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Lyon, carrefour des peuples > L’immigration contemporaine
Crée le 26/09/2008     Modifié le 29/09/2008

Un exemple d’immigration contemporaine : histoire de l’immigration Vietnamienne et Turque...

Bref rappel sur l’histoire de l’immigration Vietnamienne

La répartition géographique des immigrés vietnamiens

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Immigrés vietnamiens lors de la fête du Têt (17-12-91)

© Marcos

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La répartition géographique des immigrés vietnamiens est très contrastée en France où ils sont très présents. Plus de la moitié de la communauté vietnamienne réside dans la région Ile-de-France, principalement à Paris (11,8%), en Seine-Saint-Denis (8,2%), dans le Val-de-Marne (7,4%), le Val-d’Oise (6,7%) et les Hauts-de-Seine (6,4%). Le sud-est de la France constitue l’autre zone de résidence privilégiée, réunissant plus de 15% des immigrés vietnamiens, répartis à égale mesure entre les régions Rhône-Alpes et PACA. Au total, les dix départements où la concentration est la plus forte réunissent 60% de l’ensemble des immigrés vietnamiens en France métropolitaine. Dans le Rhône, selon un article du Le Progrès, intitulé "La Communauté vietnamienne : Intégration et fidélité à ses racines ", et datant du mercredi 28 janvier 1998, la communauté vietnamienne est forte d’environ 10 000 personnes, principalement établies à Villeurbanne, Décines, Vénissieux, Rillieux-la-Pape et Vaulx-en-Velin.

Les quatre phases de l’immigration vietnamienne

Avant 1945

D’après Le Huu Khoa, (Les Vietnamiens en France, insertion et identité : le processus d’immigration depuis la colonisation jusqu’à l’implantation des réfugiés, Paris, l’Harmattan) il y a plusieurs phases à l’immigration vietnamienne en France.

Les Vietnamiens immigrés avant 1945 sont d’anciens colonisés. Ils sont en majorité originaires du protectorat de l’Annam, de celui du Tonkin ou de la colonie de Cochinchine. L’auteur insiste sur le fait que, pour les besoin de la 1ère et de 2ème Guerre Mondiale, la métropole avait importé de forts contingents "indochinois" dont les vietnamiens constituaient l’écrasante majorité. La date du 29 août 1945 marque la première étape de la fin du pouvoir colonial et la fondation de la république démocratique du Vietnam. Elle changea l’appréhension de soi de chaque immigré. Désormais, ils n’étaient plus des colonisés mais de simples immigrés. De ce fait, les rapports entre l’institution d’accueil et les immigrés de l’époque se modifient avec l’événement.

De 1954 à 1975

La deuxième vague migratoire des vietnamiens en France se situe entre 1954 et 1975. Il s’agit pour la plupart d’étudiants venus faire leurs études en France. Se sont également des Vietnamiens de nationalité française, les Eurasiens franco-vietnamiens, qui ont été rapatriés en France entre 1945 et 1954 notamment à la suite du désengagement français de Diên Biên Phû (7 mai 1954).

Après 1975

La troisième vague d’immigration date d’après 1975 et les vietnamiens de cette vague ont un statut de réfugié (mais pas de réfugié politique). Le changement de régime politique à la suite de l’événement du 30 avril 1975 (date de la libération du Sud ou la prise de pouvoir total du Vietnam par les communistes) a incontestablement entraîné un changement social radical. La différence qui semble être la plus importante entre l’immigré et l’exilé se situe au niveau de son existence dans le pays d’accueil. Pour l’immigré, le départ suppose un choix, une possibilité de promotion, sa situation est essentiellement individuelle. En revanche, l’exilé est « un émigré par accident », il est politiquement obligé de quitter son pays, ce qui entraîne souvent des troubles psychologiques.

La seconde génération

Il faut également s’intéresser aux Vietnamiens de la seconde génération, c’est-à-dire les enfants (nés en France, donc français) des immigrés. Au sein de leur mode vie apparaît une coexistence entre la culture vietnamienne transmise par leurs parents (qui n’est pas la culture du Vietnam mais une culture transplantée en situation d’immigration), et la culture française, en tant que culture d’accueil.

Un article du Monde, daté du mardi 9 avril 2002, fait le point sur les accord entre l’UE et l’ASEM en ce qui concerne les politiques d’immigration : Les Quinze et les dix pays de l’ASEM (Brunei, Chine, Indonésie, Japon, Corée du Sud, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) ont adopté, vendredi 5 avril dans l’île espagnole de Lanzarote, une position commune en matière de gestion des flux migratoires entre l’Asie et l’Europe et de lutte contre l’immigration clandestine. Les 25 pays ont convenu "de partager le renseignement stratégique sur les flux migratoires, y compris l’information sur les itinéraires les plus fréquentés et les réseaux de trafic et de contrebande". Ils ont également "souligné l’importance de la coopération sur le retour et la réadmission des immigrants illégaux".

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Petite fille participant à la fête du Têt (17-02-91)

© Marcos

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Bref rappel de l’immigration Turque

Environ quatre millions d’individus en provenance de Turquie vivent aujourd’hui en Europe, dont plus de 2,5 millions en Allemagne et 400 000 en France. Ils constituent une communauté Turque transnationale européenne, dont l’organisation dépasse largement les frontières des États. L’immigration Turque est la plus étendue, géographiquement, en Europe. Cette présence, dans tous les pays, s’explique par l’absence de passé colonial : les Turcs n’ont pas choisi leur pays d’accueil en raison d’une histoire commune avec une métropole particulière. Cependant des relations historiques et économiques privilégiées ont fait de l’Allemagne la première destination de l’immigration de Turquie mais on trouve aussi des Turcs en Italie, en Espagne, en Grèce, au Danemark, en Suède, en Norvège. Dans les pays du Nord de l’Europe, ce sont surtout des Kurdes réfugiés, et des Chypriotes turcs notamment en Grande-Bretagne.

Cette immigration, qui s’est stabilisée dans les années 1980-1990, est très diverse et elle reflète la diversité interne de la Turquie. Les Turcs d’Europe revendiquent cette diversité culturelle, qui est ethnique, politique, linguistique, religieuse et territoriale, comme chez les Kurdes ou les Alévis. Cette immigration constitue avec les migrations maghrébines, l’un des principaux flux de population aboutissant en Europe occidentale après 1950.

La migration du travail

C’est la migration du travail qui amène en 40 ans 3 100 000 Turcs, à s’installer en Europe occidentale, principalement en Allemagne, déterminant l’apparition d’un véritable champ migratoire turc.

C’est entre 1957 et 1960 que les premiers Turcs arrivent sur le marché Allemand du travail. Un article du Monde daté du mercredi 7 juin 2006 explique l’évolution du processus migratoire, l’arrivée massif de nouveau migrant dans les années 1990 et les difficultés qu’ils ont commencé à rencontrer dans les années 1990 : Après l’immigration main-d’œuvre des années 1960, recrutée le plus souvent en Turquie et en Afrique du Nord, la chute, en 1989, du rideau de fer qui coupait l’Europe en deux, puis la guerre des Balkans, ont suscité de nouveaux mouvements massifs de populations venues de l’est et des pays de l’ex-Yougoslavie, principalement vers l’Allemagne et l’Autriche. Elles ont aussi ouvert de nouvelles routes d’accès à une immigration plus lointaine, du Proche-Orient et d’Asie. Les tensions provoquées par cette immigration, dans tous les pays, ont incité les États membres de l’Union européenne (UE) à chercher des réponses communes. Ce fut un très long processus, commencé lors de la mise en œuvre des accords Schengen, en 1985. En 1990, les Turcs représentent en terme de nationalité, la première population immigrée d’Europe. Selon le dernier rapport consulté du ministère Turc du travail et de la sécurité sociale, publié en 2002 (DIYIH 2002), la population turque vivant en émigration atteint le chiffre de 3 574 164 dont 3 084 067 en Europe occidentale (UE et Suisse), 108 348 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Libye), 54 441 en Australie, 40 650 dans la communauté des États indépendants, 260 000 en Amérique du Nord, 2 424 au Japon, 22 000 en Israël. La migration est essentiellement familiale en Europe.

Les filières migratoires

Le constat général, en Allemagne, en Suède, en Belgique et en France a été celui de l’existence de filières migratoires, souvent favorisées par les pratiques des recruteurs et des intermédiaires. Ces filières sont renforcées par le regroupement familial initial (venue de l’épouse et des enfants) et secondaire (à l’occasion des mariages de la seconde génération), puis par la demande d’asile. Ces filières se fondent sur les réseaux de solidarité traditionnelle anatolienne : familles étendues et parentèles, lignages et formations tribales, appartenances ethniques, politiques et religieuses. Cet ensemble de solidarités repose sur des bases sociales solides : celle de la famille et du lignage, du monde rural et de l’Islam anatolien, urbain comme rural. De fait, la société turque traditionnelle, malgré une certaine occidentalisation, a perduré au travers de multiples réseaux sociaux souvent imbriqués dans la vie quotidienne.

« L’exception Turque en France »

Une étude comparative française dirigée par Michel Tribalat (1995-1996) met l’accent sur « l’exception turque » parmi les immigrés de France. La France, en 1965, est l’un des derniers pays a avoir signé un accord d’échange de main-d’œuvre avec la Turquie suivant la demande du patronat souhaitant diversifier l’origine de ses travailleurs étrangers. Ainsi, il s’agit d’une immigration tardive. De plus, cette minorité développe un certain communautarisme, c’est-à-dire qu’elle se ravitaille partiellement en Turquie, gère ses relations matrimoniales en Turquie, concentre dès qu’elle le peut ses activités de loisir en Turquie et va passer sa retraite en Turquie. Ceci n’empêche pas quelques rares mariages mixtes et de multiples cas exemplaires d’intégration, mais dans un contexte de relations suivies avec le territoire d’origine. Selon Stéphane de Tapia, l’immigration Turque en 2002 n’est toujours pas coupée de ses bases.

Doc : Immigrés turcs, 26.9 ko, 150x101

Immigrés turcs

© Marcos

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Bibliographie

-  Jean-Jacques Bozonnet et Cécile Chambraud, "L’immigration en Europe Durcissement quasi général], Le Monde, 7 juin 2006, p.22

-  Stéphane de Tapia, Migrations et diaspora turques : circulation migratoire et continuité territoriale (1957-2004), Paris, Maisonneuve et la rose, 2005

-  Kastoryano Riva, Être turc en France : réflexion sur familles et communauté, Paris, l’Harmattan, 1986

-  "Immigration : Accord entre l’UE et l’ASEM", Le Monde, 9 avril 2002, p. 7

-  "La Communauté vietnamienne : Intégration et fidélité à ses racines ", Le Progrès, mercredi 28 janvier 1998

-  Les étrangers dans la région Rhône-Alpes, dossiers de presse couvrant les années 1974-1992 édités par la Bibliothèque Municipale de Lyon.

-  Base dossiers de presse Rhône-Alpes : cette base met à la disposition du public les dossiers de presse contenant des articles postérieurs à 1992 et jusqu’à ce jour.



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