points d'actu !

Je voudrais connaître la liste des périodiques (quotidiens, hebdomadaires, mensuels) de la presse parisienne et de la presse lyonnaise, pour les années 1930 à 1939 et les années 1949 et 1950. Voir

Je prépare la biographie d’un écrivain parisien du nom de Robert Giraud. Dans les années 45-55, Robert Giraud était très ami avec l’écrivain et futur grand reporter du "Progrès" de lyon Pierre Mérindol... Voir

J’ai entendu dire que le périodique "Les Petites Affiches de Lyon" avait été le premier journal Lyonnais, mais aussi le premier journal français édité en dehors de la capitale, au XVIIIe siècle, par Aimé Delaroche... Voir

Y aurait-il des journaux satiriques spécifiquement lyonnais parus aux 19e ou 20e siècles et disponibles à Lyon... Voir

J’aimerai savoir quelle était la première Une du premier numéro du "Progrès"... Voir

Où pourrais je trouver des statistiques , tableaux , graphiques..., sur differents medias lyonnais (radio , presse ,télévision ...) Voir

Je voudrais connaître le nom de certain journaux départementaux (comme le "Progrès" à Lyon)... Voir

J’aurais aimé avoir des renseignements au sujet du journal "Le Progrès"... Voir



La presse lyonnaise, déclin ou mutation ?
13/11/2008
« [...] il n’est pas impossible que le jugement de pertinence des citoyens, loin de démontrer leur stupidité, témoigne au contraire de leur part d’une évaluation assez fine de la valeur réelle des informations proposées. Plus fine, peut-être, que celle de beaucoup de journalistes ».


Illust : Manchette Potins, 9.9 ko, 283x87

Bertrand Labasse pointe dans  Une dynamique de l’insignifiance, d’une manière mi-ironique mi-sérieuse, le problème de la qualité de l’information.

La presse lyonnaise dans la tourmente, avions-nous titré il y a deux ans. L’organisation, au niveau national, des Etats généraux de la Presse française, et du XVIè Congres de la Presse française, du 19 au 21 novembre prochain, à Lyon, nous offrent l’occasion de dresser un état de la presse lyonnaise.

Car il s’en est passé des choses depuis 2006 : les gratuits continuent de fleurir sous forme d’hebdomadaires ou de mensuels. Certains titres de la presse payante ont changé radicalement de ligne éditoriale, d’autres de maquette, Le Progrès a fêté le 11 novembre 2008 son 50 000e numéro. Et pendant ce temps, cette même presse continue d’explorer les possibilités d’Internet. Sans oublier que les difficultés économiques de certains titres, parmi les emblématiques, persistent. Nous avons voulu en savoir plus, jusqu’à pousser la porte de certains de nos journaux.

Pour en savoir plus sur ce qui a été dit lors du Congrès national de la Presse française, vous pouvez consulter les articles suivants :

 Le Progrès des 19 et 20 novembre 2008 : le quotidien régional présente les enjeux industriels du Congrès dans un contexte de crise.

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La Tribune a consacré la Une de son numéro du 29 janvier 2009 à la presse lyonnaise. Un dossier de 8 pages revient sur la situation des medias lyonnais, de la presse écrite à la télévision en passant par la radio. L’hebdomadaire détaille notamment les difficultés récurrentes du Progrès : baisse des ventes, pertes financières accumulées, critiques et démotivations des journalistes. L’on trouve également une analyse de la situation des magazines lyonnais. La Tribune annonce, par ailleurs, l’accord entre Lyon Capitale et Rue89, qui permettra aux deux titres des publications croisées. Néanmoins, ce dossier n’analyse pas la situation des gratuits et des magazines spécialisés. C’est une vision noire de la situation de la presse lyonnaise aujourd’hui.

Un dossier spécial réalisé par  Les Potins d’Angèle. L’hebdomadaire satirique consacre une double page à la situation de la presse nationale et régionale, avec un zoom sur LyonMag.

Et enfin 2 pages dans  LyonPLus du 21 novembre 2008. Le quotidien gratuit insiste sur la crise de la presse nationale quotidienne. Une page est également consacrée aux différents essais de "nouveaux modèles économiques".

Le mensuel  LyonMag’ consacre une page en décembre 2008 à la presse gratuite, qui traverse elle aussi une crise importante. Le mensuel annonce également le lancement des "Régionaux indépendants", association professionnelle qui fédère les éditeurs indépendants et les magazines régionaux. Philippe Brunet-Lecomte, directeur de Lyon Mag’ en est le nouveau président.

Les Etats généraux de la presse sont analysés également dans  Medias , tout au long d’un dossier critique. La revue pointe les dérives du capitalisme des grands groupes de presse français, et livre un constat accablant de l’action de l’Etat. Le trimestriel rappelle également quatre questions fondamentales, et, malheureusement, absentes des débats des Etats généraux :

-  L’information est-elle encore liée à la citoyenneté ?
-  La presse est-elle encore un mass-media ?
-  Faut-il sauver l’idée d’un quatrième pouvoir ?
-  Qui doit payer pour maintenir le pluralisme ?

Sur l’opposition aux Etats généraux, vous pouvez consulter le site de Mediapart. Mediapart est un journal en ligne payant, mais qui offre des articles en accès gratuit. Fondé par Edwy Plenel, Laurent Mauduit et François Bonnet, ses représentants ont quitté les Etats généraux de la Presse en raison d’un désaccord sur la méthode et le contenu de ceux-ci.

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Sommaire

1.La presse lyonnaise aujourd’hui : une offre segmentée et pluri-media

1.1 A chacun son journal !

1.2 Le pluri-media : petit mode d’emploi

2. A la recherche d’un nouveau modèle

2.1 La faute aux gratuits et au numérique ?

2.2 Les communautés émergentes

1. La presse lyonnaise aujourd’hui : une offre segmentée et pluri-media

1.1 A chacun son journal !

C’est une vérité que chacun a pu expérimenter ces derniers temps : que vous soyez un lecteur traditionnel attaché à la presse quotidienne régionale, un jeune urbain féru de nouvelles technologies, un citoyen réceptif au développement durable, ou membre d’une communauté quelconque, la presse lyonnaise possède ce qu’il vous faut.

Petite revue rapide des titres disponibles.

1.1.1 Les quotidiens : Le Progrès au pays des gratuits...

Tout d’abord, Le Progrès et l’ensemble de ses éditions locales, qui font partie du groupe EBRA, détenu à 51% par l’Est républicain et à 49% par le Crédit mutuel centre-est. Le quotidien lyonnais propose une actualité internationale, nationale et de proximité grâce à son réseau de journalistes et de correspondants locaux. C’est un journal généraliste et tout public.

Illust : Une de 20 Minutes, 26.6 ko, 198x273
Depuis 2002, Le Progrès doit faire face à de nouveaux venus : les quotidiens gratuits. Métro et 20Minutes se sont tout d’abord lancés dans la bataille. Mais il y a aussi LyonPlus et Direct Soir Ces gratuits s’adressent d’abord à un public urbain -ils ne sont disponibles que dans les grandes agglomérations-, plutôt jeune et féminin. Des différences à noter : 20Minutes ressemble plus à un magazine qu’à un quotidien, Direct Soir est distribué en soirée et comporte peu d’informations locales. LyonPlus est un cas intéressant, car il a été lancé par Le Progrès pour concurrencer les autres gratuits à Lyon. Avec cette question : y-a-t’il un risque de cannibalisation entre LyonPlus et Le Progrès ?

1.1.2 Des hebdo et des mensuels pour tous

Illust : Lyon femmes, 21.9 ko, 198x256
Ce sont des hebdomadaires et des mensuels qui se présentent sous forme de magazines. Du côté de l’information générale et locale, l’on trouve Lyon Mag, hebdomadaire qui se veut poil à gratter, et qui décline depuis plusieurs années de nouveaux titres : Objectifs Rhône-Alpes, Lyon Femmes, Lyon Découverte, Lyon Foot et Lyon Générations toujours sous forme de magazines. Aujourd’hui, ces titre représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires du Groupe Lyon Mag. De son côté, Lyon Capitale vient de lancer en octobre dernier une nouvelle formule. L’ancien hebdomadaire des « esprits libres », après un court passage du côté des gratuits, a finalement opté pour une version magazine payante mensuelle, revendiquée comme haut de gamme par la direction du journal.

La Tribune fait aussi partie de cette liste depuis 2005. Sur ce sujet, nous renvoyons au précédent Points d’Actu !Le lancement des Potins d’Angèle en 2005 a renoué la tradition lyonnaise de la presse satyrique interrompue en 1978. Se plaçant sur un plan résolument critique et humoristique, Gérard Angèle, ancien responsable du service politique du Progrès propose une lecture non conventionnelle de l’actualité lyonnaise.

Face à ces publications, payantes, l’on trouve des magazines gratuits installés dans le paysage de la presse lyonnaise. Citons Lyon chez moi qui propose une information variéee et de proximité avec un fil rouge dans l’air du temps : le développement durable.

Illust : Lyon chez moi2008-11, 29.9 ko, 209x280

Citons encore Hétéroclite, mensuel gratuit d’information pour la communauté gay de l’agglomération. Enfin, le dernier venu jusqu’à présent : A propos 2 Lyon qui est un bimestriel gratuit, qui s’affiche comme le gratuit pour les hommes et les femmes en ville.

Sans oublier Le Tout-Lyon et les Petites affiches lyonnaises, qui proposent des articles consacrés essentiellement à la vie économique de l’agglomération...

Au total, sans même entrer dans le détail de publications professionnelles, les parutions se sont diversifiées et segmentées en fonction des publics visés.

Pour aller plus loin

Pour s’y retrouver dans les évolutions de la presse nationale et locale,  Le guide de la presse française,(Presse News)qui propose un classement des titres de presse et une petite fiche synthétique concernant leurs propriétaires.

Pour suivre l’actualité des médias dans la région Rhône-Alpes, vous pouvez consulter  Intermedia,(Intermedia Rhone-Alpes)

 Guignol, journaliste, Gérard TRUCHET, (Bibliothèque municipale de Lyon)

1.2 Le pluri-media

Ce n’est pas un terme très élégant mais il a le mérite de la clarté : aujourd’hui, la presse s’efforce d’être présente sur tous les supports et medias : papier, audiovisuel et internet. A vrai dire dans ce panorama, du côté de la presse quotidienne, on peut estimer que seul Le Progrès est en route vers le pluri-media puisqu’il propose, outre ses versions papier, une information sur Internet et à la télévision, moyennant la chaîne de télévision locale TLM, dont le groupe est partie prenante. Tous les autres titres cités possèdent un site internet avec, pour les plus avancés d’entre eux, un forum ou un blog interactif. A contrario, LibéLyon et Lyon en France proposent uniquement une version électronique de leur publication. Et qui plus est gratuite. Sur le Web, c’est d’ailleurs la tendance dominante. Pour l’instant, le lecteur ne paie pas contrairement à l’annonceur, même si, parfois, la recherche dans les archives électroniques peut donner lieu à une tarification.

Mais comment s’articule cette offre sur Internet avec les versions papier des journaux ? On peut distinguer trois points communs à toutes les publications :

-  la diffusion d’informations en continu : informations de portée locale ou plus générale. Ce sont des fils d’informations pratiques comme la météo et l’état du trafic en temps réel. Ce sont également des dépêches qui mettent à jour une information de la version papier du quotidien.

-  la création d’espaces interactifs sous forme de blogs et de forums : l’internaute se voit offert la possibilité d’ajouter un commentaire ou une information à l’information donnée par le journal. Les sites de Lyon Mag ou de Libé Lyon en sont les meilleurs représentants.

-  L’enrichissement de l’information essentiellement par la diffusion de vidéos, reportages et mise en ligne d’interviews dans leur intégralité. Dans ce dernier cas, l’entretien a pu faire l’objet d’une version courte dans le journal papier.

Autrement dit, le développement sur Internet d’un quotidien ou d’un magazine est envisagé comme un enrichissement de la version papier. L’information y subi un traitement spécifique. Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Pour aller plus loin

 Le journalisme après Internet, Yannick ESTIENNE, (L’harmattan).

 La presse quotidienne, Jean-Marie CHARON, (La Découverte)

 Alternatives économiques, novembre 2008, (Alternatives économiques). Un dossier consacré à la recherche de nouveaux modèles économiques de la presse, avec le récit d’expériences tentées à l’étranger.

2. A la recherche d’un nouveau modèle pour la presse quotidienne locale

2.1 La faute aux "gratuits" et au numérique ?

La presse a développé un modèle économique original que l’on pourrait résumer avec la formule suivante : la presse, un mariage à trois, l’éditeur, le lecteur, l’annonceur. Le journal est vendu aux lecteurs et en même temps, il est vendu aux annonceurs. Ainsi, un journal ne peut théoriquement être viable que s’il s’assure des recettes des deux côtés. Mais lecteurs et annonceurs sont intimement liés, car ceux-ci recherchent la diffusion la plus large pour leur publicité. La conquête d’un lectorat élargi suppose des investissements lourds pour être rentable.

Avec l’introduction des « gratuits », ce modèle est mis à mal. Seuls les annonceurs paient le journal, puisqu’il est distribué gratuitement aux lecteurs. Les recettes publicitaires doivent donc compenser cette perte. Mais depuis 6 ans, peu de « gratuits » ont été rentables. Ils offrent cependant un avantage par rapport aux quotidiens locaux : les annonceurs nationaux sont attirés par l’impact dans les principales métropoles françaises.

Le Progrès peut être considéré comme un exemple-type de presse quotidienne régionale. Il a suivi un modèle de développement industriel qui englobe les opérations de collecte et de production de l’information, l’impression, la diffusion. Ce modèle suppose des amortissements longs pour des investissements lourds.

Cependant, ces difficultés de la presse quotidienne régionale ne peuvent être simplement imputées à l’introduction des « gratuits ». Le taux de pénétration des quotidiens n’a cessé de reculer depuis les années 1970. Et leur diffusion ne cesse de baisser. Pour les chiffres de diffusion du Progrès, voir le rapport annuel de l’OJD. Même les magazines ont du mal à exister : Lyon Mag avoue une baisse de sa diffusion et de son chiffre d’affaire en 2006-2007.

C’est que le contexte se modifie : l’offre est évolutive, de plus en plus spécialisée et segmentée. Surtout la percée d’Internet rend possible la production et la diffusion de l’information en flux. Dans ces conditions, le modèle économique de la presse quotidienne régionale tend à évoluer.

Pour aller plus loin :

Illust : Tableaux statistiques, 12.2 ko, 142x195
 tableaux statistiques de la presse 2007, (Cabinet du Premier ministre). La crise de la presse en chiffres, par titre de presse, par secteurs...

 Economie de la presse, Patrick LE FLOCH,(La Découverte)

 Le défi des quotidiens gratuits, Ludovic HIRTZMANN et François MARTIN,(Editions Multimonde)

 L’impact de la presse gratuite, Anne BARET,(Connaissances et savoirs)

 Intermedia, 17 novembre 2008consacre un mini-dossier à cette "crise" de la presse sous un angle original : celui des vocations des éditeurs. Et l’hebdomadaire de constater que la "crise" n’arrête la mise en place de nouveaux projets.

2.2 Presse ou service d’informations ?

Les effets conjugués du développement du numérique et de la consommation d’informations sur Internet contribuent à renforcer le mouvement vers la création de services d’agrégation et de diffusion d’informations. Des tentatives en cours et à venir essaient de reconstruire des « communautés d’intérêt » locales sur le Net. La mutation de la presse locale n’est donc pas achevée.

Pour aller plus loin, quelques pistes puisées à l’international :

 Stratégies, 30 octobre 2008,(Stratégies). Le dossier décrit des expériences innovantes en terme de presse sur internet.

Pour les études les plus en pointe, voir les travaux du CNDI qui doit rendre public, à l’occasion du Congrès de la Presse française à Lyon, les résultats sur l’évolution de la presse et de son lectorat.

Alors, déclin ou mutation ? Mutations. Lyon n’est pas pour rien la ville de l’imprimerie, une ville où les journaux et revues continuent de se multiplier et de changer, depuis le premier quotidien imprimé en 1784, Le Journal de Lyon. Seule la prise de risque est inchangée. Le sabordage du Progrès, entre 1942 et 1944, en est un exemple. Il va fêter en 2009 ses 150 ans.

Un grand merci à Gérard Angel, directeur des Potins d’Angèle, et à Jean-Philippe Vigouroux, responsable de la rédaction multimédia du Progrès qui nous ont consacré un peu de leur temps.


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