque, connaît une grande expansion. D’abord en France au 17e siècle et ensuite dans la plupart des pays d’Europe. A chaque fondation, des villes, des grandes familles accueillent les nouvelles venues, des bienfaiteurs font des donations, des prêtres les accompagnent. A la mort de la fondatrice, on dénombre 87 couvents et plus d’une centaine en France à la fin de l’Ancien Régime. En plus des dons et des dots, les sœurs gèrent des pensionnats de jeunes filles, ce qui leur assure un revenu. Lorsque cette activité cesse, elles ouvrent des lieux d’accueil, comme par exemple des académies aux Etats-Unis. Comme tous les ordres religieux, la Visitation est soumise aux bouleversements liés à la vie politique de chaque pays. En France, elle est interdite à la Révolution et les monastères dispersés. Napoléon Ier la rétablit en 1805.
Aux 19e et 20e siècles, l’ordre essaime en Amérique du nord et du sud ainsi qu’en Afrique.
En 1615, Jeanne de Chantal et trois de ses compagnes créent une nouvelle maison à Lyon. C’est le deuxième monastère de l’ordre et la première fondation en France. Cette ouverture a des répercussions importantes sur l’avenir de l’institution. L’archevêque du lieu, Monseigneur de Marquemont, soutient cette initiative mais il veut que la nouvelle communauté se conforme aux règles juridiques imposées par Rome aux congrégations. Après de nombreux débats et pour que la Visitation puisse essaimer en dehors du diocèse de Genève, François de Sales accepte de modifier les statuts. En avril 1618, la Visitation devient un « ordre religieux formel » reconnu par le pape avec vœux solennels et clôture stricte. De nouvelles constitutions sont rédigées. C’est donc à partir de Lyon que la Visitation devient un ordre reconnu officiellement et prend son envol.
Dans la ville même, le premier monastère ouvert, la Visitation Sainte-Marie de Bellecour, devient vite insuffisant, victime de son succès. Deux autres maisons s’ouvrent. En 1627, un groupe de visitandines s’installe sur le site de l’Antiquaille, sur la colline de Fourvière. Grâce notamment à leurs travaux de broderie, elles agrandissent les bâtiments existants, construisent un cloître, une église. Elles sont aussi à l’origine du culte de Saint-Pothin, avec la découverte d’une grotte souterraine où serait mort l’évêque martyr. Dès 1640, une troisième maison est édifiée sur la rive gauche de la Saône, à l’emplacement actuel des Subsistances. Elle prend le nom de Sainte-Marie-des-Chaînes, rappelant le système défensif en usage sur la rivière.
Ces trois monastères ferment à la Révolution. Le premier sera transféré à Venise, puis à Trévise en Italie. En 1856, des visitandines revenues à Lyon s’installent Montée du Télégraphe à Saint-Just. Elles choisissent comme architecte, Pierre Bossan qui va ensuite dessiner les plans de la basilique de Fourvière. Pour avoir un revenu, elles ouvrent un pensionnat, supprimé en 1903. Elles demeurent là jusqu’en 1968, date de leur départ pour le village de Vaugneray (Rhône). Aujourd’hui, le beau jardin de la Visitation qui longe les bâtiments de leur ancien couvent et le cloître, perpétue leur souvenir.
Les anciens couvents de Lyon, par l’Abbé Ad. Vachet, E. Vitte
Bienvenue aux Subsistances, Ed. les Subsistances
Le couvent de la Visitation Sainte-Marie de Fourvière
L’ordre compte plus de 3000 religieuses réparties dans le monde entier, dans 155 monastères. Depuis le 17e siècle, environ 80 000 visitandines ont fait ce choix de vie. En 2010, les moniales du Canada fêtent aussi le 100ème anniversaire de leur arrivée à Ottawa en 1910. Parmi ces femmes si discrètes, des figures se détachent comme Marguerite-Marie Alacoque, Anne-Madeleine Rémuzat, Marie de Sales Chappuis... Après les visitandines, d’autres fondations sont nées, se réclamant de Saint François de Sales et de sa spiritualité empreinte d’humanisme.
Comme à l’époque de leurs fondateurs, les sœurs partagent leur temps entre la prière, le travail et aussi la détente. Les monastères sont autonomes, urbains, à la fois fermés et ouverts sur le monde. Bien que menant une vie cloîtrée, les visitandines n’en portent pas moins un regard sur l’extérieur, de par leur activité économique, mais aussi par la lecture des journaux et la réflexion sur notre société. Ainsi à Annecy, dans la maison-mère qui regroupe une quinzaine de moniales, ces dernières vivent de la fabrication d’hosties, de la réalisation de broderies et des revenus de leur petite boutique (
L’Essor savoyard, 13 mai 2010). Elles accueillent aussi les personnes qui désirent vivre un temps de retraite et partager leurs prières. A côté de leur couvent, la basilique de la Visitation qui abrite les reliques de Saint François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal, attire de nombreux visiteurs.
Ailleurs aussi, pour assurer leur subsistance et les frais d’entretien de leurs monastères, les sœurs ont diversifié leurs activités : hôtellerie monastique à Saint-Flour et Voiron, fabrication de gâteaux à Burgos en Espagne, élevage de poules à Loudima au Congo... La ferme du monastère de Tarascon a été pionnière dans l’introduction du yaourt en France.
Pour aller plus loin :
De fleurs en aiguille : l’art de la broderie chez les visitandines, par Danièle Véron-Denise, Gérard Picaud, Jean Foisselon, Somogy
Splendeurs dévoilées : cinq siècles d’art à la Visitation, par Gérard Picaud, Jean Foisselon, Somogy
« Ma fille, qu’es-tu venue faire ici » ? : scènes de vie au couvent, Musée des pays de l’Ain
A l’occasion de cet anniversaire, il ne faut pas oublier la célèbre « Visitandine », pâtisserie inventée dit-on, par des religieuses de Nancy au 17e siècle.