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Lyon, carrefour des peuples > De la préhistoire à l’ère industrielle
Crée le 24/09/2008     Modifié le 29/09/2008

Doc : Amphithéâtre antique, 98.7 ko, 100x150

Amphithéâtre antique de Vienne, vestige romain

© Marcos

(JPEG, 98.7 ko)

Dans la région Rhône-Alpes, l’archéologie a mis à jour des traces matérielles ou spirituelles qui révèlent un territoire marqué par d’importants mouvements de populations. Les empreintes de ces histoires individuelles et collectives entremêlées depuis l’origine des temps peuvent se lire, notamment, dans les paysages, l’architecture, les noms de lieux, les emprunts linguistiques, artistiques, culinaires mais aussi dans les mémoires vivantes des personnes ayant migré le plus récemment. Il ne peut pas être question ici de la région Rhône-Alpes à proprement dite, celle-ci n’existant que depuis la loi n° 72-619 du 5 juillet 1972 qui porte sur la création des régions. Le terme de région lyonnaise semble plus approprié, puisque les migrations dans cet espace géographique ont commencé bien avant la création de la région et même avant que la Savoie (département appartenant aujourd’hui à la région Rhône-Alpes) ne soit rattachée à la France (le rattachement définitif date de 1860). L’identité de la région lyonnaise, carrefour géographique, économique et culturel, a été façonnée depuis la préhistoire par des habitants de toutes origines et de toutes croyances parfois venus de loin. Le peuplement de cette région s’est ainsi constitué grâce à divers mouvements de populations : exodes entre campagnes, montagnes et ville, entre colonies et métropole, embrigadements de l’armée, appel massif à la main d’œuvre immigrée dans les mines et lors des « Trente Glorieuses ».

De la préhistoire à l’empire romain

En effet, 40 000 ans avant notre ère, des traces d’occupation humaine attestent du passage de populations qui ont pu séjourner, sans nécessairement se fixer, mais apporter les premières traces de la présence humaine. D’autres indices prouvent que diverses populations se sont côtoyées sur l’actuel territoire rhônalpin bien avant l’arrivée des Romains et la création de Lugdunum qui a donné son nom à la ville. Aussi, les Arvernes, Ambarres, Séquanes, Ségusiaves, Allobroges, Helvètes, se partagent et se disputent le territoire. Puis, en 43 Munatus Plancus, proconsul, c’est-à-dire gouverneur de la Gaule Chevelue conquise huit ans plus tôt, a choisi l’actuelle colline de Fourvière, pour créer la nouvelle colonie de Lugdunum où il installe ses colons. Ceux-ci sont des citoyens romains expulsés un an plus tôt de Vienne, la ville principale des Allobroges, sujets de la Narbonnaise. Cependant, à cette époque, il y avait deux villes sur l’actuel emplacement de Lyon : Lugdunum sur la rive droite de la Saône puis Condate sur la rive gauche, légèrement en amont de son confluent avec Rhodanus (le Rhône). La ville romaine accueille alors une trentaine de nationalités dans le sillage des Romains, dont les Gaulois, qui vont constituer la confrérie des Nautes, expert en navigation sur le fleuve.

Doc : Amphithéâtre antique, 21.7 ko, 99x150

Amphithéâtre antique de Vienne, vestige romain

© Marcos

(JPEG, 21.7 ko)

Du Moyen Âge à l’époque moderne

Paradoxalement, la fin de l’empire romain et le début du Moyen-Âge marque une période de déclin politique et économique. Pourtant, la ville de Lyon reste attractive, située au carrefour des principales voies de communication autant terrestres que maritimes, une voie de passage entre le nord et le sud et vers les Alpes et l’est. Ainsi, à partir du XVe siècle, la création des grandes foires attirent de nouveaux arrivants, tel que des banquiers italiens mais aussi des artisans venus de Savoie, du Juras, du Languedoc, du Beaujolais. Avec le développement de l’imprimerie, les Allemands, les Suisses, les Milanais et les Vénitiens s’installent dans la région lyonnaise et principalement à Lyon.

L’époque contemporaine et le développement de l’industrie

Les développements liés à l’expansion de la production textile, verrière, métallurgique et chimique attirent les spécialistes étrangers. Le dynamisme industriel de la région lyonnaise tient à plusieurs raisons : implantation ancienne des banques, ressources locales en énergie, compétences et savoir faire, réseaux internationaux alimentés par les échanges permanents entre les étrangers venus se fixer ici et leur famille ou leur pays. Pour les échanges de proximité, il faut mentionner le rôle du chemin de fer de l’est lyonnais qui, depuis la fin du XIXe siècle, jusqu’au milieu du XXe siècle, a assuré le transport des personnes et des marchandises vers la proche agglomération et les campagnes, jusqu’aux confins de la Savoie. C’est aussi par cette ligne qu’arrivent les ouvriers dans la ceinture maraîchère de Lyon ou, vers les industries de Pont-de-Cheruy, Crémieu, Morestel. Les employés grecs, arméniens, italiens qui, au début du XXe siècle, vont fournir la main-d’œuvre de la grande industrie de la plaine vont emprunter ce même chemin. Il faut noter que ces vagues migratoires sont les conditions impératives du peuplement d’un pays, ainsi que de régulation entre pays surpeuplés et pays en déficit démographique.

Bibliographie

Bienvenue Stéphane et Pelligra Daniel, Rhône-Alpes, terres de passage, de rencontre et de métissage, 2005, (Peuplement & Migrations)

Clerjon Pierre, Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu’à nos jours, Lyon, 1829-1837

Giron François, "Spécial Gaule Romaine - Lyon, ville double : Lugdunum et Condate", Le Point, N°1874, août 2008



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