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Quand la bande-dessinée monte sur les planches...
Yolande Moreau en scène
Deschiens, a été, au cinéma, consacrée en 2005 par un César pour son long-métrage
Quand la mer monte. Au coeur de ce film il y avait un spectacle, Sale Affaire (du sexe et du crime), one woman show dans lequel Yolande Moreau jouait le rôle d’une femme qui se confie au public alors qu’elle vient de tuer son amant. C’est donc ce spectacle qu’elle présente à Angoulême et qui sera illustré en direct par
Pascal Rabaté, auteur de
Ibiscus dont l’actrice est grande admiratrice.
Un petit peu de la même façon, et toujours dans le cadre du festival d’Angoulême 2008, Thomas Fersen sera illustré par Joann Sfar.
Thomas Fersen, chanteur rêveur de la scène française sera porté par les illustrations inédites réalisées en direct par
Joann Sfar, un des piliers de la nouvelle bande-dessinée française.
Le Cid de Morvandiau
collection Commoedia des éditions Vents d’Ouest. Plutôt plus pour
la version du Cid de Corneille par le génial Morvandiau, puisqu’il s’agit là d’une oeuvre à part entière qui a su respecter le texte d’origine tout en lui donnant un souffle contemporain. Dans la même veine, Ubu, personnage crée pour le théâtre par Alfred Jarry au début du XXème siècle a trouvé une nouvelle jeunesse avec la
série imaginée par Emmanuel Reuzé et librement inspirée du travail du dramaturge.
Shirley et Dino de Margerin
Lucien, a lui récemment dessiné une
véritable autobiographie loufoque des deux fantaisistes Shirley et Dino.
Alexandro Jodorowsky fait le lien mieux que quiconque entre spectacle vivant et bande-dessinée. Il a scénarisé plusieurs séries de BD pour
Moëbius,
Boucq ou
Bess. Alexandro Jodorowsky, tour à tour scénariste, clown, acteur, chorégraphe, tireur de tarots, cinéaste, romancier et metteur en scène, après avoir parcouru le Chili en tous sens avec sa troupe de marionnettes, se rend à Paris en 1953 où il collabore avec le Mime Marceau et lui écrit quelques-unes de ses plus célèbres pantomimes. C’est en hommage au mime décédé récemment qu’il a scénarisé
Pietrolino, le clown frappeur.
A l’inverse donc, les BD ayant été adaptées pour la scène sont plus rares mais souvent très intéressantes. C’est le cas du
Démon de midi, bande-dessinée de Florence Cestac, devenue one-woman show au théâtre en 2003 grâce à Michèle Bernier.
Le Chat du rabbin de Joann Sfar, a été adapté au théâtre par la compagnie de productions Donc.
Lincoln des frères Jouvray
The building, de Will Eisner, adapté au théâtre par la compagnie dijonnaise Le Sablier, ou bien aussi l’adaptation de la BD-western Lincoln, des frères Jouvray, par le Collectif TIF de Marseille (voir la bande-annonce de la pièce).
A écouter et lire en ligne, une émission de Radio Praha avec deux dessinateurs belges sur le thème de l’adaptation d’une BD pour le théâtre, et vice-versa !
Peter Pan de Loisel
La danse a également été inspirée par la BD.
Peter Pan, de Loisel, a été librement adaptée en spectacle de danse par la compagnie Calcagno/Dubois au Pavillon Noir à Aix-en-Provence en 2007.
La BD muette
Là où vont nos pères, de Shaun Tan (lire interview de l’auteur sur le site Du9.org), a été portée sur les planches sous la forme d’un spectacle multi-disciplinaire incluant des projections des illustrations originales, des acteurs et des créatures-marionnettes, sans aucun dialogue.
Cette année au festival d’Angoulême, des concerts de dessins auront lieu : "Une histoire originale de Carlos Sampayo sera mise en images en direct, en public et sur grand écran par une dizaine de dessinateurs, sur une partition tango inédite d’Areski Belkacem. Véritable dialogue émotionnel entre disciplines artistiques, les concerts de dessins présentent une forme de bande dessinée originale, qui n’est liée ni au papier, ni à l’impression, ni à la reproduction." (source www.bdangouleme.com)
A propos de concerts justement, des auteurs comme Robert Crumb, Joann Sfar, Ludovic Debeurme ou Charles Berbérian en ont donné plusieurs, tout en dévoilant leur amour de la musique dans plusieurs BD.
Panopticum de Thomas Ott
La ville qui n’existait pas", de Enki Bilal, où la BD se raconte en musique.
Idem pour la BD muette de Thomas Ott “
Cinéma panopticum” qui a inspiré un groupe de jazzmen improvisant sur les images de l’album lors du Big Bande Dessinée de la médiathèque de Vaise en 2007.
Impro-musicale mais aussi impro-BD. Comme l’impro-théâtre, l’impro-BD met en scène deux équipes qui s’affrontent sur des thèmes imposés (policier, humour, science-fiction, etc.) avec certaines contraintes (impro à relais, nombres de cases limitées, etc.). Les joueurs doivent dessiner dans un laps de temps annoncé par l’arbitre et, bien sûr, le public vote pour la meilleure impro. Une rencontre est prévue, toujours dans le cadre du festival d’Angoulême, entre l’équipe du magazine Fluide Glacial et celle de l’hebdomadaire Spirou.
Pour finir ce Points d’actu, une actualité toute chaude avec les « 24 heures de la bande dessinée » qui viennent d’avoir lieu dans le cadre du festival d’Angoulême : un marathon graphique qui était à suivre en direct sur le Net. Cela consistait, pour chacun des auteurs participant, à concevoir et réaliser 24 pages de bande dessinée en 24 heures, soit une page de couverture, 22 planches et un dos de couverture, à partir d’une contrainte dévoilée au dernier moment ! Cette année il s’agissait de "mettre en scène à la page 12 une réunion de famille" ! Bon, vous avez peut-être loupé le direct, c’est rageant, certes, mais vous pouvez retrouver directement l’intégralité des planches réalisées par les 203 participants sur le site http://24hdelabandedessinee.com. Et cette fois-ci, pas besoin de faire la queue !...
[686]THE792[686]