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 DIE KÖNIGE IN ISRAEL (Rheinische Kantorei - Hermann Max)
Ferdinand RIES
(CPO)

19/09/2008 Illustration du document présenté

Difficile de s’y tromper, voilà bien de la musique allemande ! Altière et majestueuse, généreuse, la mélodie y coule à profusion, point avare non plus d’effets choraux massifs, à la subtile limite de la grandiloquence. D’aucuns rechigneront à cette emphase « alla tedesca » ; mais n’est-ce pas aussi pour cela que l’on aime la noble musique sacrée de nos voisins d’outre-Rhin ?

Ferdinand Ries (1784-1838), issu d’une famille de musiciens originaire de Bonn, sut trouver de belles et fécondes sources d’inspiration : élève de Beethoven, avec qui il passa plusieurs mois alors que le maestro était en train de créer « Le Christ au Mont des Oliviers », il ressentit à son tour l’impérieuse nécessité de composer son propre oratorio. Sur un livret du poète aixois Wilhelm Smets « Die Könige in Israel » [les Rois en Israël] conte, d’après le premier livre de Samuel - et avec une certaine liberté - l’histoire du conflit de pouvoir entre les deux premiers rois israëlites, Saül et David. Haendel avait déjà lui-même abordé ce thème. Cependant si ce dernier avait choisi Saül comme héros principal, Ries mit David à l’avant-plan dans son oratorio. David évite la confrontation directe avec son adversaire , il laisse cela aux Philistins qui combattent les Israëlites. Les Philistins remporteront une première victoire et Jonathan, que David chérit tendrement, sera tué. Les Philistins ensuite encerclés par les troupes de David se rendent finalement et abandonnent le terrain.

En faisant appel à une distribution orchestrale de grande envergure et copieusement cuivrée (timbales et trompettes, cors et trombones) Ries obtient des effets poignants. Le travail sur les choeurs est particulièrement soigné : ensembles alternativement féminins et masculins, effectifs variés visant des effets contrastés (scènes de batailles qu’on imagine spatialisées, les choristes étaient disposés en double chœur lors de la création de l’oratorio). De magnifiques et amples chœurs qui rappellent parfois les oratorios d’Haydn. Les chanteurs solistes ne sont pas en reste, quoique le nombre de leurs airs soit relativement limité ; on peut notamment écouter le brillant ténor Markus Schäffer, ainsi que la contralto Ewa Wolak, au timbre étonnamment sombre (encore noirci probablement pour cet emploi rêvé de sorcière ). Les chœurs de la  Rheinische Kantorei sont excellents, souples et vaillants, l’orchestre du kleine Konzert irréprochable sous la baguette d’  Hermann Max , qui sait être superbe sans céder au tonitruant.

Entre classique tardif et romantique ce magnifique oratorio illustre avec bonheur une page méconnue du génie musical germanique.

<686> 783.45 783.96





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