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 Pitié !
CASSOL, Fabrizio
(Cyprès)

9/07/2009 Illustration du document présenté

C’est le propre des chefs-d’œuvre que d’inspirer tous azimuts.

 Fabrizio Cassol, saxophoniste tendance jazz, s’empare sans vergogne de la  Passion Saint Matthieu de Johann Sebastian Bach pour une réorchestration-réinterprétation décomplexée.

Conçue à l’origine comme le fil conducteur du spectacle du chorégraphe flamand Alain Platel, cette lecture très personnelle d’une œuvre monumentale ne retient que trois personnages : Jésus, sa mère et Marie-Madeleine (ces deux dernières ne sont d’ailleurs pas présentes dans l’œuvre de Bach). Judas, Pierre et les autres sont absents. Exit également l’évangéliste, récitant pourtant central dans l’œuvre de Bach.

Cassol convoque pour sa « version » des interprètes issus d’horizons divers : une soprano lyrique traditionnelle (  Laura Claycomb),  Magic Malik, flûtiste de jazz et chanteur peu conventionnel, Serge Kakudji, jeune contre-ténor congolais, une pléthore hétéroclite et concordante d’instruments divers : basse Fender, accordéon, trompette, percussions ... Au final une ambiance cross-over réussie et résolument assumée, dont le premier objet est sans doute de servir la chorégraphie. On distingue nettement des influences africaines (maliennes ?) sous-jacentes. Ce parti pris ne contrarie pas l’ambiance des solos « erbarme dich », « Buss und Reu », qui conservent, à quelques décrochements et accentuations près, la partition d’origine. On peut regretter l’éviction du chœur, « personnage » à part entière dans la Passion de Bach, mais encore une fois les chefs-d’œuvre, patrimoine commun, ont vocation à générer d’autres œuvres. Et ici Bach, qui décidément inspire dans les genres les plus divers (  Lambarena,  Loussier...), est certes revisité avec fantaisie mais ne semble pas trahi dans l’esprit.

Fanfare syncrétique, musique de souffrance et de compassion, introversion mise en scène, fidélité au texte laissant libre cours à l’improvisation et dépassant le simple collage. Un peu fourre-tout ou d’un hybridisme de mauvais aloi, penseront certains. Peut-être. Mais si vous aimez Bach écoutez donc, par curiosité. Et si vous n’aimez pas Bach, écoutez aussi, par curiosité toujours.

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