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Contraception, Procréation
Un enfant si je veux...quand je veux...
29/11/2010
Alors que les combats des féministes des années 60 ont rendu familière l’idée d’une sexualité sans procréation, les progrès constants de la médecine reproductive nous amènent parallèlement à considérer les possibilités d’une procréation sans sexualité.
Qu’il s’agisse des manifestations pour défendre le droit à l’avortement ou du succès de l’équipe du professeur Frydman donnant naissance aux premiers bébés conçus en France avec des ovocytes congelés, l’actualité de ce mois de novembre 2010 éclaire les deux versants d’un couple sexualité-procréation qui relance le débat autour du contrôle des naissances et de l’assistance médicale à la procréation.
Au-delà de ces questions, statut de l’embryon, contrôle du corps et parentalité sont au cœur de nouveaux débats éthiques.



De la sexualité sans procréation...
Désir ou non désir d’enfant
L’usage de la contraception et le paradoxe français
L’IVG : un combat toujours d’actualité ?
...A la procréation sans sexualité
L’assistance médicale à la procréation
Les nouvelles formes de parentalité
Les interrogations éthiques soulevées par l’AMP

De la sexualité sans procréation...


Désir ou non désir d’enfant ?

Au début du siècle dernier, en l’absence de contraception efficace, la femme se trouvait enceinte sans l’avoir planifié, qu’elle le veuille ou non. Le non désir d’enfant était tabou, l’avortement clandestin et criminalisé. L’avènement de la contraception permit de dissocier sexualité et procréation puis de poser la question du désir d’enfant sans pour autant remettre en question la maternité. Les femmes qui n’avaient pas d’enfants étaient jugées soit négativement si elles en étaient heureuses, soit avec pitié si elles en étaient malheureuses.

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Le mouvement féministe vint bousculer ces certitudes. Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter ont incarné des figures véritablement libératrices pour la femme jusqu’alors confinée dans son carcan de mère. Revendiquant les mêmes droits que les hommes dont celui de s’épanouir dans leur vie professionnelle, les féministes demandèrent aussi un partage des tâches à la maison. Progressivement les choses évoluèrent jusqu’au mouvement « childfree » qui revendique le non-désir d’enfant comme droit pour la femme.

Illust : naissance d’une, 33.3 ko, 500x500

 Naissance d’une liberté : avortement, contraception : le grand combat des femmes au XXe siècle par Xavière Gauthier, ed. Laffont, imp. 2008 Cet ouvrage retrace la lutte historique en matière de contraception et d’avortement, qui a abouti à la législation actuelle et à la libération de la femme et montre une analyse de la situation actuelle des femmes face à la maîtrise de la procréation en Europe et dans le monde.

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 Les lois de l’amour : Les politiques de la sexualité en France (1950-2002) par Janine Mossuz-Lavau, nouv. ed. augmentée ed. Payot, 2002 A travers l’histoire de cinquante ans de libérations sexuelles, Janine Mossuz-Lavau retrace le combat des hommes et des femmes contre le carcan des lois répressives qui faisaient peser sur eux de nombreuses contraintes dont la contrainte procréatrice, puisque la contraception et l’avortement étaient interdits par une loi de 1920. Cette édition a été augmentée d’un chapitre consacré aux politiques de la sexualité en France depuis les années 1990.

Le XXIe siècle autorise la femme non seulement à différer ses grossesses, à planifier le nombre d’enfants souhaités mais aussi à ne jamais en avoir. Malgré cette « révolution des pensées », la position dominante abrite toujours l’idée que puisqu’elle a reçu le bagage physiologique pour être enceinte, la femme doit nécessairement accomplir ce programme. Même si de plus en plus de femmes n’ont pas d’ enfant par choix (« childfree ») ou par impossibilité de réaliser leur désir (« childless »), affirmer un non désir d’enfant reste encore « politiquement incorrect » au yeux de l’opinion publique.
Sources :

Illust : Ces femmes qui n, 76.4 ko, 400x617
Ces femmes qui n’ont pas d’enfants / Isabelle Tilmant, De Boeck, 2010. L’ouvrage ouvre à la compréhension nuancée du vécu des femmes qui n’ont pas d’enfant. Il offre des pistes de réflexion pour les femmes et les couples qui s’interrogent sur la place à donner ou non à la parentalité, qu’elle soit biologique ou adoptive.
 Destins de femmes sans enfants / un film d’Isabelle Moeglin B.Biblio. Grand Angle, 2009.

Illust : Un bébé oui ou non, 88.7 ko, 400x633
 Un bébé oui ou non ? : pas facile de se décider... / Christiane der Andreassian et Sophie Guillou. Toulouse : Milan, 2008.

L’usage de la contraception et le paradoxe français

En France, si la mise en vente des premiers moyens de contraception commence dans les années 1890, le droit des femmes à maîtriser leur fécondité ne sera reconnu que 77 ans plus tard, en 1967.

La « libération » de la contraception en quelques dates :

  • 1967 : Loi Neuwirth autorisant la fabrication et l’importation de contraceptifs vendus exclusivement en pharmacie et sur ordonnance médicale ; interdiction de propagande anti-nataliste.
  • La loi du 4 décembre 1974 conçue par Simone Veil et Lucien Neuwirth améliore la diffusion de la contraception
  • 1999 : abrogation des articles de la loi de 1920 interdisant la publicité et l’information sur les préservatifs et autres contraceptifs
  • La loi du 13 décembre 2000 autorise une délivrance sans prescription médicale de la contraception d’urgence
  • La loi du 4 juillet 2001 autorise les médecins libéraux à prescrire une contraception à une mineure sans autorisation parentale.

Source :  Vie de femmes : 50 ans d’avancées médicales / coordonné par Catherine Weil-Olivier. Montrouge : John Libbey Eurotext, 2008.

En Occident, la contraception est désormais une évidence : 3 femmes sur 4 en âge de procréer y ont recours en France. Les données du baromètre santé 2005 montrent que la pilule représente la principale méthode utilisée (57,2 %), devant le stérilet (21,9 %) et le préservatif masculin (20,9 %). En cas d’échec de contraception, les femmes savent qu’elles peuvent avoir recours à la contraception d’urgence. Cependant le délai maximal dans lequel la pilule du lendemain doit être prise n’est connu que par une minorité d’entre elles (11,7 %) tandis que le message de son accès libre en pharmacie est assez bien passé, surtout auprès des plus jeunes.

Pourtant un paradoxe persiste : malgré l’accroissement de l’utilisation des méthodes contraceptives, les nouveaux moyens de contraception (implant, patch, anneau vaginal) ainsi que l’introduction de la pilule du lendemain (Norlevo) en vente libre depuis 2001le nombre d’avortements est stable depuis 1974, avoisinant toujours les 200 000 par an. Le fait s’explique en partie par une difficulté à gérer sa contraception au quotidien.

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La campagne de communication : Choisir sa contraception initiée par l’INPES repose sur l’idée centrale que pour être bien acceptée et suivie, la méthode contraceptive doit être adaptée à chaque femme et choisie par elle (voire son partenaire), en fonction de sa réalité quotidienne.

D’après une enquête de l’INPES sur la contraception et les français (2007), parmi les femmes utilisant actuellement la pilule, plus d’une sur cinq (21%) déclarent l’oublier au moins une fois par mois. De plus, le recours à la contraception d’urgence est encore inégal. Plus d’une femme sur dix (13,7 %) a déjà eu recours à la contraception d’urgence, suite le plus souvent à un problème de préservatif (32,5 %), un problème de pilule (24,9 %) ou un rapport sexuel non protégé (21,8 %). Pour 7,5 % des femmes, le recours à la contraception d’urgence n’a pas suffi à éviter une grossesse. Parmi les femmes sexuellement actives, 17,2 % ont eu recours à l’IVG au cours de leur vie.

La Cité des sciences et de l’industrie propose un reportage sur le sujet et revient plus en détail sur ce paradoxe français.

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Contraception et sexualité Cachelou

 Contraception et sexualité : connaître, choisir, prévenir les risques de Roland Cachelou. Paris : Ed. In Press, 2008 Pilule, patch, implant, nouveaux stérilets, anneau vaginal... de nouvelles méthodes contraceptives ont récemment vu le jour. Que faut-il en penser ? Comment se repérer face à cette diversité ? Permettre à chacune (et à chacun) de choisir la bonne contraception en toute connaissance de cause, tel est l’objectif de ce livre. Les avantages et inconvénients de chaque moyen contraceptif, les contre-indications, les effets secondaires sont tour à tour présentés.

 Choisir sa contraception / Martin Winckler, Paris : Fleurus, 2007 . Informer, rassurer et démystifier la contraception : ce petit guide pratique répond à vos interrogations et balaie les idées reçues.

L’IVG : un combat toujours d’actualité ?

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La loi du 13 décembre 2000 relative à la contraception d’urgence puis celle du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse (le délai légal de recours à l’IVG passe de 10 à 12 semaines, les mineures peuvent se faire avorter sans autorisation parentale, la RU-486 ou IVG médicamenteuse est autorisée en dehors du milieu hospitalier) ont été de nouvelles étapes dans la maîtrise de la fécondité. Celle-ci avait débuté par la loi de 1967 dite loi Neuwirth sur la régulation des naissances (dispositif élargi par la loi du 4 décembre 1974) et par la loi du 17 janvier 1975 dite loi Veil relative à l’interruption volontaire de grossesse.

 IVG aujourd’hui : état des lieux par la réalisatrice Pascale Cuenot, 2004 L’accès, dans des conditions sanitaires décentes, à l’interruption volontaire de grossesse a été reconnu par la loi Veil du 17 janvier 1975. Celle-ci a été réaménagée par la loi du 4 juillet 2001, prolongeant le délai légal de l’accessibilité à l’interruption volontaire de grossesse de deux semaines. Aujourd’hui ces lois ont fait la preuve de leur utilité, mais aussi de leurs limites au regard de l’évolution des mentalités de la société française ainsi que dans l’organisation du corps médical. Ce documentaire a comme objectif de comprendre l’organisation du système médical face à l’avortement aujourd’hui.

Trente cinq ans après la loi Veil, l’accès à l’IVG reste encore difficile en France. Selon certaines associations, l’avortement relève parfois moins du droit que de la tolérance. Refus de prise en charge, délais importants, invocation de la clause de conscience, fermetures massives des centres d’IVG : avorter dans le délai légal des 12 semaines de grossesse se transforme alors en un parcours d’obstacles et une course contre la montre. Selon une estimation du planning familial, entre 3000 et 5000 femmes sont contraintes chaque année d’aller avorter à l’étranger.
L’ouverture de la pratique de l’IVG médicamenteuse aux centres de planification et à la médecine de ville depuis 2004 est une avancée importante. 49% des IVG pratiquées en France en 2007 sont médicamenteuses mais leur prise en charge est très inégale sur le territoire comme le souligne une étude de la Drees publiée en décembre 2009.
La fermeture de centres IVG

La loi Bachelot de 2009 sur la réforme hospitalière incite à regrouper les services au sein d’une unique et grosse structure et accélèrent la fermeture massive de centres IVG. Le secteur privé quant à lui, se désengage progressivement d’un « acte qui reste financièrement déficitaire » et 75 % des IVG sont aujourd’hui réalisées dans le secteur public, contraint d’abriter un CIVG par structure hospitalière.

L’inspection générale des affaires sociales dans un rapport publié en février 2010, constate d’ailleurs les progrès "réels mais incomplets et fragiles" de l’IVG en France Un second rapport souligne que la place de l’IVG dans le système de soin n’est pas encore normalisée et que son assise en tant qu’activité médicale demeure fragile.

Pour répondre à une logique comptable et limiter les déficits financiers, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot annonçait le 8 mars dernier une revalorisation de 50% du forfait IVG, passant ainsi de 383 euros à 625 euros. Mais la mesure qui devrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année ne règle pas tout. Selon un article de La Tribune, « La revalorisation décidée par le gouvernement va avoir pour effet de surenchérir le coût du ticket modérateur restant à la charge du patient, lequel s’élève à 20% du forfait (voire 30% pour une IVG médicamenteuse) » fragilisant encore plus les patientes sans mutuelle à qui l’augmentation du prix de l’IVG sera directement facturée ». D’où une mobilisation des associations début novembre pour rappeler et défendre le droit à l’avortement...

 Un enfant quand je veux, si je veux par la réalisatrice Paule Zajdermann, 2004 Toutes les sept minutes, une femme meurt dans le monde des suites d’un avortement clandestin. Aujourd’hui encore, les femmes européennes ne sont pas toutes égales devant ce droit fondamental qui consiste à décider seule, en toute conscience, de la poursuite ou de l’interruption d’une grossesse. Après un état des lieux glaçant de la situation française, Paule Zajdermann propose un tour d’horizon des législations européennes.

...à la procréation sans sexualité


L’assistance médicale à la procréation (AMP)

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"L’assistance médicale à la procréation s’entend des pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle, ainsi que toute technique d’effet équivalent permettant la procréation en dehors du processus naturel", c’est ainsi qu’elle est définie dans l’article L. 152-1 du Code de la santé publique.
L’article L. 152-2 reconnaît deux fonctions à l’AMP :
"répondre à la demande parentale d’un couple dont l’infertilité a un caractère pathologique médicalement diagnostiqué ;
éviter la transmission à l’enfant d’une maladie d’une particulière gravité (.)"
La technique de fécondation in vitro a été mise au point en 1978. C’est l’année de naissance de Louise Brown, le premier bébé conçu grâce à cette technique aux Etats-Unis. A cette époque, on pratiquait la fécondation in vitro pour pallier aux lésions des trompes, lésions que la chirurgie ne peut réparer. Depuis, les indications de la FIV se sont élargies. En 1982, grâce aux travaux de l’équipe du professeur Frydmann, naissait le premier bébé éprouvette français : Amandine. Près de 30 ans plus tard, le même professeur est à l’origine de la première naissance en France de jumeaux issus d’ovocytes congelés : Jérémie et Keren.
 Les bébés de l’amour et de la science / un film de Jackie Bastide, 2008, raconte l’aventure palpitante, pleine de rêves, d’espoirs et d’effrois que furent les trois décennies pionnières de l’Assistance Médicale à la Procréation.
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 Désir d’enfant par Pr René Frydman, Pr Marcel Rufo, Christine Schilte, ed. Hachette pratique, 2006 Sous la forme d’entretiens, des spécialistes viennent au secours des couples quand le désir d’enfant est présent et que le bébé ne vient pas. Ils examinent toutes les solutions offertes par la médecine pour réaliser ce désir (la procréation médicalement assistée : stimulation, FIV, ICSI, insémination...) et les préparations physique et mentale propres à optimiser les chances de conception.

On estime qu’un couple sur 7 est amené à consulter un médecin au moins une fois pour une infertilité supposée et qu’un couple sur 10 suit des traitements pour remédier à son infertilité.
L’AMP avec donneur représente 6,7% des tentatives. Selon l’Agence de biomédecine, en 2007 :

  • 5 340 enfants ont été conçus à la suite d’une insémination intraconjugale. Les chances de grossesses par insémination sont de 12% en moyenne.
  • 12 000 enfants sont nés après une fécondation in vitro intraconjugale. Les chances de grossesses après une fiv sont d’environ 23%.
  • 1 285 enfants sont nés à la suite d’un don de gamètes. Au total en 2007, 20 657 enfants sont nés de l’Assistance médicale à la procréation soit 2.5% des enfants nés en France.
    Et ailleurs ?
    Le Sénat a mis en ligne en janvier 2009 une étude de législation comparée concernant l’accès à l’assistance médicale à la procréation. Comparée à 8 pays étrangers (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse) la France fait partie des pays (avec l’Allemagne, l’Italie et la Suisse) qui limitent le plus strictement l’accès à l’assistance médicale à la procréation, la réservant aux couples hétérosexuels. Quatre pays, la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, autorisent la procréation post mortem.

L’article L. 152-2 fixe les conditions requises pour l’accès à l’AMP : "l’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans et consentant préalablement au transfert d’embryons ou à l’insémination". Telle qu’elle est pour l’instant formulée, l’AMP n’est pas légale pour les personnes vivant seules, les couples homosexuels, les couples dont l’un des membres est décédé.
Quelques sites pour aller plus loin :

  • FIV-France fournit des informations détaillées sur les différentes techniques existantes en matière d’assistance médicale à la procréation ainsi que sur leur coût, leur législation.
  • Genethique.org consacre un dossier aux risques et questions éthiques posées par l’assistance médicale à la procréation : risques pour la mère ou pour le couple, risques pour l’enfant conçu par AMP, risque pour l’embryon, risque pour la société et pour le genre humain.

    Les nouvelles formes de parentalité

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    Et si ma femme était mon père

    L’assistance médicale à la procréation, le don de gamètes, la gestation pour autrui...Désormais l’Homme sait instrumentaliser sa propre procréation : il peut donner des enfants à des couples stériles ou à des couples homosexuels, programmer la naissance d’enfants en bonne santé au sein de familles touchées par de très graves maladies génétiques, et parvient même à envisager la venue d’un bébé-médicament pour soigner un membre de la fratrie... Les espoirs les plus fous sont donc permis mais bon nombre de questions restent en suspens bouleversant les définitions de la parentalité et de la filiation...
Illust : famille à tout prix, 22.2 ko, 500x500
 La famille à tout prix par Geneviève Delaisi de Parseval , ed. Seuil, 2008 L’auteur poursuit et amplifie sa réflexion commencée dans L’Enfant à tout prix sur les « nouvelles parentalités ». Elle connaît intimement par son travail beaucoup de couples en mal d’enfant ayant dû avoir recours aux nouvelles techniques de procréation permises aujourd’hui par le progrès de la médecine : fécondation in vitro, mères porteuses, dons de sperme ou d’ovocytes, etc., auxquelles s’ajoute le cas des couples homosexuels voulant avoir des enfants. Le livre s’adresse primordialement à ces « nouveaux parents », et pour les aider à s’y reconnaître dans un paysage extrêmement complexe où ils ont besoin d’être guidés. Il souligne la souffrance de nombre de ces personnes devant les échecs répétés, leur désarroi, leur cheminement psychologique. Enfin, il compare les législations en vigueur dans différents pays et propose au législateur des mesures concrètes ainsi que des changements profonds.
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 Mes papas, mes mamans, et moi ? la place des enfants dans les nouvelles parentalités, sous la direction de Jacques Besson et Mireille Galtier, ed. Erès, 2007 La question de la construction identitaire de l’enfant, plus particulièrement à travers les modifications du jeu oedipien que les nouvelles parentalités (parentalité médicalement assistée, monoparentalité, parentalité adoptante, parentalité homosexuelle, etc.) introduisent.

Les interrogations éthiques soulevées par l’AMP

Parce qu’elle propose de nouvelles forme de maternité où conception et gestation ne sont plus indissociables, parce qu’elle bouleverse les règles de filiation et qu’elle peut bousculer le calendrier rigide de la procréation, l’assistance médicale à la procréation suscite toujours des interrogations d’ordre moral et éthique. Le débat est d’autant plus ouvert que nous sommes actuellement dans une période révision des lois de bioéthique et que celles-ci encadrent strictement l’AMP.
Pour en savoir plus sur la révision des lois de bioéthique, voir le dossier documentaire élaboré par la Documentation française.

La gestation pour autrui

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Interdite en France par les articles 16-7 du Code civil disposant que « toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle » et 117-13 du Code pénal, cette pratique est cependant discutée dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique.

Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste et spécialiste de l’assistance médicale à la procréation (AMP), rappelait en février 2008 dans un entretien à l’hebdomadaire Le Monde que depuis 20 ans, 10 000 bébés ont été conçus en ayant recours aux mères porteuses aux Etats-Unis. Et d’expliquer que pour elle, la fonction maternelle peut se répartir en 3 femmes distinctes : "la mère d’intention" (qui élèvera l’enfant), la mère "génétique" (qui donnera l’ovocyte si besoin est) et la mère "gestatrice". Selon ses expériences cliniques, il n’existerait pas plus de risques psychologiques pour l’enfant issus d’une GPA que dans d’autres formes modernes de procréation, tels que le don d’ovocyte ou "l’accueil d’embryon". Elle estimait également qu’il était urgent pour la France de combler son retard et de légiférer sur cette question des mères porteuses.

Dans cette optique, le Sénat a publié en janvier 2008 une étude de législation comparée concernant la gestation pour autrui qui dresse des cadres juridiques mais aussi des débats autour de cette question en Suisse, au Canada et Etats-Unis. Deux ans plus tard, le 27 janvier 2010, les sénateurs ont examiné une proposition de loi tendant à autoriser et encadrer la gestation pour autrui. Pourtant l’idée est absente de la proposition de loi présentée en conseil des ministres par Roselyne Bachelot le 20 octobre 2010 dans le cadre de la révision des lois de bioéthique « le projet de loi compte interdire les mères porteuses, maintenir l’accès à l’assistance médicale à la procréation aux couples hétérosexuels en cas d’infertilité médicalement diagnostiquée ». Mais le projet pourra encore évoluer lors des débats parlementaires qui se dérouleront en 2011.

L’anonymat des dons

Il est précisé à l’article L. 152-6 du Code de la santé publique que "l’assistance médicale à la procréation avec tiers donneur ne peut être pratiquée que comme ultime indication lorsque la procréation médicalement assistée à l’intérieur du couple n’a pu aboutir".
La future loi de bioéthique envisage la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes, Roselyne Bachelot précise que les enfants nés d’un don ne pourront accéder, à leur majorité, à l’identité du donneur que si ce dernier y consent préalablement. L’accès à des données non identifiantes (données médicales, âge, etc) sera aussi garanti. La ministre ajoute que la loi ne sera pas rétroactive en réponse aux inquiétudes d’anciens donneurs craignant d’être contactés.

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 Enfants du don : procréation médicalement assistée : parents et enfants témoignent par Dominique Mehl, ed. R. Laffont, 2008 Pour la première fois, les enfants nés d’un don de sperme, d’ovules ou venus au monde grâce à une mère porteuse, les parents donneurs ou receveurs témoignent. Gestation pour autrui, homoparentalité, anonymat des dons de gamètes : leur expérience a transformé leur conception du lien biologique et de la parenté. La parole de ces enfants du don et de leurs parents est plus que jamais cruciale à l’heure où s’ouvre une ample délibération sur les lois de bioéthique, dont la révision est prévue en 2009.

L’expérimentation de nouvelles techniques, quelles perspectives pour demain ?

René Frydman, père du premier bébé-éprouvette français évoquait dans un entretien à au journal  Le Monde, le 3 juillet 2006, le futur de la procréation assistée. L’une des perspectives les plus fascinantes concerne les cellules souches et la possibilité de les transformer in vitro en gamètes c’est à dire soit en ovocytes soit en spermatozoïdes, ce qui rendrait le nombre potentiel de descendants conçus in vitro sans limite. René Frydman évoquait aussi les recherches pour alléger les traitements stimulants la fonction ovarienne. Une autre piste plus radicale consisterait à prélever des ovocytes immatures et à réaliser leur maturation in vitro.

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 L’utérus artificiel par Henri Atlan, ed Le Seuil, 2005 Henri Atlan livre une réflexion sur les méthodes de procréation médicalement assistées et sur l’utilisation éventuelle d’un utérus artificiel qui permettrait la gestation d’un embryon hors du corps de la femme. Voué avant tout à des fonctions thérapeutiques, il pourrait rapidement être détourné afin de répondre à des désirs d’enfants que la procréation naturelle ne permet pas de satisfaire.
Depuis la naissance en Belgique en 2004 d’un enfant issu de cette technique, il est désormais possible d’envisager que les femmes conservent leur fertilité plus longtemps en prélevant du tissu ovarien, en le conservant au froid puis en le réimplantant. En France, l’hypothèse est devenue réalité cette année avec la naissance, le 2 novembre 2010, de jumeaux issus d’ovocytes congelés. L’équipe du professeur René Frydman a eu recours à une méthode de congélation lente, autorisée par la loi française, mais elle milite pour légaliser la vitrification, une technique de congélation rapide plus récente et plus performante qui évite la formation de cristaux susceptibles de détériorer les ovocytes.

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 A la poursuite de l’enfant parfait de Benoit Bayle, ed. Robert Laffon, 2009 : comment être frère et sœur jumeaux dans l’éprouvette et naître à plusieurs années d’intervalle ? Comment naître d’un père mort ? Quel devenir pour les enfants nés d’une mère ménopausée ? Refusant de prendre pour acquis les dogmes et les croyances de notre société procréatique, Benoît Bayle postule l’importance du lien entre la conception et le développement psychologique de l’individu, et ouvre le débat sur la dignité de l’être humain conçu.

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 Mille et une façons de faire des enfants : la révolution des méthodes de procréation / Bertrand Pulman. Paris : Calmann-Lévy, 2010. Nous ne sommes probablement qu’au début d’un processus qui va produire des réalités de plus en plus extraordinaires : la possibilité de choisir le sexe de son enfant, la transplantation d’utérus, la fabrication de gamètes, la gestation en dehors du corps de la femme, etc. vont nous entraîner dans un univers inconnu. Les nouveautés dans le domaine des sciences de la vie suscitent souvent des discours alarmistes. Ce livre montre pourtant que les craintes ne sont pas toujours justifiées. Il existera bientôt mille et une façons de faire les enfants. Seule comptera, en définitive, notre aptitude à nous adapter et à encadrer ces changements de la manière la plus heureuse possible. Un ouvrage riche et stimulant qui nous oblige à réviser toutes nos idées reçues sur les questions de l’enfantement...



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