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Lyon, carrefour des peuples > L’immigration contemporaine > Une autre culture
Crée le 26/09/2008     Modifié le 30/09/2008

L’un des enjeux majeurs que notre société, en Rhône-Alpes comme ailleurs, a à affronter, repose sur notre capacité à réussir la pleine intégration des populations immigrées vivant sur notre territoire. Celles-ci ne se situent plus comme autrefois dans une perspective de retour, mais très souvent souhaitent s’installer définitivement sur notre sol. Nous devons, dès lors, tout mettre en œuvre pour créer les conditions de leur intégration dans une égalité de droit et de devoirs avec nos concitoyens, en refusant la constitution de communautés fermées les unes aux autres.

Jacques Monestier (Préfet de la région Rhône-Alpes, Préfet du Rhône), Programme régional d’insertion des populations immigrées, 1990, p.3.

Le travail des associations

La mise en valeur de la culture d’une communauté dans un pays qui n’est pas celui d’origine passe souvent par les associations, qui par diverses manifestations présentent ses traditions, sa religion... Cependant, le mouvement associatif immigré représente une richesse méconnue. Des associations se sont d’abord créées en lien avec le pays d’origine, dans la perspective du retour. Solidarité oblige, elles servent à l’entraide en France. D’autres, notamment de jeunes, se situent résolument dans la perspective de l’intégration. Elles sont plus ou moins formelles, plus ou moins durables, mais certaines arrivent à se structurer et demandent une reconnaissance : elles veulent aujourd’hui pouvoir intervenir dans des champs d’action nouveaux, et jouer un rôle d’intermédiaire pleinement reconnu par l’ensemble des partenaires institutionnels. Pourtant, l’action sociale et culturelle s’appuie encore peu sur ces associations d’immigrés. A côté des associations maghrébines plus anciennes et développées, il existe désormais des mouvements concernant d’autres communautés aux caractéristiques différentes.

-  Pour plus d’informations sur les différentes associations présentes dans le Rhône, il est intéressant de consulter l’annuaire des association du Rhône.

L’exemple turc

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Association franco-turque

© Marcos

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> Les Turcs, par exemple, quand ils viennent de milieux urbains, ont une vie associative forte et politisée. Fiers de leur pays, ils veulent faire partager ses richesses culturelles, rappeler son histoire. Les groupes d’origine rurale, en revanche, sont relativement fermés à l’idée d’insertion, et vivent fréquemment repliés sur eux-mêmes. La création de la maison de la Turquie est un exemple de volonté de la part de la communauté turque de faire connaître ses origines et sa culture aux autres. Le 16 novembre 1990, un article de Lyon Figaro intitulé « Un goût de Bosphore » traite de l’ouverture de la maison de la Turquie à Lyon, dans le quartier des Terreaux (1er). Actuellement, la maison de la Turquie se situe 1, place Meissonier, dans le 1er arrondissement de Lyon. Il s’agit d’un centre d’information pour comprendre la culture turque, représentée à l’époque par 7 000 personnes dans l’agglomération. La place des Terreaux et la place Guichard (3ème) sont les principaux lieux de rencontre de la communauté Turque. Cependant, l’article précise que sur les 7 000 Turcs habitant l’agglomération lyonnaise, une minorité réside à Lyon. Beaucoup vivent en banlieues, à Saint-Priest ou à Vénissieux. Les chefs de familles trouvent principalement des emplois dans le bâtiment ou la confection. Cependant, se sont des secteurs d’activités qui ont tendance à générer une certaine clandestinité. En Rhône-Alpes, où sont recensés 60 000 Turcs (1990), on estime à 10% le nombre de clandestins. L’article présente également le témoignage d’Ibrahim, restaurateur sur les pentes de la Croix-Rousse, qui fait part de son avis sur les problèmes d’intégration ressentis par la communauté : Nous rencontrons d’importants problèmes d’intégration. Du fait de notre culture très différente et souvent mal comprise. Pour se sentir parfaitement intégré, je crois qu’il faut passer une génération. Rien n’a été fait jusqu’à présent pour faire connaître notre culture, nos traditions.

Un article du Le Progrès datant du 6 octobre 2004 montre que les difficultés d’intégration sont toujours d’actualité. L’article s’intitule "On confond l’immigration et le pays", le journaliste René Raffin interroge Akin Özçer (consul général de Turquie à Lyon) sur l’image que les français ont de la Turquie dans un contexte où la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne est en débat. A la question A quoi ou à qui attribuer cette dégradation de l’image de la Turquie ?, Akin Özçer répond : Les causes sont multiples mais en premier lieu on peut imputer une part de la responsabilité aux amalgames de toutes sortes qui sont faits. On confond volontiers l’immigration turque et le pays lui-même. Ou, encore, les pays maghrébins et la Turquie. Mais il faut, également, faire la part de la propagande. Qu’elle émane des partis hostiles à l’adhésion, notamment à l’extrême-droite. Ou, encore, du lobby arménien particulièrement actif dans cette région. Inutile de dire que cette situation est difficile à vivre pour nos ressortissants.

L’exemple vietnamien

Les asiatique sont considérés comme bien intégrés. Ils se regroupent dès qu’ils le peuvent par nationalité, vivent en marge, participant peu à une vie sociale qu’ils ne comprennent guère. La communauté vietnamienne se retrouve tous les ans à l’occasion de la fête du Têt, le nouvel an vietnamien selon le calendrier lunaire.

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Danseuse lors de la fête du Têt

© Marcos

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Le Journal Rhône-Alpes (autre titre de Lyon Figaro) dans un article daté du 9 février 1987 traite de cette célébration. Pour la communauté vietnamienne, c’est une fête traditionnelle très importante (l’événement le plus important de l’année). Elle marque la fin d’une année lunaire et le début d’une nouvelle année. On célèbre le Têt entre le 1er et le 7ème jour de l’année lunaire soit, entre la dernière semaine de janvier et la troisième de février. Les esprits des ancêtres reviennent alors sur terre le temps d’une journée. Au Vietnam et partout où réside sa diaspora, on fête l’événement à grand renfort de fleurs et de pétards. Le Têt marque également l’arrivée du printemps, d’où son nom vietnamien qui signifie "Fête de la Première Aurore". Cependant, ces regroupements suscitent des inquiétudes : dans un article de Lyon Figaro, daté du 3 août 1990 et titré « Miribel-Jonage, Chinatown du Rhône », le directeur du parc de loisir de Miribel-Jonage soulève des problèmes tels que les jeux clandestins et le commerce illégal.

Autre point de vue, un article du Le Progrès montre la volonté de la part de la communauté vietnamienne du Rhône de mettre en valeur sa culture d’origine à travers différents mouvements associatifs. Aussi, l’article intitulé "La Communauté vietnamienne : Intégration et fidélité à ses racines " explique qu’ils sont néanmoins près de 200 000 à vivre dans notre pays, cultivant en outre la fierté de leurs racines. Une fierté rimant avec respect des traditions, comme en témoigne la célébration de la fête du Têt qui scellera l’entrée dans l’année du Tigre, et qu’accueillera le samedi 7 février le Centre Culturel de Villeurbanne. Une manifestation organisée à l’initiative de l’Union Générale des Vietnamiens du Rhône. Comme le souligne son président, celle-ci trouve son origine dans la seconde vague d’immigration. Résultant de la réunion de plusieurs associations et personnalités influentes de la diaspora, c’est en 1976 qu’elle prendra son appellation actuelle. Avec environ 150 membres actifs, l’Union Générale des Vietnamiens du Rhône, qui touche toutefois beaucoup plus de monde par le biais de ses activités, est donc à Lyon la plus ancienne association de la diaspora. D’un point de vue politique, elle s’est toujours prononcée contre la guerre et pour le retrait des troupes américaines du sol vietnamien, rappelle Vu Van Huan. Aujourd’hui, ses objectifs sont multiples. Ils portent tout d’abord sur une notion d’entraide et de solidarité traduite notamment par la mise en place d’actions ponctuelles, telle celle organisée à la suite du passage du typhon Linda dans le sud du pays. En outre, l’association oeuvre à la promotion de la culture vietnamienne, ainsi qu’au développement des liens de coopération et d’amitié entre le Viêt Nam et la France. Aussi, elle tient à jouer un rôle important dans l’ouverture du Viêt Nam sur le monde. Le gouvernement vietnamien a d’ailleurs remis l’an passé la médaille d’honneur de l’indépendance à l’Union Générale des Vietnamiens de France. Une ouverture visant également à favoriser les retours temporaires au pays, malgré certaines réticences palpables chez les personnes ayant fui le pays voici une vingtaine d’années.

Doc : Danse traditionelle, 20.9 ko, 100x150

Danse traditionelle lors de la fête du Têt

© Marcos

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Bibliographie

-  René Raffin, "On confond immigration et pays", Le Progrès, 6 octobre 2004, p.8

-  "La Communauté vietnamienne : Intégration et fidélité à ses racines ", Le Progrès, mercredi 28 janvier 1998

-  Programme régional d’insertion des populations immigrées, 1990.

-  Les étrangers dans la région Rhône-Alpes, dossiers de presse couvrant les années 1974-1992 édités par la Bibliothèque Municipale de Lyon.

-  Base dossiers de presse Rhône-Alpes : cette base met à la disposition du public les dossiers de presse contenant des articles postérieurs à 1992 et jusqu’à ce jour.



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