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Commerce de gros
Du marché-gare de Perrache au marché de gros de Corbas : chronique d’un transfert annoncé
24/12/2008
Le 5 janvier 2009, le marché de gros de Lyon-Corbas ouvrira ses portes. Le nouveau site, ultramoderne et fonctionnel, financé par les grossistes, ira vers plus de compétitivité et de qualité. Ainsi, avec la fermeture du site de Perrache, se tourne une page de l’histoire commerciale et urbaine de la ville de Lyon. Près de 50 années d’échanges et de tractations au milieu des allées et venues incessantes de camions et de wagons. Nous vous proposons, à l’aube de cette « ère » nouvelle, de revivre ensemble un peu de cette histoire économique du Grand Lyon afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce transfert... en attente de la reconversion prochaine de l’espace ainsi libéré en plein cœur de la Confluence.


Sommaire :
1/ Les débuts du marché de gros
2/ Le « marché-gare » : 1961-2008
3/ Le nouveau site de Corbas
4/ Quid du site de Perrache ?

Doc : Site de Corbas, 161.6 ko, 150x100

Site de Corbas

©Agence Sylvie Perret

(JPEG, 161.6 ko)

1/ Les débuts du marché de gros :


Dès l’antiquité romaine, Lyon acquit une renommée de ville commerciale. Cette réalité s’accentua à partir du XVe siècle, sous le règne de Louis XI, ainsi que dans la première moitié du XVIe siècle, avec la tenue de foires. S’y rendaient marchands et banquiers venus des contrées limitrophes. Lyon acquit alors une richesse et une renommée universelle qui font toujours d’elle, une ville de marchés.

Doc : Palais Saint-Jean, 69 ko, 150x98

Palais Saint-Jean

©BML, S3431

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L’apparition des premiers marchés de gros date du XIXe siècle, juste après la révolution industrielle. Le tout premier marché de gros de Lyon s’implanta sur le quai de l’Archevêché, sur les bords de Saône, plus précisément sur la place de Roanne (puis quai de la Bibliothèque). Ce marché appartenait à la Ville de Lyon et avait lieu exclusivement le matin. Là étaient vendues les denrées venues du sud de la ville, notamment de la haute vallée du Rhône. Ce marché de gros, au début embryonnaire, connut un essor considérable, se répandant vers le nord. Au fil des années, le quai de la Bibliothèque acquit le monopole des produits locaux et régionaux.

Sur le quai Saint-Antoine, de l’autre côté de la Saône, se vendaient surtout des produits importés de Provence, de Catalogne. Ce marché fonctionnait le matin et l’après-midi.

Au fil du temps, de nombreux grossistes vinrent de tout le pays pour implanter leur entreprise à Lyon. De plus, le développement du chemin de fer permit l’accélération de l’acheminement en fruits et légumes. Au fret ferroviaire, s’ajouta l’essor des moyens de communication (télégraphe, poste et téléphone) qui contribuèrent à améliorer énormément les échanges des denrées périssables.

Un inconvénient de taille : aucun de ces deux marchés ne pouvait bénéficier de structures permanentes, seules étant tolérées les tentes démontables et provisoires. Aussi, les grossistes étaient-ils soumis implacablement aux aléas climatiques et à leurs effets parfois dévastateurs !

Quelques références utiles :

  •  Travailleurs et métiers lyonnais/Justin Godart, réimpréssion de l’édition de 1909. Le chapitre intitulé « Lyon marchand » vous en apprendra davantage sur la tradition commerciale de la ville et les différentes raisons (politiques, religieuses, économiques ou encore géographiques) qui l’expliquent.
  •  Histoire des marchés lyonnais/Laurent Gouat (2007). Présentation d’une histoire du commerce des fruits et légumes à Lyon, suivi d’un historique du marché-gare.
  • @ Vous pouvez également consulter le Point d’actu Lyon, d’un marché à l’autre. Ce dossier, réalisé en 2007, fait le tour des différents marchés actuels à Lyon et dans ses environs, mais revient également sur les marchés du temps jadis.
  • @ Le site de l’ADPM, Association pour le Développement et la Promotion des Marchés, créée en 2004 à l’initiative de la CCI de Lyon. Première et unique association de ce type en France, elle a pour but de dynamiser les marchés.

2/ Le « marché-gare » : 1961-2008


Un transfert indispensable :


Doc : Presqu’île (...), 73.9 ko, 150x73

Presqu’île de Perrache

©BML, S3431

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Dès le début des années 20, la création d’un marché de gros, durablement installé, devint une priorité pour l’ensemble de la profession. Parallèlement, la Ville de Lyon souhaitait mettre fin aux problèmes de circulation et de stationnement qui perturbaient le travail des négociants et des acheteurs.
En 1938, un premier devis fut adopté par le Conseil municipal. De tous les sites possibles où implanter le futur marché, on retint l’emplacement situé aux confins de la presqu’île de Perrache (ancienne gare d’eau). Malheureusement, la Seconde Guerre mondiale interrompit le projet, qui d’ailleurs, ne remportait pas l’unanimité.

Dès la Libération, les Services Techniques de la Ville réalisèrent un nouveau plan. Ce dernier ne vit pas non plus le jour car il soulevait un grand nombre de questions et de problèmes insolubles autour du financement.

Doc : Plan (1960), 213 ko, 150x98

Plan (1960)

©AML, 505Wp31

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L’idée refit surface définitivement dès l’année 1950. L’avant-projet fut adopté en Conseil municipal (à l’unanimité), sous le mandat d’Edouard Herriot, en août 1950. En 1952, la Déclaration d’utilité publique était obtenue et un premier emprunt autorisé par le Ministère de l’Intérieur. Le projet définitif fut adopté le 17 janvier 1955 et l’on entreprit les premiers travaux dès l’année suivante.

Un projet à la fois local et national :

Doc : Vue aérienne, 92 ko, 150x112

Vue aérienne

V.Cuyl©Région Rhône-Alpes

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Ce projet de transfert coïncida avec l’élaboration d’un programme d’implantation d’un réseau de Marchés d’intérêt national (MIN) par le gouvernement. Le but en était la normalisation des circuits de distribution des denrées alimentaires et la lutte contre la forte inflation que connaissait le pays.
L’implantation de MIN était destinée à régler le problème de l’approvisionnement des grandes agglomérations en :
-  rationalisant la distribution,
-  organisant la concurrence,
-  améliorant la qualité des produits.

Le marché de Lyon fut classé comme marché d’intérêt national en janvier 1966. On l’appela rapidement « marché-gare » (plutôt que gare-marché) en raison de sa proximité avec la gare de Perrache et la desserte ferroviaire dont il jouissait.

Doc : Vue d’ensemble.., 79.1 ko, 150x148

Vue d’ensemble...

Eric Dessert©Région Rhône-Alpes

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A lire :

  •  Pourquoi pas Perrache ?, pp. 20-21. Cet ouvrage a été édité à l’occasion de l’exposition qui s’est tenue aux Archives Municipales de Lyon en novembre 2002.

Les nouvelles installations du Marché de gros :

Construit sur l’emplacement de la gare d’eau de la compagnie Seguin, le marché-gare de Perrache ouvrit pour la première fois ses portes aux acheteurs le mardi 9 mai 1961. Le site était idéal, puisque placé au centre de l’agglomération lyonnaise, desservie à la fois par la route et le chemin de fer.
La surface totale du marché est de 16 hectares avec une superficie couverte de 86 723 m². Les installations du nouveau marché se sont axées autour de deux idées assez novatrices pour les années 60 :
-  imposer le marché comme un véritable centre commercial pour le commerce de gros polyvalent,
-  faciliter les manutentions avec des bâtiments fonctionnels.

Les magasins des grossistes ont été livrés sans aménagements préalables. Les commerçants réalisèrent eux-mêmes les installations nécessaires à leur négoce.

Doc : Gare d’eau, 70.6 ko, 150x96

Gare d’eau

©BML, CA 15/1

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Des ouvrages sur la naissance du marché-gare et son histoire :

Dans la presse :

Doc : L’allée centrale, 76.9 ko, 150x105

L’allée centrale

Jean-Marie Refflé©Région Rhône-Alpes

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@ D’autres ressources :


-  Sur le site de l’INA, visionnez la Vidéo réalisée à l’occasion du dixième anniversaire du MIN . Il s’agit d’un « reportage sur l’activité nocturne du marché international de gros de Lyon avec des interviews de routiers, de maraîchers, et du directeur du marché. Les images du reportage sont ponctuées par les couplets d’une chanson réaliste sur les travailleurs nocturnes, interprétée par un jeune chanteur lyonnais. »

Les raisons de la délocalisation :


Dès les années 80, l’idée d’un transfert commença à émerger dans les idées. La concrétisation du projet s’accéléra notablement pendant le mandat de Raymond Barre (1995-2001).
Le site avait atteint le paroxysme de l’inadéquation :
-  exiguïté des installations (dès 1967, tous les « carreaux » furent concédés),
-  vétusté des infrastructures, finissant par leur conférer une certaine dangerosité,
-  impossibilité de modernisation,
-  impossibilité d’extension du site, cerné par le fleuve, le rail et l’autoroute.
Lyon était ainsi « condamnée à innover » !

L’idée d’une délocalisation sonnait d’autant bien aux oreilles des politiques locaux, que dans le même temps, ils envisageaient la reconquête du sud de la presqu’île. Toutefois, la gestation du projet fut longue. Si le consensus portait à la fois sur la nécessité de la délocalisation comme sur le lieu de la future implantation : la zone d’activités de Mions-Corbas, les incidences législatives n’étaient pas simples à résoudre : étant le premier MIN à se voir transférer, il n’y avait aucun modèle sur lequel se calquer : tout restait à faire ! Il fallut inventer la démarche ainsi que les modifications nécessaires à apporter à plusieurs articles du texte de loi fondateur.

Le principal point d’achoppement entre les professionnels et les politiques fut le montant des efforts financiers que la communauté urbaine de Lyon (propriétaire du terrain) étaient prête à consentir. De leur côté, les grossistes revendiquaient sur plusieurs points :
-  devenir propriétaires de leur outil de travail,
-  participer à la gestion du site,
-  garder un droit à la revente du fonds de commerce,
-  pour les entreprises familiales (qui auront du mal à supporter le poids financier d’un déménagement et qui donc, cesseront leurs activités), une indemnité compensatoire pour les droits dont elles durent s’acquitter pour utiliser l’espace du MIN, espace qu’elles ne pourront revendre.
L’acceptation comme le refus de telles revendications conditionnent le montage juridique et financier du projet.

En 2001, avec l’arrivée de la nouvelle municipalité, le dossier stagna quelques temps. Le projet fut relancé à la faveur d’un autre, que le maire de Lyon, Gérard Collomb avança : créer un pôle de loisirs et de commerce avec un point d’ancrage au sein du quartier de la confluence. Le projet du transfert du marché de gros à Corbas était relancé.

Le décret de déclassement du MIN, en décembre 2006 remit l’opération « sur les rails » en la faisant entrer dans une phase de concrétisation décisive. Les premiers travaux de construction et d’aménagement débutèrent la même année pour une livraison finale à la fin de l’année 2008.

A lire afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants du projet :

3/Le nouveau site de Corbas :

Doc : Corbas, 169.1 ko, 150x100

Corbas

©Agence Sylvie Perret

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Une adaptation aux besoins de tous :


Si les deux principaux bâtiments ont été livrés à la fin du mois de septembre dernier, c’est le 5 janvier prochain que sur le site de Lyon-Corbas, que 18 grossistes et 70 producteurs accueilleront leurs tout premiers clients.

Les nouvelles infrastructures ont été adaptées aux besoins tant des professionnels que de leurs clients (comme aux nouvelles normes sanitaires) :
-  2 bâtiments face à face, longs de 300 et 350 m,
-  35.000 m² de surface totale (27.000 m² dédiés à la seule conservation des produits),
-  un site de 11 hectares relié à l’ensemble des infrastructures de transports (autoroute, port Edouard-Herriot ou encore l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry). De plus, l’achat du terrain de Corbas a permis un rapprochement avec les entreprises agroalimentaires de la zone industrielle Lyon Sud-est,
-  la proximité d’avec Lyon (le site n’est distant que de 12 km),
-  l’obtention de baux commerciaux de 18 à 99 ans, pour des grossistes qui avaient longtemps été privés de propriété commerciale.

Un nouveau statut :


Jusqu’alors géré par une société d’économie mixte (la Sogely, Société pour la Gestion du MIN de Lyon, créée en 1960), le MIN a cédé définitivement la place à une structure privée. Les grossistes se sont en effet regroupés en association professionnelle : l’Association syndicale Libre (ASL), pour assurer la gestion du site. Premier MIN à avoir été déclassé, on l’appelle désormais « marché privé de gros ».
L’idée de la CCI est de faire de ce nouveau site le premier pôle agroalimentaire du sud de l’Europe grâce à son implication dans l’association CORB’AGRO LYON.

Doc : Le chantier, 98.7 ko, 150x100

Le chantier

©Agence Sylvie Perret

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Des infrastructures adéquates :


Les grossistes ont accepté une certification afin de garantir la traçabilité des denrées. L’ensemble de la profession souhaite en effet participer à l’amélioration de l’image de la filière en agissant sur le haut niveau de qualité exigé par la filière.
Aussi, de nombreuses choses ont-elles été revues, voire créées, comme :
-  l’optimisation de la gestion des déchets (bennes compactrices, points de collecte...),
-  l’amélioration pour la circulation des poids-lourds (à Perrache, les voiries étaient devenues trop étroites pour les gabarits des camions modernes),
-  la construction de bâtiments sans étages pour faciliter les manutentions...

@ Quelques références accessibles sur Internet :

Dans la presse :

4/ Quid du site de Perrache ?


Lyon Confluence :


Le maintien du marché de gros à Perrache nuisait à la complète réalisation du projet de Lyon-Confluence. Le programme en effet, allie la rénovation d’une partie du quartier existant et la reconversion des terrains à vocation industrielle en quartier de centre-ville mixte, digne du XXIe siècle.
D’ici 2010-2011, ce seront ainsi près de 2500 habitants et quelques 6000 emplois qui devraient venir enrichir le site, qui a souffert à la fin du XXe siècle d’un déclin démographique et économique. Le but est de donner une nouvelle dynamique au centre-ville pour lutter contre « l’étalement urbain » qui « dilue » les activités économiques urbaines.

Doc : La Confluence, 124.7 ko, 150x98

La Confluence

©Crédit photo : www.culture.lyon.fr

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Le transfert du marché de gros à Corbas permettra, avec la vacance des locaux de Perrache, d’enclencher la deuxième phase du projet. L’espace ainsi reconquis tiendra compte, au sein d’une importante concertation, des attentes des riverains comme des exigences liées aux contraintes techniques du site.

Pour en savoir plus sur le projet :

@ Le document pdf, disponible sur le site de Lyon Confluence.

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logo Lyon 2013

©Crédit photo : www.lyon.fr

« Lyon 2013 » : capitale européenne de la culture


Cette année, Lyon fut candidate aux côtés de Bordeaux, Marseille et Toulouse pour le choix de la capitale européenne de la culture. L’obtention du titre aurait été un accélérateur pour le renouvellement social et culturel de la métropole lyonnaise. Hélas Lyon a perdu, Marseille a gagné... Dans le dossier de candidature de la Ville, de nombreux lieux ont été mis en exergue et étudiés par l’agence d’urbanisme et la Ville de Lyon afin d’accueillir des manifestations. Notamment, le Marché-gare, pour un usage provisoire en attendant la mise en œuvre de la 2e phase du projet urbain Lyon Confluence.

Les thèmes retenus pour le concept « Lyon, terre de confluences » étaient :
-  explorer le territoire des images,
-  partager les savoirs,
-  expérimenter la création du futur,
-  se rapproprier l’espace de la ville,
-  inventer une nouvelle urbanité.

Le dossier de candidature de Lyon pour l’élection de la capitale européenne de la culture :



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